Thibaudeau, Mémoires sur le Consulat
tutelle. Y mettre aussi la femme, ce serait l'assimiler î\ l'un de ces cas d'inexistence; ce serait donc revenir sur les jugements d'équité que nous avons portés à son sujet en union avec la pensé ( des siècles chrétiens. Ce serait souscrire au principe de la loi de Manou, qui n'est que du Bonaparte plus concentré : « Pendant son enfance, la femme dépend de son père; pendant sa jeunesse, de son mari; son mari mort, de ses fils; si elle n'a pas de fils, des proches parents de son mari; à leur défaut, de ceux de son père; si elle n'a pas de parents paternels, du souverain. Une femme ne doit jamais se gouverner à sa guise. »
Pour le christianisme, la position de la question est tout autre. Si la femme est soumise à son mari, dans la mesure où elle doit lui être soumise, c'est « comme au Christ », c'est-à-dire à la façon d'un être conscient, responsable, mais qui, se rendant compte des nécessités de Tordre, s'y engage librement par le fait qu'il s'engage dans une institution qui le requiert. La Providence est donc ici comme tout à l'heure seule maîtresse, et la Providence est un pouvoir assez haut pour ne réduire en tutelle personne. Elle se trouve d'autant mieux obéie que nous sommes plus « majeurs », c'est-à-dire hauts de conscience et en pleine possession de nos pouvoirs.
Donc, voici deux notions acquises. Ce qu'impose à la femme chrétienne notre foi, ce n'est ni le joug de l'esclave, ni la tutelle du mineur. Mais
est-ce du moins l'obéissance en tout et pour tout, tellement que dans la famille chrétienne la formule immuable serait : Gouvernement universel de l'homme, soumission universelle de la femme?
On pourrait le croire, à en juger par des textes dont l'apparente précision ne laisse rien à désirer et qui ont pour nous une valeur indiscutable.
Dans cette même lettre aux Éphésiens dont nous venons défaire état pour la femme, on trouve ceci contre elle — contre elle, dis-je, au point de vue féministe auquel nous adhérons en partie : <( Comme l'Église est soumise au Christ, les femmes aussi doivent Vètre à leurs maris en toutes