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Zou-I-Roummah, poète islamique du premier rang, poète amoureux, s'éprit d'amour pour Maïiah fille de Moukâtel. C'est cette belle dame que Zou l-Roummah célèbre en ses vers ; à elle s'adressent ses rimes d'amour. Un appelé Diràr a dit : « J'ai vu Maïiah, et avec elle ses fils. — Comment était-elle? demanda-t on à Diràr. — Maïiah avait le visage d'un bel ovale, la joue longue, le nez bien dressé, quelques tatouages de beauté. — Est-ce que jamais elle l'a récité des vers que lit à propos d'elle Zou-l-Koummah ? — Oui, certainement. « Du reste, Maïiah avait entendu des vers de Zou-Ittoummah longtemps avant qu'elle ne l'eût aperçu. Elle mourait d'envie de le voir. Enfin elle lit vœu à Dieu d'égorger un bœuf ou un chameau h' jour qu'elle rencontrerait l'amoureux
DKI'I IS |. ISI AMISMK H 3
poète. Kilt; le vil, ol ne vil qu'un ehétil personnage, noir, disgracieux ; et Maïiali «Hait des plus belles femmes. A Paspeel de son tendre adorateur, elle s'écria toute interdite : « Ah î mon Dieu ! Quel malheur! quel chagrin ! » Le pauvre poète sut l'exclamation de son adorée ; il fut piqué au vif; il crut se venger par ces vers-ci :
« Sur le visage de Maïiah éclate un vernis de beauté ;
mais les vêlements cachent des défauts qu'il faudrait
voir.
« Qui donc iguore que le goût de l'eau s'altère et se gâte, bien qu'elle conserve sa couleur claire et sa limpidité ?
« Quel malheur d'avoir dépensé en pure perte les vers que me dicta l'amour pour Maïiah ! Je n'ai pas su dominer les folles erreurs de mon ca^ur. »
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Nos deux autres poètes d'amour furent contemporains ; ils se connurent, s'aimèrent, se dirent leurs amours et leurs vers. L'un, Kolheiïr, était désigné par le nom complexe de « Kolheiïr d'Azzah, • c'est-à-dire Kolheiïr, amant d'Azzah. L'antre, Djémil, était appelé « le Djémi) de Bolheïnah, » c'està-dire Djémil l'amant de Bolheïnah (1). Celui-ci mourut en soixante-douze de l'hégire, et l'autre en l'année cent cinq.
Djémil et Botheïnah étaient de la tribu des Ozrides ou Béni Ozrah. Dès une haute antiquité, les filles et les (ils de celle tribu étaient réputés et connus pour leur beauté, et femmes et hommes avaient le cœur tendre. C'était la tribu de Pa-
» . Prononcez toujours le (h a la manière anglaise.
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mour et de la beauté. Ce pauvre amoureux Orwali dont nous avons raconté le lamentable martyre, était un enfant des liéni Ozrah.
On adressa à un Ozride celte question-ci : « Quels cœurs avez-vous donc, vous autres Béni Ozrah ? Des cœurs d'oiseaux, des cœurs qui fondent d'amour comme le sel fond dans l'eau. Vous ne saurez donc jamais les raffermir ces cœurs trop tendres ? — Eh ! cher ami, répondit l'Ozride, c'est que nous autres nous voyons sans cesse autour de nous des yeux comme vous autres n'en voyez jamais, des yeux qui. pénètrent jusqu'à l'âme. *
A un autre Arabe on demanda : « D'où es-tu ? de quelle tribu ? — Je suis de la tribu des Arabes qui, lorsqu'ils aiment, meurent d'amour. » Une jeune fille qui était là et qui entendit la réponse, s'écria de suite : « Oh ! c'est un Ozride, je vous le jure par le Dieu du sanctuaire de la Mckke. »
Certaines tribus des Arabes avaient le privilège de certains caractères et détails de beauté chez les femmes. Ainsi, les Kodâïdcs étaient renommées pour la beauté du pied et de la jambe; les Kindides, pour l'élégance de leur ronde taille; les khozâïdcs, pour la finesse gracieuse des membres. Les poètes ont signalé ces sortes de spécialités dans leurs vers. Tel est l'exemple que nous offre la petite anecdote suivante que raconte Asmaï ce savant bienvenu de Haroûn el-Rachid.
« Un jour, a dit Asmaï, j'entre chez Haroùn, l'émir des croyants. Devant lui se tenait debout une jeune esclave d'une magnifique beauté, dont la chevelure riche, splcndidc, bouclée, si' terminait par deux longues tresses qui lui allaient llotter jusqu'à la croupe. Sur le milieu du front la belle avait un croissant qui portait ces mots tracés : « Ceci est l'œuvre du brodeur de Dieu. • Le kalife ine dit : « Asmaï, décrismoi cette charmante lille. « Soudain je trouvai ces deux vers :
hKPLis i isi vmismi; m;»
« Elle a les membres d'une Kinànide, l<- rondelet
embonpoint d'une Saïdide, les beaux yeux d'une Hilâlide,
la bouche gracieuse d'une Tayïde.
« Elle a la haute intelligence de Lokmân, la suprême
beauté de Joseph, la noble voix de David, et la pure
vertu de Marie. »
— Charmant ! mon cher A s mai, charmant ! dit le kalife. Mais sais-tu comment elle s'appelle ? — Non, prince des croyants. — Elle s'appelle Dunia, monde. » Je baissai un moment la tête et je lis ces deux vers :
< 0 Monde, tu es bien digne de l'emparer du cœur et d'en triompher.
< En vérité, on l'a justement nommée ; on a coupé la moitié de son nom ; elle est ce inonde et l'autre. (Elle est la belle fille de la terre et la belle fille du ciel ; il fallait l'appeler les Deux Mondes). »
Le kalife ravi de ces deux impromptus me lit donner en cadeau dix mille drachmes. »
Revenons à nos deux héros d'amour.
Djérnil aima sa belle Bolheïnah dès l'adolescence. Devenu grand, il demanda la jeune fille en mariage : on la lui refusa; il fut éconduit. Alors son amour et ses douleurs animèrent son génie poétique, s'épanchèrent dans ses vers. Et il allait en secret, en cachette, visiter son amie ; elle avait sa demeure à Wàdy el-Kora ou le Val-des-bourgs, a la bourgade deTaimâ. Celte vallée ou ce val est près de la contrée de Hidjr, au Nord du Ilédjàz... Le poète disait :
« Le jour où je ne vois pas de message de toi, ou bien où je ne puis me réunir à toi, a pour mon cœur la durer de longs mois.
« Que la morl m'emporte donc aujourd'hui, s'il n'est plus dans ma destinée de te retrouver un jour.
« Mon cœur t'aimera tant que je vivrai ; et quand je
ne serai plus, mon ombre encore suivra Ion ombre ii . travers les tombeaux. .
. Kh quoi! mon regard est tendu vers ce que tu m'as promis, comme le regard du pauvre est tendu vers les splendeurs du riche.
. Tu as envers moi des dettes d'amour, débitrice qui manque à ses promesses, bien qu'elle soit dans l'aisance.
« Va toi et les promesses que tu m'as faites, vous n'êtes que comme l'éclair fugitif qui vole sur un nuage sans pluie.
« J'ai dit à mon amie : « 0 Dotheinah, mon amour me tue. » VA elle m'a répondu : < Sois résolu ; il augmenlera encore. »
< Va quand je lui ai dit : « Mais au moins rends-moi donc une partie «le mon esprit, que je puisse vivre. » Elle m'a répondu : « Ah î mon ami, c'est loin, bien loin encore. »
Kotheiïr, l'amant d'Azzah, a fourni le récit suivant : • Un jour le Djémil de Botheïnah me rencontra. « D'où viens-tu? me dit-il. — Mon cher, je viens de chez le père de la petite amie. > Il entendait par la petite amie, Bolheïnah. « Maintenant où vas-tu ? continue Djémil. — Mon cher, je vais chez la petite vilaine. > Il entendait, par la, désigner Azzah. c II faut, mon cher ami, réplique Djémil, que tu retournes là d'où lu viens, que lu reprennes droit devant toi ; et que tu m'aies un rendez-vous de Bolheïnah. — Je l'ai vue il n'y a qu'un moment; en vérité j'ai honte de retourner si- 4 tôt chez elle. — Il le faut, mon ami ; je t'en supplie. — Depuis quand donc n'as-tu pas vu Rothcïnah ? — Ecoute. Tout à fait au commencement de l'été, il lomba une grande pluie, une nuée au bas de Wàdy cl-daûm ou Val-des-daùm (I). En-
l; Le daûm csl un palmier a très large» feuille» di»|m»ee* en éveniail |»li*»e: rattut flabeUiform».
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suite Botheïnah sortit avec une esclave à elle, pour laver des habits à la (laque d'eau. J'allai rôder du côté de cette (laque. Botheïnah m'aperçut, mais ne me reconnut pas; de suite elle se hâta «le retirer un des vêtements qu'elle tenait a l'eau et s'en enveloppa pour se mieux cacher à mes regards. L'esclave me reconnut, dit qui j'étais, et alors Botheïnah rejeta le vêtement à l'eau. Nous nous mimes à causer, assez longtemps, jusqu'au coucher du soleil. Bien entendu, je demandai à Botheïnah un rendez-vous. « Ah ! me dit-elle, ma famille va partir, et moi avec elle, i Depuis ce moment je n'ai plus rencontré Botheïnah ; et je n'ai trouvé personne que je pusse en confiance lui envoyer. — Alors, tu veux que j'aille à la tribu? Je leur dirai des vers dans lesquels j'indiquerai que je ne saurais plus longtemps rester éloigné d'elle. — Très bien ! le moyen me parait bon. »
Kotheîïr continua ainsi son récit :
« Je partis ; j'arrivai auprès de la famille de Botheïnah ; je lis accroupir mon chameau. « Eh bien ! ami, qu'est-ce donc qui te ramène ? me dit alors le père de Botheïnah. — Il m'est venu subitement quelques vers et j?ai voulu avoir le plaisir de le les soumettre. — Parfait ! Voyons, sers-nous les. > Et je me mis a réciter les trois vers que voici, comme si j'eusse parlé à Azzah. Botheïnah était là, qui écoutait.
« Je lui dis, à elle: « Ma bien-aimée, mon ami m'envoie vers loi en message d'amour, conlident fidèle.
« Fixe-moi, te dit-il, un rendez-vous, une entrevue ; ordonne, et ce que tu ordonneras, je l'accomplirai.
« La dernière fois que je t'ai vue, c'est le jour que tu m'as trouvé au bas de Wâdy cl-daûro, quand on lavait un vêlement. »
A ces mots, Botheïnah frappe de la main sur le côté de son grand voile et s'écrie : < Pouh ! pouh ! vilaine bête ! Ou'est-ce que lu as? qu'est-ce que c'est, Botheïnah? dit le
il.x KKMMKS AHAHKS
père ii sa tille. — Un chien, quelque mauvaise bêle, qui nous viendra de par derrière la monlagne, quand tout le monde sera endormi. » Et elle continue de suite, s'adressanl à la même esclave qu'elle avait eue avec elle a la flaque de Wàdy cl-daûm: « Va, lui dit-elle, va chercher immédiatement du feuillage et du bois de daûm ; il faut que nous égorgions un mouton pour traiter Kolheiïr. il faut le régaler Koiheiïr d'un rôti parfaitement soigné. — Non, non, répliquai-jc soudain ; je suis pressé, je dois partir. » El je partis. Botheïnah m'avait compris cl avait adroitement donné le change a son père. J'avais aussi compris Botheïnah. Je me hâtai d'aller retrouver Djémîl, ei je lui contai l'histoire. « Admirable ! s'écrie-t-il; le rendez-vous est aux daûm, pour ce soir, de suite, v
En effet, dans la nuit Botheïnah sortit de sa demeure avec de ses amies et compagnes et alla aux daùm. Nous y allâmes aussi, Djémil et moi. Rendez-vous délicieux ! nous ne nous séparâmes qu'an premier poindre du matin. Non, je n'ai jamais vu de réunion plus enchanteresse, plus ravissante que cellelà ; jamais vu pareille intelligence, pareil esprit, pareille manière de pénétrer, comme le firent alors Bolheïnah et Djémîl, la pensée et le désir l'un de l'autre. En vérité je ne sais lequel des deux fut le plus spirituel el le plus fin. »
Dans ses vers, Djémîl a décrit ses rencontres avec sac hère Botheïnah, a retracé ces jeux de l'amour et du hasard qui font les peines el les bonheurs des amants, a dépeint ces résistances el ces luîtes féminines qui sont des condescendances déguisées, des résistances provoquant des poursuites et des hardiesses. Il a dit :
« Je ne cessais de suivre la tribu, de m'atiacher à la trace de leurs pas, et j'arrivai à me placer près d'un haut palanquin.
« Puis je m'approche à la dérobée, je cherche la (ente de mon amie, et je pénètre à l'endroit le plus caché.
IJEPNS I. ISLAMISME . H*
» Je le jure, me dit ma chère amie, par la vie de mon frère et par la fortune de mon père ! je vais appeler si lu t ne sors d'ici. »
« El elle porte sa main sur ma tèle, empressée de me scnlir sous ses doigls colorés de la pure couleur du henné.
« Moi, je sortais, inlimidé par ses paroles; mais je !a
vois me sourire; je comprends alors que son serment
n'était que dans les mots.
« El ma bouche la baisa sur la bouche ; de ses lèvres
jolies je humai la volupté comme on aspire une eau
fraîche d'une gracieuse amphore. »
Djémîl passa en Egypte. Il alla pour se présenter à Abd el- Aziz fils du kalifc Merwân et lui offrir une poésie panégyrique. Le prince accueillii le poète, en écouta les vers élogieux et le récompensa noblement. Puis : « Qu'est devenu, lui dit Abd el-Aziz, ton amour pour Botheinah ? » El le poète raconta ce qu'il avait de soucis et de tourments. Le prince lui promit de le mettre en état d'obtenir la main de Botheinah, puis le décida a séjourner, et le fil héberger en une demeure convenable.
Peu après, Djémil tomba malade ; il fut bientôt en danger de mort. « Un jour, a raconté un appelé Abbàs fils de Sahl, je rencontre un ami qui m'accoste par ces mots : « As-lu des nouvelles de Djémil? Il est gravement malade; allons le voir.» Nous nous rendons chez le poète; il était à son heure suprême. Il me regarde, puis il dit : « Mpn cher Abbàs, que juges-tu à l'endroit d'un homme qui jamais n'a bu de vin, qui jamais n'a séduit une femme, qui jamais n'a ni tué ni volé, qui professe qu'il n'y a de Dieu que le Dieu unique ? — Je juge que cet homme-là est un homme de bien, et, j'espère, il a sa demeure au paradis. Qui est ^et homme? — C'est moi. — En vérité je n'aurais pas compté
«0 I KMMKS AUABI S
que lu lusses sauvé, toi qui depuis vingt ans prodigues les paroles d'amour à Botheinah. — Que l'intercession bienveillante du Prophète me fasse défaut en ce moment où je touche* au premier des jours de l'autre monde et au dernier des jours de la vie de ce inonde, si jamais j'ai dévié de la droite voie pour chercher avant tout les douceurs et les jouissances de la terre ! » Nous ne quittâmes Djémil que quand il cul rendu le dernier soupir.
Quelques instants avant nous, un individu était venu voir le poète moribond qui l'avait fait appeler. « Veux-tu et te convient-il, lui avait dit Djémil, que je te donne tout ce que je laisse, à condition que tu accompliras consciencieusement m;i dernière volonté que je te vais préciser? — Oui, certainement. — Ecoute; quand je serai mort, lu prendras ce vêtement que voilà là, et tu le tiendras à part. Tout le reste de ce qui m'appartient est à toi. Avec ce vêtement, tu iras à la sous-tribu où est Botheinah. Dès que tu seras arrivé fais avancer ma chamelle que lu emmèneras, monte-là, puis endosse ce vêtement, puis déchire-le, et ensuite va le placer sur qucrqu'élévalion, sur une bulle, et d'une voix forte et sonore prononce ces vers que voici :
« Elle vient à vous la triste nouvelle d'un appelé Djémil ; il n'est plus ; il est resté en Egypte, d'où plus jamais il ne reviendra.
« Jadis il a promené les plis de ce manteau à Wàdy el-kora ; il élail alors dans l'ivresse du bonheur, errant à travers guérèts et palmiers.
« Viens, ô Botheinah, viens, pleure et gémis sur l'infortuné, pleure ton ami; nul ne saurait aimer comme lui. »
J'acceplai la mission, a dit l'individu qui lui-même raconta l'wiecdotc. J'accomplis la dernière volonté du poète... Je n'avais pas achevé les vers, que Botheinah sort de sa
m:pus i/islamismi m demeure cl apparaît comme une magnifique lune nu sein de l'obscurité des nuits. Toute agitée elle froissait, déchirait son vêtement. Elle vint jusqu'à moi. « Etranger, me dit-elle, ;tu nom du ciel ! que nous viens-tu annoncer? Si la parole est vraie, lu me donnes la mort ; si la parole est menteuse, tu me déshonores. — Je le jure par le Dieu vivant ! je n'ai dil que la vérité, •• répliquai-jc. Et aussitôt je montre le vêtement que Djérnil m'avait recommandé d'emporter. A celte vue, Botheïnah pousse un cri du plus fort de sa voix, se trappe et se meurtrit lu face. Les femmes de la tribu accourent, s'amassent ; et ce sont des pleurs, des sanglots, des lamentations, jusqu'à épuisement. Botheïnah s'évanouit; cl quand Bile reprend ses esprits, elle se mcl à dire :
« Hélas ! le bonheur que j'espérais avec Djérnil n'a pas eu un moment d'existence, un seul moment.
< 0 Djérnil, ô (ils de Ma'mar, le malheur nous a frappés. Tu es mort dans les regrets, el le bien-être de la vie. »
Je n'ai jamais vu plus d'hommes el de femmes en pleurs que ce jour où j'appris à Botheïnah la perte de son amant.
Suivons maintenant la légende de Kotheiïr l'amanl d'Azzah. Presque toutes les poésies de ce poète sont remplies de son amour, de ses contrariétés amoureuses. Quels amants n'ont pas eu leurs soucis et leurs peines !
Kotheiïr avait à Médine un commis esclave qui vendait des aromates, des parfums. Assez souvent aux dames arabes il faisait crédit. Il vendit à Azzah, comme à plusieurs autres belles Médinoises, et donna à crédit. Il ne la connaissait pas. Azzah différa nombre de jours à payer un achat. Elle revint à la boutique avec plusieurs femmes. Le commis demanda le prix des quelques parfums qu'il avait vendus à une d'elles. « Bien! bien! reprit Azzah; très bien! Mais comme lu laisses peu de temps pour payer! comme lu es pressé ! » El l'esclate, par allusioti à la circonstance, récite ce vers de son patron :