‹ Feminisme et christianisme. --Chapitre 3 sur 40 · Cf. Socialisme et christianisme^ Paris, LecoflTre · texte numérisé non relu

Cf. Socialisme et christianisme^ Paris, LecoflTre

il s'agit de prendre la place du bourgeois, plutôt que de distribuer les places avec plus de sagesse et de justice. Et sans doute plus d'une dame féministe voudrait aussi faire l'homme pour supplanter l'homme; mais le nombre est plus grand de celles qui disent : « Être féministe, ce n'est pas vouloir faire prendre à la femme la place de l'homme, c'est vouloir qu'ils aient chacun la leur, en toute égalité, en toute liberté, pour le bien de toiisK » C'est une ardente féministe qui s'exprime de la sorte, et elle n'est pas chrétienne : je la cite d'autant mieux comme preuve que même les avancées et les incroyantes savent marquer leur action au coin de la générosité et de la justice. Dans cette pensée, on se déclare féministe parce que « la femme, comme toutes les forces naturelles, possède une valeur intrinsèque qui, connue, développée, appréciée et respectée, apportera à la société, à l'individu, par sa libre expansion et son emploi, l'équilibre qui leur manque 2 ». Voilà qui est bien parlé! Or la plupart, je crois, des partisans actuels du féminisme s'exprimeraient volontiers ainsi. Il faut leur en tenir compte, et quitte à discuter leurs théories, leur donner acte des intentions et des tendances.

Tel est, Messieurs, l'esprit dans lequel nous devons nous-mêmes travailler. Nous serons préci autant que la nature et l'état des questions le pourront permettre; nous serons prudents : si nous

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