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LUI

Instrument pour pratiquer des irrigations rectales».

On connaît les résultats avantageux fournis par les irrigations vaginales d'eau chaude dans les inflammations des annexes de l'utérus. On a aussi conseillé pour ces affections l'emploi de lavements chauds ; le liquide, pouvant pénétrer plus haut et se trouvant plus en contact médiat avec les organes malades, agirait plus efficacement. Tout récemment, M. Reclus insistait sur ce mode de traitement. Il fait usage de lavements d'eau très chaude laissée longtemps dans la partie inférieure de l'intestin.

J'ai recoui-s pour ma part, non pas aux lavements chauds, mais aux irrigations rectales. Pour les pratiquer, je me sers depuis plusieurs années d'un instrument que je désire vous présenter.

Vous avez tous vu la sonde à canal en forme de fer à cheval, sonde destinée aux injections intra-utérines, que j'ai fait connaître en 1884. Même si pendant l'opération l'utérus sè contracte fortement sur cette sonde, la sortie du liquide est absolument assurée. A 8 ou 9 centimètres de l'extrémité d'une de ces sondes (dont le calibre peut être de ii, 13, 15 millimètres) on comble avec du métal la cannelure située au-dessous du fer à cheval, on obtient ainsi un véritable

1 Société obstétricale et grjnécologique de Paris, décembre 1895, p. 497.

bouchon ou mieux, si on veut, une sorte de fosset un peu conique auquel on donne 3 centimètres de longueur environ. A la base de ce fosset, se trouve une plaque métallique, circulaire, placée perpendiculairement à la longueur de la sonde et destinée à limiter la pénétration de l'instrument. Au delà de celte plaque métallique, aboutit le canal cylindrique qui, adapté à un tube de caoutchouc et mis en communication

Fig. 143.

avec un récipient, permet au liquide de descendre dans la sonde. Enfin une lame métallique légèrement recourbée permet le maniement facile de Tinstrument.

Lorsqu'on veut faire une irrigation rectale, on place le siège de la malade suf un bassin et on introduit la sonde dans l'anus, elle pénètre jusqu'à la plaque circulaire, le sphincter s'applique sur la partie de l'instrument qui fait bouchon et l'eau qui s'écoule arrive dans le rectum. Dès qu'une quantité suffisante de liquide a été introduite, on retire un peu l'instrument jusqu'à ce que le commencement de la cannelure arrive à l'extérieur : l'eau s'écoule alors au dehors. La surface de section de cette cannelure étant égale à la surface de section du fer à cheval par lequel entre le liquide, suivant qu'on élèvera plus ou moins le récipient qui contient l'eau, on aura une pression plus ou moins grande sur les parois du

rectum. Si on voulait distendre fortement Imtestin, il suffirait de faire pénétrer la sonde plus profondément et d'obturer ainsi l'orifice anal. Mais l'irrigation continue sans distension très marquée est généralement suffisante. Avec cet instrument, reau dont on fait usage peut toujours être maintenue à la môme température.

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