FINAL
Plusieurs hommes dos Béni llanil'eh allèrent en partie de plaisir à une montagne île leur territoire. En chemin, un jeune homme do la troupe vil une jeune fille, la (ixa un moment, et s'écria : « Mes amis, je ne m'en retourne pas, je vous le jure par Dieu, que je n'aie envoyé dire a celte helle enfant que je suis épris «l'amour pour elle. » Celle décision si imprévue e« si prompte étonna. On s'efforça de ramener l'amoureux à la réflexion, de le calmer. Il ne voulut rien entendre; rien ne le put arrêter... Il lit parvenir son tendre message a destination... Il avait le cœur saisi d'amour; il était subjugué.
Les compagnons de l'infortuné s'en retournèrent. L'amoureux resta a la montagne. La nuit venue, il alla chercher où était la belle jeune fille. ; il s'était, pour plus de sûreté, armé de son sabre. Il trouve la jeune Arabe ; elle étail entre ses deux frères ; ils dormaient. Aux alentours aussi tout dormait. Il approche doucement, et plus doucement encore il éveille la jeune fille. « Éloigne-toi, lui dit-elle a voix basse, que mes deux frères ne s'éveillent pas; car ils le tueraient. — Oh ï mourir m'esl plus doux que souffrir ce que je souffre d'amour. Tu peux bien me donner seulement ta main, que je la pose sur mon cœur,... et je m'éloignerai. » La belle enfant présente sa main, qu'aussitôt il se pose sur son cœur, puis il s'éloigne.
La nuit suivante il revient, et, comme la veille, il trouve la jeune fille endormie entre ses deux frères. Il la touche doucement, l'éveille ; el elle lui répète les mémos paroles qu'elle avait dites la première fois. « Mon Dieu, répond-il
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la jeune Arabe, donne-moi seulemeni un instant (es douces lèvres, que j'y boive et savoure un baiser, et je m'éloignerai aussitôt. » La belle enfant présenta ses deux lèvres au baiser; l'amant s'enivra vite à ce délicieux baiser et partit. Mais I amour venait de se glisser, ardeut, au cœur de la charmante Arabe, comme l'amour qui était au cœur de son beau chevalier.
L'affaire s'ébruita. On en parla dans toute la tribu. Et la Camille de la jeune fille cria : « Qu'il ne reste pas sur la montagne, ce séducteur, ce libertin ; venez avec nous la nuit prochaine ; chassons- le loin de nous. « La belle Arabe envoya prévenir celui qu'elle aimait : « Les gens de la tribu se disposent à aller a ta recherche, sois sur tes gardes. »
A la chute du jour, le jeune homme se poste en vigie, armé de son arc et de ses (lèches. Mais il la nuit, une pluie d'orage tombe en torrents, inonde l'espace. Il fallut différer la petite expédition projetée. Vers la tin de la nuit, le ciel était pur, la lune avait apparu brillante. La jeune fille était inquiète, ' l'amour l'agitait de soucis et de craintes. Elle part ; elle se hâte d'aller rejoindre celui qu'elle aime ; elle est suivie d'une amie, confidente discrète et sûre.
Le jeune homme était aux aguets. Il aperçoit dans la fausse lumière les deux jeunes filles ; il s'imagine avoir là deux ennemis qui le viennent attaquer; il décoche une flèche; il la plante juste au cœur de son amante ; la pauvre fille tombe morte sur le coup. Sa compagne pousse les hauts cris et regagne à grande course la tribu.
Le jeune homme se glisse de l'endroit de la montagne où il était en védcitc ; il descend, il approche de la victime ; la jeune fille était étendue, morte. Il la reconnaît cl s'écrie :
« Le croassement du corbeau m'avait prédit mon malheur. Rien dooe n'arrête la destinée !
« Insensé! lu pleures; et c'est loi qui l'as tuée. On supporte ton malheur, ou donne-toi la mort. »
DEPLÏS L'ISLAMISME. «W
Puis, avec les fers de ses flèches, il se fouille et se déchire les veines du cou, jusqu'à mort... Les parents de la jeune fllle accourent, et ils trouvent les deux cadavres couchés dans le sang.
On les enleva, et on les inhuma ensemble dans un seul et même tombeau.