‹ Femmes en couches et nouveau-nés [electronic resource]Chapitre 31 sur 68 · OO · texte numérisé non relu

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Eau.

Fig. 97.

avec le lait de vache coupé, doit-elle être attribuée exclusivement à ce fait que le lait de vache était moins bien digéré ? La composition du liquide qui contenait une très grande quantité d'eau et peu de matières nutritives nous semble avoir surtout joué un très grand rôle.

Observation XIV. — Un enfant jumeau eut du lait stérilisé pur. L'augmentation à partir du deuxième jour jusqu'au sixième fut de 6o grammes, soit de 21^',7 en moyenne par jour. A ce

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moment, on substitua au lait stérilisé pur du: lait stérilisé coupé avec un tiers d'eau. Pendant les cinq jours qui suivirent, il ne gagna que 30 grammes, soit 6 grammes en moyenne par jour. (Voy. fig. 98.) A ce moment, on remplaça le lait coupé par du lait

Fig. 98.

pur, et, de nouveau, l'enfant progressa normalement. La même recherche faite sur l'autre jumeau donna un résultat analogue.

Voici une autre observation également convaincante.

Observation XV. — Un enfant, né le 29 août 1893, pesait 2.485 grammes. La mère voulut absolument l'élever au lait stérilisé. Il le supporta bien, mais son accroissement ne paraissant pas suffisant, on me demanda de le voir le 8 décembre 1893. Il pesait alors 4.300 grammes. Il n'avait donc augmenté que de 12e'',9 par jour. Le lait qu'il prenait était mélangé d'une certaine quantité d'eau stérilisée. Je conseillai de lui donner du lait pur : à partir de ce moment il se mit à prospérer de telle façon que, le 18 février, il pesait 6.480 grammes. Au lieu de 12e'', 9 d'augmentation par jour, il avait eu, sous l'influence du lait pur, .30 grammes d'accroissement quotidien. La seconde partie de la courbe, comparée à la première, montre nettement la différence entre l'alimentation avec le lait coupé d'eau et celle avec le lait 'pur. (Voy. fig. 99.)

On a reproché au lait de vache pur de contenir beaucoup

trop de caséine : c'est pour faire en sorte que le liquide donné aux enfants ne renferme pas plus de caséine que le lait de femme qu'on y ajoute une notable proportion d'eau.

Fig. 99.

Mais le lait ne contient pas que de la caséine, on y trouve aussi du beurre, du sucre, des sels, etc., qui jouent un grand rôle dans l'alimentation de l'enfant. Ces substances faisant partiellement défaut dans le mélange, ce dernier est beaucoup moins nutritif.

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Si le lait de vache donné pur et stérilisé réussit très bien, c'est que, comme l'a montré M. Ghavane, sous l'influence du chauffage à près de 100°, la caséine subit des modifications particulières qui en rendent la digestion beaucoup plus facile.

L'emploi du lait pur facilite beaucoup, en pratique, l'usage du lait stérilisé : au lieu d'être obligé de faire comme autrefois des coupages divers contenant plus ou moins d'eau suivant l'âge des enfants, le même lait est délivré aux nourrissons de un, deux, trois, six, dix mois. La simplification est grande pour les mères, elle est surtout importante pour notre consultation et pour les crèches. Les enfants y sont d'âges difl'érents, on peut dès lors supposer combien serait compliquée la préparation d'un lait contenant une quantité d'eau qui varierait avec chaque enfant.

Nous nous garderons bien cependant d'affirmer que, dans les premiers mois de la vie, le lait devra toujours, invariablement, être administré non mélangé d'eau. De même qu'on voit des enfants ne pas supporter certains laits de femme, trop nourrissants, de même ils pourront ne pas tolérer certains laits de vache trop chargés en beurre ou en caséine.

Le lait de vache n'a, du reste, pas une composition constante, il varie suivant la race, suivant l'alimentation, etc.

L'enfant lui-même peut être bien portant ou malade : dans le premier cas, son tube digestif fonctionne bien ; dans le second, comme chez l'adulte du reste, il a besoin d'être ménagé. Il n'y a donc pas de règle absolue et il pourra être bon, dans certaines conditions, tantôt de donner du lait avec une plus ou moins grande quantité d'eau simple, tantôt d'y ajouter de l'eau de chaux ou de l'eau de Vichy, tantôt de faire prendre de la pepsine, etc.. C'est le médecin qui, à l'aide d'une observation attentive, pourra régler ces différents points.

Il est nécessaire, en efl'et, de surveiller l'allaitement, sans cela il peut y avoir suralimentation ou alimentation insuffi-

santé. La surcharge alimentaire peut, en effet, déterminer des accidents très graves du côté du tube digestif t des vomissements, de la diarrhée, etc* . En voici deux exemples,

Oiîs. XVI. — Après une ascension remarquable, un enfant a été pris, le ving t-cinquième jour, d'intolérance gastrique sans diarrhée.

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