V. MargueriUe, loc. cit
Dans ces outrances, je vois un sophisme éhonté et une injure.
Le sophisme consiste à dire équivalemment ceci : Une solution équitable peut se trouver : repoussons-la et poussons tout aux extrêmes, afin de frayer le chemin aux solutions folles. C'est ce qu'on appelle la politique du pire. Ce n'est pas celle du christianisme, et il fait beau vraiment voir ceux qui lui reprochent si fort ses duretés lui reprocher par surcroit ses indulgences.
Mais serait-il vrai que ces indulgences soient vénales, et que des « relations » ou des « billets de banque » soient la rançon des évadés du mariage chrétien?
Je rougis, Messieurs, d'avoir à relever un pareil outrage. Il le faut cependant, car d'habiles calomnies ont été ourdies et ont réussi à se faire croire.
J'avoue sans aucun embarras que des aigrefins — il y en a dans tous les groupes — ont quelquefois fourni des prétextes. Est-ce notre faute, vraiment, s'il y a des aigrefins ! Partir de là pour insulter les institutions les plus vénérables, si ce n'était inconscience, ce serait une infamie! Sur quelles preuves prétend-on que les nullités relevées par les tribunaux ecclésiastiques sont fictives? Où a-t-on pris que les riches seuls ou les gens bien apparentés soient admis à faire valoir auprès de nous leur bon droit? Vous ne fréquentez guère les officialités diocésaines! Vous y verriez de pauvres gens, qu'on reçoit avec bonté, et que sans « relations », ni « billets de
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banque », simplement parce que Dieu le permet, on délivre.
Les billets de banque, quand on en a, sont reçus et môme réclamés avec justice. Nous n'avons pas le budget, nous! et les fonctionnaires ecclésiastiques doivent vivre, tout comme les journalistes et les romanciers! Pourquoi ce reproche aux tribunaux romains ou épiscopaux quand, de votre consentement, la justice séculière coûte si cher, même quand elle est gratuite. Chez nous, plus de la moitié des procès en révision de mariage ne coûtent rien — je dis effectivement rien aux intéressés. Les autres paient, et c'est justice; mais je crois pouvoir dire sans crainte de démenti que parmi les causes en annulation régulièrement instruites, pas une seule n'aboutit pour de l'argent, ni une seule ne manque d'aboutir faute d'argent.
Laissons cela, Messieurs!
La seconde valve de la soupape de sûreté du mariage, c'est la séparation. Notre Eglise la comprend tellement bien qu'elle anathématise ceux qui prétendent qu'elle abuse en la permettant. Elle lui donne une ampleur suffisante en l'étendant à « beaucoup de causes » ainsi que s'exprime le concile de Trente ^ clause par laquelle il entend s'opposer à certains protestants qui, sur la foi d'un texte évangélique étroitement pris, ne reconnaissaient comme motif de sépara-