I Timoth., I
bC, FEMINISME ET CHRISTIANISME.
catholique déclare-t-elle préférer le célibat au mariage? Pourquoi interdit-elle le mariage à ses prêtres? Pourquoi écarte-t-elle du sacerdoce la femme? Dans ces trois faits, n'y a-t-il pas manifesteraent des traces de mépris?
Ces objections sont peu sérieuses. Si l'Évangile préfère le célibat au mariage, non pas pour tous, mais « pour ceux à qui il a été donné de Dieu », comme il le dit expressément, ce n'est point dans un sentiment misogyne. La preuve , c'est que la femme n'est pas moins que l'homme l'objet de ce conseil. A elle aussi on suggère, s'il lui a été donné de Dieu y de renoncer à un homme pour se consacrer plus largement que la famille ne le permet au bien commun de notre race. Bien loin donc qu'il y ait injure, il y a là une preuve de plus que la Religion invite la femme à se créer une destinée propre, et à faire œuvre humaine par elle-même, non pas seulement à travers l'homme. L'antiquité entière avait considéré la femme sans mari et sans enfants comme une inutile : la religion la déclare supérieure, à condition qu'elle cultive d'autant mieux en elle Idipei^sonne. Le féminisme, à l'égard d'une telle conception, ne devrait pas avoir assez de louanges I
C'est la même considération qui a décidé l'Église à adopter, après essai, le célibat des prêtres. Il s'agit pour ceux-ci de remplir mieux leur rôle en ne s'impliquant pas dans les mille soucis, les mille distractions d'âme que créent la vie de famille et les obligations qu'elle suppose. Si
c'est là un bon calcul, je n'ai pas à l'examiner, ce serait un autre discours ; mais il s'agit de sagesse pratique, nullement d'exclusion féminine. En ce qui concerne le sacerdoce féminin, c'est vrai, l'Église Técarte, et elle semble en cela moins généreuse pour la femme que les pouvoirs laïques, puisque ceux-ci lui accordent la royauté. Mais a-t-on bien remarqué que la royauté de la femme ne peut pas être considérée jusqu'ici comme un hommage rendu à ses capacités personnelles, comme une justice à l'égard de son sexe : c'est un sacrifice que l'on fait au principe de l'hérédité, par conséquent au principe des castes. L'Église a eu l'honneur d'exclure de son fonctionnement toute influence de ce principe. Elle a fondé sa hiérarchie sur l'élection, c'est-à-dire sur la valeur individuelle, sur la capacité de chacun à rempUr tel rôle défini. En face du droit moderne, c'est un immense éloge qu'on lui doit. Mais si l'on demande : Est-ce donc pour cela que du gouvernement de l'Église on voit exclure la femme? Je dirai oui. Seulement, qu'on veuille bien l'observer, il n'y a rien là qui fasse brèche à une parfaite égalité morale. Assez de raisons prudentielles sont en jeu pour écarter toute raison de mésestime. Mettre une femme au confessionnal, l'obliger à certaines études indispensables au prêtre, lui imposer certains secrets, sans compter beaucoup d'autres choses, cela ne serait pas sans inconvénients, même pour elle. Ses qualités, aussi bien que certains défauts, peuvent militer ici, et ce n'est point mépriser que
de dire : Chacun à sa place, chacun dans le champ qu'il sait mieux cultiver.
Je ne m'arrêterai pas à réfuter longuement l'ineptie à laquelle je faisais allusion tout à l'heure et quicourtpersévéramment, depuis Bayle, dans les ouvrages féministes : je veux dire celle relative à ce fameux concile de Mâcon, tenu en 585, où l'on aurait débattu la question de savoir si la femme est une créature humaine.
Voilà vraiment un concile introuvable! Les évêques qui y siégeaient ne savaient donc pas qu'une femme s'était appelée la Vierge Marie, et que leur calendrier liturgique portait autant de saintes que de saints, et qu'ils administraient chaque jour les sacrements régénérateurs de l'homme, en requérant pour les recevoir de sublimes sentiments, à ces êtres dépourvus d'àme ! Discuter même, serait absurde. Il faut que l'anticléricalisme soit pauvre, pour s'enrichir de pareils arguments! La vérité, si elle vous intéresse, c'est que premièrement les actes du concile en question ne font allusion à rien de ce genre ; c'est que secondement, Grégoire de Tours parle bien d'une discussion qui se serait élevée au sujet du masculin ou du féminin du mot homme; mais elle était toute philologique. Il s'agissait de savoir si le terme homo, quand il est employé dans la Bible, doit se prendre dans les deux genres. La réponse fut d'ailleurs que oui. Telle est l'histoire destinée à prouver que pour les évêques de jadis les femmes n'avaient point d'âme.
Mettez au même rang, pour finir, l'irrémissible
injure que S. Thomas d'Aquin — VAnge de VÉcole, insistent les féministes — aurait lancée à la femme en l'appelant mas occasionnatus, ce qu'on traduit le plus grossièrement possible : un mâle manqué. N'en déplaise à ces grands critiques, la théorie qui se cache sous ce mot est d'ordre exclusivement scientifique ; elle n'a nul caractère moral, et qui plus est, elle est courante aujourd'hui dans la science, puisque le ïf Lombroso, qu'aucun lien ne rattache au docteur angélique, définit lui aussi la femme : « un homme arrêté dans son développement », et puisqu'une théorie embryologique fort en faveur à l'heure actuelle fait procéder la femme de la fécondation d'un ovule incomplètement développé. Ces thèses ne coïncident pas tout à fait; mais elh^s sont du même ordre, et les féministes intelligents devraient leur appliquer le mot de Pascal : « Je n'eusse pas aperçu qu'il y eût injure ».
Physiologie que tout cela.
Ce qui à vrai dire n'en est plus, c'est l'ultime reproche énoncé : Pourquoi le christianisme, toutpuissant durant de longs siècles, n'a-t-il pas résolu la question féminine assez pour que maintenant, malgré lui et contre lui, on n'ait plus à la reprendre en sous-œuvre?
Ce reproche est sérieux, j'y réponds sérieusement; mais ne croyez pas qu'il puisse embarrasser un apologiste. La science sociale nous donne la clef de ce problème tout d'abord angoissant, et cette clef ouvre vile.
C'est un sophisme énorme, en effet, bien qu'il
60 lh.MiM>Mh hl l llKlbilAMsME.
soit inconscient, qui se cache sous celte formule : Le christianisme tout-puissant durant de long^ siècles. Personne n'est tout-puissant, Messieurs, dans l'ordre des faits sociaux. L'homme s'avance vers l'avenir appuyé sur le passé. L'organisme social se développe, comme tous les organismes, par des adaptations successives, et ces adaptations demandent du temps, parce qu'elles dépendent des circonstances; et elles exigent la collaboration complète du milieu, de telle sorte qu'un pouvoir, même immense, même soi-disant vainqueur, ne les peut procurer qu'en se soumettant lui-même, dans ses interventions, à l'empire des grandes lois qui régissent la croissance humaine.
Concevez-vous un pouvoir qui puisse dire à un enfant de deux ans : Sois un homme ! Concevez-vous un pouvoir qui puisse faire tout d'un coup d'un cheval sauvage un cheval de course anglais? Il n'y en a pas davantage qui puisse dire à une société dans l'enfance : Sois adulte ; à une société barbare : Sois civilisée.
Quand l'Église prit la main de nos pères pour les conduire à travers l'histoire, elle prit ud< main gantée de fer; la pression maternelle n'y imprimait guère ; la tradition avait affaire à un poids lourd. La situation de la femme, non plus que celle des serfs, des opprimés ou des inférieurs de tout rang ne dépendait pas uniquement de la religion ; elle était conditionnée par une foule de phénomènes sociaux, d'inclinations impérieuses, de traditions, de nécessités politiques ou écono-
miqueSj où la religion ne pouvait avoir qu'une influence. Il n'appartenait pas aux hommes religieux de faire passer d'emblée dans les faits ce qui eût été leur idéal; leur idéal, d'ailleurs, pour autant qu'il était social, non moral, devait évoluer aussi, en raison de cette tendance que nous avons à ériger en système ce que les faits extérieurs nous fournissent.
Voyez la guerre. J'espère qu'un jour on ne comprendra plus qu'il existât des manufactures où se fabriquaient des outils à percer des hommes. Mais aujourd'hui qu'elle est inévitable, on poétise la guerre. De Maistre osait la trouver sacrée. Ce qui est sûr, c'est qu'à l'heure actuelle, vouloir la supprimer quand même, ce serait la susciter aussitôt. Ce qu'on peut contre elle, ce n'est pas systématiser, pérorer : c'est faire régner si on le peut la justice, et tout d'abord l'établir en soi. Là se bornent nos pouvoirs. Là se bornent ceux de la religion.
Ainsi, moraKser : tel a été le moyen lent, mais sûr et en tout cas unique dont disposait l'Église pour améliorer le sort de la femme. Mais quel enfantillage ce serait de croire que le christianisme en naissant ou même en s'implantant fortement dans le monde romain, puis dans le monde barbare, pouvait rénover tout d'un coup et la famille, et la propriété, et le travail, et tout ! Il est clair qu'il n'y songea point. Il faut Ten louer comme d'une preuve entre mille du sens pratique et de la prudence supérieure qu'il révèle.
62 1 KMIMSME ET CHRISTIANISME.
La fronde n'a jamais été un moyen de gouvernement. Fronder les faits et vouloir violenter la vie, c'est la preuve d'un esprit chimérique, indigne d'avoir action sur le monde.
il est vrai, j'en entends qui disent : Mais selon vous, le christianisme est divin! — Oui, le christianisme est divin; mais cela ne veut pas dire qu'il soit Dieu! Gela veut dire qu'il travaille avec une collaboration divine; cela veut dire que par lui un ferment divin est jeté dans la pâle humaine; cela veut dire que l'homme n'est pas seul, qu'il est uni à Dieu aussi bien pour le travail social que pour le travail intime de sa conscience, et pour le travail du dehors auquel les cieux collaborent avec lui. Dieu est avec nous; mais nous sommes nous aussi avec lui. Or, Dieu avec nous, c'est nous, autant et plus que c'est Dieu même; le travail du ferment dans la pâte, c'est le travail de la pâte, autant et plus que le travail du ferment.
La pâte humaine est lourde, Messieurs! Et si Dieu est puissant, ce n'est pas une raison pour qu'il violente les êtres, qu'il précipite par-dessus les intermédiaires et à travers les conditions que de droit toutes leurs évolutions naturelles. Le christianisme est divin, disons-nous, mais la nature humaine aussi est divine, et l'ordre universel aussi est divin : Dieu sera-t-il contraire à Dieu, et viendra-t-il se mettre en conflit avec ses propres volontés concrétées en lois?
Ce que fait le christianisme, ce n'est pas cela. Il considère que sa tâche immédiate est non pas
de modifier les régimes sociaux, mais de sanctifier les hommes. Notre salut au dedans par la moralité qui nous rattache à la Source du bien ; notre salut au delà, par l'aboutissement de notre épreuve personnelle : voilà ce que recherche avant tout la religion ; c'est là son travail propre ; c'est pour elle l'essentiel, et comme elle dit, « l'unique nécessaire ». Et parce que cela est l'essentiel, elle en poursuit la réalisation immédiate. Mais pour le reste, elle patiente, et contente d'y concourir indirectement, en tant qu'améliorer le cœur de l'homme c'est tôt ou tard améliorer tout ce qui est de l'homme, elle laisse au progrès intégral, dont elle n'est qu'un agent, le soin d'achever l'œuvre, en appliquant selon les lois complexes des faits les sentiments nouveaux qu'elle apporte.
Dans le cas qui nous occupe, le christianisme n'a donc pas regardé comme son premier travail « d'affranchir la femme », mais de sanctifier la femme ; de sanctifier aussi l'homme dans l'exercice du pouvoir que les faits sociaux et les mœurs lui avaient conféré, au lieu de lui retirer ce pouvoir. L'autocratie virile qui aurait consisté dans une oppression de la conscience, ou qui aurait consisté dans le sacrifice de l'un à l'égoïsme indi^ viduel de l'autre, l'Église l'a proscrite aussitôt, parce qu'il s'agissait là d'œuvre morale. Mais l'autocratie virile qui est une institution sociale, une forme du gouvernement, l'Église l'a tolérée comme il tolère en politique le pouvoir absolu ou la république, comme il a toléré au début
64 FEMINISME ET CIIRISTlANiSMlC.
l'esclavage même : non Tesclavage moral, qui eilt consisté, comme presque toujours sous le paganisme, dans la subordination complète, conscience comprise, d'une destinée humaine à un. autre destinée humaine, mais l'esclavage économique, ou social, qui ne subordonnait que l'activité extérieure de l'esclave.
Ces longues patiences de l'Église s'expliquent d'autant mieux que le regard de cette mère sait observer la vie dans ses réalités intimes, en plein cœur de chaque être humain, au lieu de n'en voir que le décor et les cadres. Elle a le sentiment vif que notre vie consiste en ces choses intérieures : joies ou peines, vertus ou vices, bien plutôt qu'en institutions; que celles-ci font le bonheur moins par elles-mêmes que par la façon dont on les applique. « De bonnes mœurs, disait Tacite en parlant des Germains, font plus là-bas que ne font ailleurs de bonnes lois. » Rébecca n'étaitelle pas plus heureuse, sous le gouvernement absolu d'Isaac, que telle Américaine émancipée qui menace son mari du divorce? Quand l'amour règne à la maison, on se moque du contrat et du code; quand les hommes sont fraternels, on n'a pas besoin de recourir aux lois. Le christianisme prêchait l'amour, et pour le reste, sans se désintéresser ni médire, il attendait.
Son influence, d'ailleurs, ne pouvait manquer de modifier peu à peu les régimes imparfaits qu'il avait trouvés établis ; car tout dépend de la moralilé, et rien que l'immoralité ne peut maintenir quand même des régimes condamnés par la
vérité des rapports humains. Quand le maitre est chrétien et son esclave chrétien, l'esclavage est malade. Quand le roi est chrétien et les peuples chrétiens, la royauté absolue est malade. Si les femmes sont chrétiennes et leurs hommes chrétiens, l'autocratie virile dans les lois sera malade. Moralisez, et vous aurez vaincu. Voilà la vérité horslaquelleiln'ya qu'apparences vaines. L'Église le savait, et c'est pourquoi elle a mis là tout son effort. Si elle n'a pas réussi davantage, à qui la faute, sinon au cœur humain, tour à tour si fragile et si dur ; porté aux violences et incapable d'appliquer à se réformer soi-même les vraies forces. J'ai peur que l'heure présente, pour avoir négligé ce concours, ne prépare pour demain, en dépit de son vaste effort, que déceptions et ruines. Quoi qu'il en soit, à regarder le passé, il n'est pas équitable de juger le christianisme d'après ce qu'il n'a pas fait en négligeant ce qu'il a fait, ce qu'il a fait en dépit de diffîcultésformidables; ce qu'il n'a pas fait en raison du caractère spécial de ces difficultés qui ne comportaient pas, je \dens de dire pourquoi, de solution radicale et prompte.
Mais prenons garde que cette justification du passé ne nous autorise pas à considérer le présent comme figé! Quelques-uns se le figurent, et volontiers ils raisonneraient ainsi : Le Christianisme a fait ce qu'il fallait faire : donc restons-en à son œuvre et ne poussons pas plus loin. Une telle pensée n'est pas chrétienne. Le christianisme a
fait ce qu'il fallait, c'est-à-dire marcher, dans toute la mesure que permettaient les temps : il faut marcher aussi, autant que des faits nouveaux le permettent ou le réclament. Le christianisme, avons-nous dit, n'avait pas pour but immédiat de modifier le statut social; mais il avait encore moins pour but de le stéréotyper, de le fixer à jamais dans des formes qu'on ne pourrait modifier qu'en l'ofTensant, lui, christianisme. Supposer cela, ce serait, ainsi que l'a remarqué Stuart Mill, ravaler notre religion au niveau de l'Islamisme ou du Brahmanisme.
Nous professons une religion humaine ; nous savons que la loi de l'homme est une loi dynamique, et aussi longtemps que Dieu et l'homme collaboreront à la civilisation chrétienne, l'homme devra avancer, et perfectionner en même temps que sa personne les prolongements sociaux de sa personne : les mœurs, les relations familiales, les relations nationales et internationales, les arrangements légaux de tout rang.
Le christianisme à ses débuts a été un immense mouvement révolutionnaire ; toutes les révolutions légitimes — et j'y comprends 89 en dépit de ses tares — en font partie depuis, pour autant qu'elles appliquent ses principes et utilisent son action. Le 89 féminin qui se poursuit d'une allure régulière, mais rapide en fera partie aussi, dans toute la mesure où il incarnera dans les faits ce que nous avons dit être par excellence le principe chrétien : je veux dire l'égalité morale des sexes.
Il s'est trouvé, à chaque étape de l'histoire, des
hommes qui ont voulu arrêter où ils étaient le mouvement qui nous emporte; et quelquefois c'étaient des hommes religieux, quelquefois constitués en dignité. Il faut les plaindre ; il faut respecter leur mémoire, en raison de leur bonne foi, comme leurs contemporains devaient respecter leur personne et leur autorité. Mais ils comprenaient mal, et la puissance des faits les a vaincus. Elle saura vaincre aussi, avec notre concours, ceux qui aujourd'hui invoquent la religion pour dormir, comme si le principe religieux était un stupéfiant! C'est un viatique, c'est aussi une boussole. Il doit régler, il doit promouvoir notre marche. Si par instants il vient la ralentir, ce ne doit être que pour lui imposer la prudence; la stagnation, jamais.
J'espère, Messieurs, avoir ainsi marqué suffisamment, comme je l'avais annoncé, la place du fait chrétien dans le grand mouvement d'émancipation féminine. Engels parle quelque part de la « grande défaite historique du sexe féminin ». Cette défaite, dans l'antiquité, n'est pas niable; mais il en est d'elle, au regard du christianisme, comme du péché de la race : elle a été rachetée en principe à l'avènement de Jésus ; elle s'est rachetée et se rachètera dans les faits à mesure que l'Évangile régnera ; à mesure que cette eau-forte spirituelle que le Christ a versée sur le métal dur de notre cœur pénétrera dans les tailles légères au moyen desquelles il a indiqué au début le dessin de l'homme.
r.A FÉMINISME ET CHRISTIANISME.
Dans le dessin dont je parle, la ffmme a sa destinée écrite : qu'elle ne la méconnaisse pas ; qu'elle y tende, et comme la régénération par le Christ a ouvert devant elle une source d'honneur et de bonheur que ne pouvait soupçonner le paganisme, ainsi l'avenir chrétien fera jaillir pour elle des sources de bonheur et d'honneur que ne soupçonnait point le passé.