‹ Femme, ou sabre (The trail of the sword) [microforme]Chapitre 14 sur 55 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Après avoir convaincu le gouverneur et ses amis que, là-bas, du côté des Antilles, il y avait un trésor à découvrir, Bucklaw fut informé qu’il pouvait revenir le lendemain matin, Au lieu du lendemain matin, il proposa le lendemain après-midi, vers la fin de la journée, vu qu’il avait une cargaison de marchandises des Indes à vendre, et que les marchands devaient venir à bord de son navire dans la matinée, A vrai dire, il jouait là grosse partie. Il voulait connaître les plans du gouverneur pour le lendemain après-midi et la soirée ; en proposant ce changement, il comptait pouvoir en apprendre quelque chose. I] avait calculé juste.

Le gouverneur l'informa qu'il y aurait grande fête chez lui le lendemain, premièrement, parceque c'était l'anniversaire de la naissance du duc d’York ; deuxièmement, parceque c'était l'anniversaire de la victoire remportée sur les Hollandais; et, en dernier

lieu, parceque les chefs sauvages devaient arriver d’Al-

I bany, pour voir New-York et, pour la premicre fois, lui i faire visite à lui, le gouverneur. La fête officielle devait pl commencer dans l'après-midi et durer jusqu’au coucher ‘a du soleil; de sorte que lui le gouverneur allait ¢tre tout | I le temps occupé.

ll Mais Bucklaw lui dit d’un ton tout à fait bonhomme, i que, malheureusement, il devait remettre à la voile dans les trente-six heures pour Boston, où il avait donné ‘al rendez-vous à plusieurs marchands auxquels il apportait a des cargaisons particulières. Si Votre Excellence, dit-il, | voulait venir à bord demain soir, apres la fête, je serais (4 fier de lui faire voir mon petit navire, et l’on pourrait juger alors, si un? fois rééquipé, il pourrait être de toutes

facons utilisé pour l'expédition.

Nicholls consentit, et demanda aux officiers du roi

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ian s'ils voulaient bien l'accompagner. Ceux-ci répondirent

| | qu'ils seraient enchantés d’être de la partie ; de sorte a il i que le marin se montra plus bonhomme que jamais et He i | se confondit en politesses. IT joua si drôlement de son i; : | i crochet de fer, que tous ensemble éclatèrent de rire, i 1 I] fut done de suite entendu qu’il viendrait mouiller | LE en un endroit diszret de la rive, à une certaine heure, | i | | pour de là conduire le gouverneur et ses amis à la Nell ER Gwynn. Ceci réglé, Bucklaw fut invité à passer à la salle à diner pour se restaurer. ; | êl Ce fut d’un pas allègre qu’il se rendit à l'invitation, tae escorté par Morris qui, après avoir conduit d’Iberville

i et Gering au salon, était revenu, plus taciturne que

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jamais, prendre son poste, Le gouverneur et ses amis allérent tout droit au salon; Morris et Bucklaw se trouvèrent done seuls. On versa du vin au marin qui en vida un verre avec uue évidente satisfaction, Faisant à Morris un clin d'œil significatif :

— Bien, dit-il, voilà un sort digne d’un honnéte homme, mais bien indigne d’un coquin.

Morris n’était pas d'humeur aimable ; il s'était pris Vaversion pour Bucklaw,

—Oui, oui, en effet, rétorqua-t-il, il est arrivé maintes fois qu'un coquin en visant trop haut, est allé se casser le cou sur la potence.

Bucklaw le regarda en riant, mais en riant d’un rire méchant, Son regard prit une expression dure et insolente, Tout aussitôt cependant il se remit d’aplomb,

— Bien riposté, brave Ecossais, dit-il, Allons ! que diriez-vous maintenant d’un morceau de pâté ou d’une tranche de bœuf saignant, ou encore d’un demi poulet roti ?

Morris, toujours imperturbable, partit à pas comptés du côté de la cuisine. Bucklaw fut de suite sur les deux pieds. De l'œil, il seruta chaque porte et chaque fenêtre, puis le plafond et les murs. Il entendit tout a coup un petit grincement dans le pan de mur en face de lui; la porte qui donnait sur le couloir secret n’avait pas été bien fermée, et c’était elle qui s’ouvrait, Prenant

une bougie, il s’engagea dans le couloir, Il articula un grognement de satisfaction ; en toute hâte

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