‹ Feminisme et christianisme. --Chapitre 25 sur 40 · Marcel Prévost · texte numérisé non relu

Marcel Prévost

tous égaux, ainsi riiomme et la femme sont égaux sous l'égide du mariage élevé à l'état de sacrement immuable, de chose céleste.

Reste à envisager. Messieurs, les contingences dont on fait si grand bruit, et qu'il ne faut pas négliger, car quelques-unes sont graves. Nous allons voir que le christianisme ne néglige rien; mais qu'il fixe à leur rang toutes les réalités humaines, refusant de sacrifier le plus au moins, et disposant d'ailleurs pour sauver même le moins de moyens supérieurs, mettant au bout de l'humain le divin qui le prolonge ; au bout du temps, l'éternité.

La thèse du divorce est, hélas! trop facile à. faire.

Voici deux êtres qui se sont unis ou qu'on a unis comme on unit parfois : sans préparations suffisantes, sans connaissance faite, sans étude de ce que pourra donner cette fusion intime de deux vies, cette conjonction d'âmes. L'union intervenue, les divergences se manifestent. Peu à peu, si ce n'est tout à coup, le voile de décence, de conventions mondaines, ou bien de sympathie ou de passion superficielle qui cachait ces deux cœurs l'un à l'autre se déchire. Les voilà en hostilité; les voilà peut-être ennemis, alors que chacun d'eux ayant ses défauts, c'est possible,

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mais sans doute aussi ses vertus, aurait pu apporter dans un foyer plus sagement construit de quoi plaire et se plaire, de quoi être heureux et rendre heureux.

Que faire? Persévérer dans cette voie sans issue? Pousser à bout la logique de Terreur? Sacrifier sa jeunesse et se résoudre au martyre d'une vie brisée? C'est dur! Si l'on invoque l'enfant, la réponse apparaît toute simple : « Il ne peut-être de l'intérêt de l'enfant que, pris dans les querelles odieuses du ménage, témoin malheureux, impuissant, il reçoive d'abominables exemples, vive en tiers avec les furies domestiques, apprenne à haïr ou à mépriser ceux à qui il doit de vivre ^ »

Croyez, Messieurs, que le christianisme sait tout cela. Vous n'avez pas besoin de lui décrire des mariages mal assortis : il en voit ; il en voit plus que vous, mieux habitué aux confidences douloureuses, et plus compatissant aussi, quoique plus ferme.

Oui, il y a des mariages qui sont des malheurs; il y en a qui sont des hontes ; tel est comme une mort lente, par compression et consomption de toutes les ressources de personnalités que des conditions meilleures eussent fait s'épanouir. Nous savons cela, et sans prendre à notre compte tous les réquisitoires des féministes dévoyées ou des romantiques, nous ne demandons qu'à écouter et à plaindre.

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