‹ Femme, ou sabre (The trail of the sword) [microforme]Chapitre 4 sur 55 · RARES · texte numérisé non relu

RARES

MENACKS DE RENEGAT 15

lui et Jessien s'étaient amusé à regarder, Soudain, il fit un mouvement of se mit à siffler entre les dents: ses paupières sabaisserent légèrement, ef sur sa figure se peignit un air de eontrariété qui le rendit plus intéressant encore,

— Est. ce possible ? articula-t-1l dans les dents ; mats, est Radisson, Aussi vrai que existe, c'est lui,

I} venait de voir un individu traverser un coin du jardin, C'était on homme trappa, à la barbe noire, aux cheveux de méine couleur, mais plats, avec des boucles de cuivre aux oreilles, des guétres de peau de caribou, c'est-à-dire tout laccoutrement particulier aux coureurs de bois francais,

D'Iberville n'avait pu faire que Papercevoir, inais le sinistre profil ne devait jamais s’effacer de sa mémoire, L'individu avait disparu fastantanément, La jeune fille ne Pavait pas vu; elle était alors occupée à observer son compagnon, Elle dit tout aussitôt, en frottant du bout de ses doigts la manche du pourpoint de d'Iberville qui était resté les yeux fixés sur le point où individu avait disparu :

—C’est étonnant, Maintenant, vous avez Pair de vouloir vous battre, Vous paraissez féroce, féroce, tout comme le gouverneur lorsqu'il a pris un espion francals,

Se tournant vers elle:

— Pardon! rétorqua-t-il avec une légère pointe d’ironie, maintenant je vais avoir Vair aussi joyeux que le gou-

verneur, lorsqu'un traître vient le trouver,

I] prononca ces paroles a haute voix, à dessein, afin d’être entendu et du gouverneur et du conseiller. Le vouverneur se tourna brusquement du côté de d’Iberville. Le timbre vibrant de la voix du jeune homie,

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la téméraire bravade du jeune et bouillant envoyé, lui avaient retenti aux oreilles, Il avait encore à la main la lettre du comte de Frontenac, S’avancant du côté

de d’Iberville :

—Vos paroles, Monsieur, sont-elles dites pour que je les entende ? interrogea-t-il, Parliez-vous de moi ou de

votre gouverneur ?

ania —Excellence, répondit d’Iberville, je pensais à un an nommé Radisson, un traître, et c’est à vous-même que au je faisais allusion.

ii | iii Le gouverneur s'était exprimé en francris et c’est

aussi en francais que d’Iberville hu avait répondu. La

ail : ex ; ad jeune fille et Drayton suivirent la conversation avec UE difficulté, Jessica fit un signe d'intelligence à son

compagnon de détresse, Celui-ci toucha le gouverneur al au coude :

—Allons-y done en anglais, si Monsieur le permet, dit-il; il le parle tres bien.

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Le gouverneur essayait de dissimuler sa colère, Il FS

avait bien souhaité la bienvenue à l’envoyé du comte de 3

Frontenac, mais il lui sembla qwil serait peu digne de 4

sa part de tolérer les insinuations d’un jeune imberbe, 4

—Je dois, reprit-il, vous le dire franchement, Mon- À

| sieur d’Iberville : il ne me convient pas de trouver une *

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provocation dans vos paroles ; et je doute fort que votre père, s’il était ici, oserait parler avec autant de sans-géne, Mais je suis pour la paix et la bonne humeur, quand je le puis. Si vos gens, lassés de la domination de Louis de France, se mettent'sous le gouvernement paternel du roi Charles, que puis-je y faire? Quant à cet homme, Radisson, qu’en voulez-vous ?

D’Iberville avait repris maintenant son aplomb ordinaire, Ilaccepta gracieusement la rebuffade et répliqua avec franchise :

—Radisson est un proscrit, Un jour, il attenta à la vie du comte de Frontenac. Puis il livra une bande de nos traiteurs aux mains des Iroquois, En sous main, il envoya des Hollandais exterminer les sauvages de l'Ouest qui, chargés de leurs fourrures de l’année, venaient faire la traite avec nos marchands, La paix règne entre votre colonie et la nôtre. Est-il juste alors d’abriter chez vous un pareil misérable? On a dit à Québec, Excellence, (ue de telles gens ont mangé à votre table,

Pendant que d’Iberville parlait, le gouverneur avait paru furieux, mais son humeur changea bientôt, et il se prit à admirer la hardiesse du jeune homme,

—Sur mon âme! Monsieur, dit-il, vous êtes conseil, juge et jury tout ensemble, Mais je ne discuterai pas ce point-là avec vous; car Son Excellence, qui vous a

envoyé, a déjà porté la même accusation, et, ajouta-t il

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