CHAPITRE NIT, HORS DE TRAPPE
Les expcditionnaires avaient parcouru le derniers milles de leur VOY:
les plus pénibles, WUX canots qui portaie
S deux cents age dans leg conditions
Il était survenu des accidents nt les provisions, et le pays qu'ils aVaient traversé, était complètement dépourvu de gibier, Durant les trois derniers Jours, ils nay où presque rien à manger, Ils étaient done d'humeur À tenter les coups les plus désespérés, le soir qu'ils arrivérent sur les bords de la baie, et que, dans le silence de la nuit, ils apercurent devant eux le fort Hayes, Les murs de palissades avec leurs énormes bastions et leurs petits Canons, pouvaient bien avoir un aspect formidable, maig i] im portait peu à ces gens-là que les nces fussent pour ou contre eux, temps fût a ancé, cependant | él cent trempés, transis et Au premier coup d'œil qu’il Jeta sur la baie et sur le port, d’Iberville éprouva un désappointement : il ny avait pas un seul navire à l'ancre, I] était donc À pré-
aient eu rien
Quoique le prina nuit Ctait froide, et tous surtout affamés,
sumer que Gering n'était pas la, Restaient d’autres forts, mais il fallait d’abord prendre celui-là. Les plans furent vite arrêtés. ’Iberville conseilla une double attaque : d’un côté, l’assaut de la grande porte avec un bélier improvisé, et, de l’autre, l’escalade de la palissade, Luimême se chargea de diriger l’escalade avec son frère Sainte-Hélène, Perrot et une poignée d’agiles coureurs de bois. Il tria ses hommes et tous se trouvérent à l'instant réunis autour de lui. On coupa un arbre dans la forêt à quelque distance du rivage, on l’équarrit, puis on le trafna et on le mit en position; c'était le bélier,
La nuit était belle, La lune brillait de tout son éclat, et le firmament, par un étrange caprice de l’atmosphère, avait pris une teinte glauque, qui donnait à tous les objets le plus vif relief, L'air était calme, et, au milieu de ce calme profond, on n’entendait que le clapotis de la vague sur les galets. Le fort était situé sur un mamelon; dans cette solitude, il avait l'aspect d’une sorte de dongeon, destiné à servir d'asile plutôt à des dégoutés de ce monde, qu’à des mécréants.
D'Iberville était dans cet état particulier d'esprit qui fait que certains hommes n’entendent et ne voient plus rien que ce qui les intéresse ; la voix de la justice peut bien chez eux parler plus haut que celle de la miséricorde; mais l’égoisme Ctouffe et miséricorde et justice.
—Si vous rencontrez votre homme, Pierre, hasarda Dollier de Casson au moment ott la bande se divisait en deux détachements, que ferez-vous ?
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—Si nous nous rencontrons, puisse-t-il être de même humeur que moi, mon cher abbé, répondit d’'Iberville.
Puis, se prenant à sourire :
—Mais il n’est pas ici, ajouta-t-il. Voyez, il n’y a pas un seul navire dans le havre; il y a toutelois d’autres forts le long de la baie.
Au momeut de partir, la bande s’agenouilla. C'était eh + assez curieuse que d'entendre, au milieu de cette vaste olitude, une poignée de gens armés pour un assaut meurtrier, réciter des litanies à voix basse, et enfin de voir une bénédiction suprême donnée à cette expédition filibusticre, inspirée au fond par la haine d’un homme, la cupidité d’une compagnie de traiteurs et la soif de conquêtes d’une grande nation.
D'Iberville eut bientôt fait d'atteindre la rive et d’escalader le mamelon avec sa poignée d'hommes, Dans le fort, pas le moindre bruit; tout le monde dormait, Pas un seul coup de mousquet ne salua la venue des assaillants ; pas un seul coup de canon ne gronda ; il n’y avait pas de sentinelle, Qu’avait-on besoin de sentinelles dans un endroit situé à l'extrémité des mondes ? Les bêtes sauvages y étaient seules à redouter. N’avaitou pas des palissades pour se protéger contre elles ?
En une minute, d’Iberville et ses compagnons franchirent le mur d'enceinte, On avait déjà fait sauter la porte principale, et l’on s'était vite frayé un passage, Au moment où d’Iberville foreait la porte du blockhaus, et que ses gens faisaient un vacarme d’enfer, comme s'ils
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eussent été mille, De Troyes et ses gens lui arrivèrent sur les talons, Avant que la garnison eût pu opposer la moindre résistance, elle se trouva aux mains de l’ennemi, et l’on eut bientôt parqué sur la place hommes, femmes et enfants.
Gering, en effet, n’était pas là. On dit à d’Iberville qu'il devait être à l’un des forts échelonnés le long de la rive, soit au fort Rupert à cent vingt milles de là à l’est, soit au fort Albany, à quatre-vingt-dix milles de distance au nord et à l’ouest, D’Iberville se décida pour le fort Rupert, et, prenant avec lui quelques hommes et quelques canots, deux jours après, à la nuit, il arrivait en face du fort. Un navire ctait mouillé dans le havre ; d’Iberville en éprouva une vive satisfaction, Il divisa ses hommes en deux escouades, envoya Sainte-Hélène à l'assaut du fort, pendant que lui-même avec un certain nombre de ses gens partit pour attaquer le navire.
Malheureusement pour lui-même, Gering avait retardé d’une journée son départ. Son intention était de partir la veille, mais l’arrivée du gouverneur l’avait engagé a rester vingt-quatre heures de plus, Il avait convié ce dignitaire à un dîner au cours duquel il y avait eu maintes libations, et l’on avait fait rudement honneur aux meilleurs crus d'Hispaniola ; le vin, du reste, était exquis; outre le vin, d’autres liqueurs avaient aussi été extraites de la cale et avaient pris la direction du gaillard d'avant, De sorte que, au fort de la nuit, on ronflait ferme à bord du Valiant.
Les Francais quitterent la rive lentement, avec mille
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Le mille
et une précautions, puis s2 mirent à ramer sans bruit vers le navire et grimperent à bord, D’Iberville fut le premier sur le pont, suivi de Perrot et de Dollier de Casson qui, malgré la volonté de d’Iberville, avait insisté à être de la partie. Cinq autres les rejoignirent. Du pont du navire, ils purent entendre le bruit de l'assaut donné par l’autre escouade à la porte du fort, et les cris des assiégeants dans la cour intérieure de la place, leur arrivèrent distinctement aux oreilles.
L'homme de quart du Valiant, réveillé en sursaut, bondit sur les deux pieds et courut à l'avant ; complètement abasourdi qu’il était, il ne jeta pas un eri d'alarme, mais se mit en défense, Au moment où il fit mine de se jeter sur Perrot, celui-ci l’abattit d’un coup de sabre. D'Iberville, qui brûlait d'en venir aux mains avec l'équipage, n’y pouvant plus tenir, commenca à frapper du pied sur le pont. Aussitôt, quelques matelots armés arriverent se bousculant dans l’embrasure d’une écoutille, Parmi eux apparurent Gering et le gouverneur qui s’élancèrent en avant, sabres et pistolets aux poings. Les deux premiers qui sorti ont de Vécoutille eurent leur compte vite réglé; d’Iberville allait abattre son sabre sur la tête de Gering qu'il n'avait pas reconnu, lorsque, prompt comme l’éelair, Dollier de Casson détourna le coup; le sabre s’abattit sur Pépaule d’un homme qui était aux côtés de Gering,
—C’est Monsieur‘Gering, fit vivement le prôtre,
—Arrétez ! Arrêtez ! cria une voix en arrière, Je suis le gouverneur, nous nous rendons,
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Il n'y avait pas autre chose à faire ; en dépit de son attitude de défi, Gering eut été un homme mort, s’il eût opposé la moindre résistance. Il était seulement à michemin de l’escalier.
—C’est inutile, M. Gering, insista le gouverneur ; ils nous ont pris comme dans une souriciere.
—A qui ai-je donc l'honneur de rendre les armes ? demanda celui-ci,
—-A une ancienne connaissance, Monsieur, répondit d’Iberville en se rapprochant, une ancienne connaissance qui va prendre soin de vous au nom du roi de France.
—Damnation ! s’écria Gering, et d’un ceil furieux il chercha son sabre.
—Vous ne vouliez pas venir me voir, ajouta d’Iberville, alors j'ai dû venir veus trouver, Mais, Monsieur, que vous soyez venu :,48 cacher ici aux confins du monde, voilà ce que je © puis comprendre,
—Monsieur fait de l'esprit, répliqua Gering à haute voix, mais si Monsieur veut me rendre mon sabre et m’accorder une heure de tête-à-tête avec lui, je ne demande rien de plus ; ce sera la plus grande joie de ma vie. ,
Le gouverneur arriva au moment même sur le pont, et s’interposa.
—Je vous en prie, Monsieur, dit-il à d’Iberville, voyez à ce que l’on ne fasse pas de massacre inutile li-bas au fort, car je devine bien que vos gens sort déjà maîtres de la place.
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—Est-ce que mon messager doit, en votre nom, dire aux gens de se rendre? interrogea d’[berville.
—Morbleu, non! Et j'espère qu’ils vont se défendre tant qu’il leur restera une chance, Croyez bien, Monsieur, que je n’aurais jamais capitulé ici, mais j'ai à prévoir la possibilité d’un sanglant et inutile massacre. Je ne vous demanderais certes pas la moindre faveur pour nos gens là-bas, mais j'ai tout lieu de croire qu’il se trouve des barbares parmi vous, et nous avons des femmes et des enfants.
—Nous n'avons pas de sauvages avec nous, répondit d’Iberville avec calme, nous sommes tous Francais. Là-dessus, il donna ordre au messager de partir.
Perrot le poussa du coude et lui montra un individu qui était à se faire panser une blessure à l'épaule, C'était ni plus ni moins que Radisson qui, au lieu et place de Gering, avait recu le coup de sabre de d’Iberville, grâce à l’intervention de Dollier de Casson. :
— Par la sainte messe ! s’écria d’Iberville, par tous les saints du paradis, quelle trouvaille !
—Eh bien! Monsieur le rén¢gat, fit-il, en s'amusant à le piquer de la pointe de son sabre, qui tient done aujourd’hui le ressort de la trappe ? Vous savez encore vos prières, je l'espère, S'il n’y a pas de prêtre parmi vos Anglais, eh bien! nous vous en trouverons un avant que votre carcasse se balance au bout d’une corde, c’està-dire, d’ici au prochain coucher du soleil.
Radisson l’envisagea d’un air haineux, Il garda toutefois le silence, pendant que l’on pansait sa blessure.
—Au soleil couchant, vous m’entendez! Perrot, tu verras à cela, ajouta d’Iberville,
— Pardon, Monsieur, intervint le gouverneur, Cet homme est l’un des officiers de notre compagnie qui vous ont rendu les armes.
—Monsieur, répliqua d’Iberville, sachez que cet homme est un traître, et que j'ai reçu depuis longtemps ordre de le tuer comme un chien là où je le rencontrerai, Avez-vous quelque chose à dire en sa faveur? ajouta d’Iberville en se tournant du côté de Gering.
—ÆEn qualité d’officier de la compagnie, répondit Gering, il a droit d’être traité comme prisonnier de guerre,
—Monsieur, rétorqua d’Iberville, nous avons dîné à la même table, et je ne puis vraiment croire que vous plaidiez en faveur d’un traître, Si vous dites que cet AN VAS LR RAT TT EU
Tei Radisson intervint :
—Je nai besoin de personne pour me défendre, Je vous hais tous, dit-il, en crachant du côté de d’Iberville, et je ne me ferai pendre que lorsque je le voudrai, pas avant,
—Pas si mal dit, répliqua d’Iberville, C’est bien dommage, Radisson, que vous ayiez vendu votre âme au diable,
—Pouah! Le diable paie en bon et bel argent sonnant, lui, et je ne su?s pas encore pendu, répondit-il avec un sourire cynique.
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Les prisonniers, sauf Gering, le gouverneur et Radisson, avaient déja été placés sous bonne garde, D’Iberville les fit tous mettre sous verroux, et, après avoir posté des sentinelles, alla négocier avec le gouverneur la reddition de tous les forts de la baie, La fusillade avait cessé et, pour cette raison, il savait que le fort avait été capturé; de fait, il en recut peu après la nouvelle, D’Iberville ordonna que les prisonniers du fort fussent amenés à bord le lendemain matin, pour les faire transporter au fort Albany qui restait à prendre. I] était mécontent de voir l’occasion d’un autre duel avec Gering lui échapper.
Il se montra tout courtoisie et pour le gouverneur et pour Gering, leur servit avec empressement leurs propres vins et leur raconta les misères qu'il avait endurées durant l’expédition, I] donna au gouverneur l'assurance que les prisonniers seraient bien traités et que la propriété serait respectée,
Peu après, avec force civilités, il les fit reconduire à leurs cabines dont il fit verrouiller les portes et auprès desquelles il posta des gardes. Il remonta sur le pont, donna ordre que Radisson fût mis en sûreté au gaillard @arriere et fit distribuer des rations, Après avoir mangé, il s’enveloppa de son manteau, se jeta sur le lit de la cabine et s’endormit,
Vers l’aube, un homme arriva à la nage le long du navire, pres d’un hublot ouvert, Il s'arrêta, prit un clou qu’il tenait entre ses dents et le jeta par le hublot, Personne à l’intérieur ne donna signe de vie, Ilen
PPLE HE
prit un autre qu'il tenait de même façon et le jeta aussi par le même hublot, Pas plus de réponse que la première fois. En entendant un bruit de pas sur le pont, il se rapprocha du navire, puis disparut entre deux eaux, L’instant d'après, il reparut se laissant aller au fil de l’eau vers un autre hublot, 11 n'avait plus qu’un clou qu’il jeta comme les autres par l’ouverture, Aussitôt Gering se montra la tête,
—Chut! Monsieur, murmura Radisson, j'ai une clef qui pourra faire et une barre de fer, Si vous réussissez, alors vous viendrez par ici.
Il soufila pour ainsi dire ces paroles, Au même moment, il entendit de nouveau des pas sur le pont, et exécuta un deuxième plongeon. La sentinelle, qui avait cru entendre un léger bruit, regarda par dessus la lisse ; mais ignorant que la cabine de Gering se trouvait juste au dessous, le matelot ne s’'inquiéta pas davantage. Radisson revint à la surface, Gering avait compris ; il avait lui aussi entendu les pas de la sentinelle,
—Je vaisessayer, dit-il ; mais n’avéz-vous pas d’autre
outil à me donner ?
—Je n'ai que celui-là, répondit Radisson, dont le désintéressement n'allait pas jusqu’à se dépouiller complètement lui-même, Son idée, avant tout, était de faire de Gering son obligé,
—Je ferai de mon mieux, dit alors Gering en se tournant du côté du gouverneur, Celui-ci ne se souciait guère de risquer sa peau dans une évasion.
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Gering essaya la clef; c’est à peine si elle bougea dans la serrure, Il la retira, lui enleva un peu de rouille, la graissa avec du suif de chandelle, et l’essaya de nouveau, Elle ne tourna pas plus que la première fois. Ilse mit alors à sonder les pentures, celles-ci tenaient solidement, Ce qu’il redoutait surtout, c'était de faire le moindre bruit, Derechef, il se mit à travailler la serrure; cette fois-ci, elle obéit. Il tourna la poignée de la porte, et la porte s’ouvrit. Alors, il fit ses adieux au gouverneur et sortit, Il faillit donner contre la sentinelle qui dormait profondément. En regardant autour de lui, il apercut le manteau de d’Iberville, dont celui-ci, en dormant, s'était débarrassé, Il Pattira à lui avec mille précautions, puis, s’emparant du bonnet de d'Iberville, il le coiffa, Paraissant être d'à peu près même taille que d’Iberville, il pouvait facilement se faire passer pour lui, à la faveur de ce déguisement, Jetant le manteau sur ses épaules, il s’avanca à pas furtifs jusqu’à l’écoutille, Il risqua un œil dans l’ouverture, et vit deux ou trois individus couchés près du grand mât; c’étaient des coureurs de bois qui avaient par trop cordialement célébré la victoire, Il chercha où était le matelot de quart, mais ne put l’apercevoir, Alors, des pieds et des mains il se hissa sans bruit sur le pont, et se glissa à tribord et en arrière. En manceuvrant de la sorte, ilapercut l’homme de quart qui laissait le cabestan où il s’était assis pour se reposer, et venait droit à lui, sans toutefois presser le pas. Gering comptait sur sa ruse; ainsi affublé, il passerait infailli-
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blement pour d’Iberville, Ilse dirigea vers le bordage et s’y accouda en contemplant l'eau d’un ceil distrait, L'homme de quart fut trompé ; le manteau et la coiffure lui étaient familiers. Trop heureux de ne pas avoir été surpris dormant au poste, il se remit à arpenter vigoureusement le pont du navire,
Gering le surveillait de près. Ce fut de l’air le plus délibéré du monde qu’il alla à l'arrière du navire. En passant, il faillit heurter quelqu'un qui était couché sur le pont. Il s'arrêta, puis retourna sur ses pas, et alla comme avant s’accouder au bordäge, Cette fois, le marin de quart arriva à vingt pas de lui, salua et tourna sur ses talons.
Immédiatement, Gering se mit à eonsidérer l'individu qui était couché non loin de lui sur le pont, Il tressaillit, car il venait de s’apercevoir qu'il avait les deux pieds dans une mare de sang. Il comprit, Radisson s'était échappé en assassinant la sentinelle, Il n’était pas possible que le crime et l'évasion restassent longtemps sans être découverts ; à tout instant, le matelot de quart pouvait arpenter le navire dans tonte sa longueur, Lancant un coup d'œil du côté du matelot qui s’éloignait, Gering fit sauter coiffure et manteau, enjamba d’un bond la lisse, saisit la chaîne de l’ancre, se laissa glisser jusqu’à l’eau, etse mit à nager le long du navire. Soudain Radisson parut à ses côtés,
— Pouvez-vous plonger ? articula-t-il dans les dents. Pouvez-vous nager sous l’eau ?
— Un peu, fit Gering.
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avoir penter
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dividu ressails deux vdisson n'était longratelot a lonot qui jam ba laiss:
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dents.
— Alors, vite ! allons-y tous deux.
Le rénégat plongea et Gering le suivit, L'eau ctait horriblement froide, mais, on n’y regarde pas de bien près, quand il s’agit de vie ou de mort,
Le destin leur fut favorable, A bord, tout resta calme et paisible, et tous deux atteignirent la rive sains et saufs, Mais ils étaient toujours en pays ennemi, sans vivres, sans feu, sans abri et sans armes. Leur position était encore loin d’être couleur de rose, L’'ingtnuité de Radisson ne fut pas à la hauteur de la situation ; de sorte que ce fut Gering qui eut à trouver les moyens de sortir d’embarras, Il y avait bien les canots des Français; ils devaient être quelque part sur la grève, Radisson, en sa qualité de Français, pouvait peut-être en imposer aux gens préposés à la garde de ces canots. Sinon alors, aux mesures extrêmes! aux armes ! Radisson avait un couteau et Gering une barre de fer, Ils partirent à pas rapides, mais étouffés, sur le rivage, toujours en crainte d’une alarme à bord. Si, seulement, ils pouvaient trouver des armes et un canot, ils se rendraient d’abord au fort Albany, y donneraient l'alarme, puis se mettraient de suite en route pour New-York.
La chance les favorisa encore. Il se trouva que la sentinelle préposée à la garde des canots, se sentant transie par lair froid et humide de la nuit, était allée dans le bois chercher des branches pour faire un feu. Les deux fugitifs arrivèrent aux canots, et, dans le premier, trouvèrent trois mousquets et quelques sacs de
provisions, Pousser le canot à l’eau fut l'affaire d’un instant, Ils avaient déjà franchi plusieurs milles, lorsqu'on découvrit leur évasion.
Radisson opinait pour aller de suite au sud jusqu’à New-York; Gering n’en voulut pas entendre parler, et ce fut à la pointe du mousquet qu’il forca Radisson d'obéir, Ils arrivèrent au fort Albany où ils donnèrent l'alarme, Son devoir rempli envers la Compagnie de la baie d'Hudson, sachant bien que la capitulation du fort était inévitable, et qu’alors son sort serait infiniment pire qu’au fort Rupert, Gering repartit avec Radisson. Celui-ci lui devenait de plus en plus odieux, mais il avait à l’endurer en considération de ce qui venait d'arriver, Tous deux reprirent donc, mais en sens inverse, la route suivie par les Francais pour se rendre à la baie.
Il y avait deux heures que Gering avait jeté manteau et coiffure dans la mare de sang, et s'était laissé choir en bas du navire, lorsque d’Iberville apprit que sa proie lui avait échappé. L'homme de quart, croyant que d’Iberville Ctait redescendu dans sa cabine, avait repris son dolce far niente, Cependant, une souleur lui était venue soudain, Il s'était rendu à l’arrière du navire ; le jour commençait à poindre, et une lumiere blafarde teintait de gris la terre et l’eau ; quelques oiseaux sauvages avaient passé sans articuler un cri; la nature était encore plongée dans un demi-sommeil. Tout à coup, il avait aperçu un homme étendu sur le pont, et s'était trouvé lui-même les pieds dans le sang.
re d’un milles,
jusqu’à arler, et tadisson ynnerent rie de la 1 du fort finiment tadisson.
mais il i venait en sens, e rendre
manteau sé choir sa proie ant que it repris lui était vire ; le blafarde hUX sauire était coup, il t s'était
La prise des trois forts Hayes, Rupert et Albany avait réjoui le cœur de d’'Iberville ; c'était à Vhondeur des armes et du drapeau de la France; mais l’évasion de ses deux ennemis lui avait mis la rage au cœur.
—Je ne dirai pas, Pierre, qu’il vaut mieux que cela soit arrivé, observa Dollier de Casson; mais vous avez assez fait pour le roi. A plus tard vos affaires personnelles,
—Lheure viendra, mon cher abbé, répliqua d’Iberville sur le ton d’une rage mal contenue, Son compte se grossit ; il faudra un jour ou l’autre régler tout ca Et Radisson sera bel et bien pendu, ou je ne suis a d'Iberville, Voilà ! |
jai che nait à iinet tn atest nig se eee
Troisicme Epoque.