CHŒUR
Un bijou de fête,
C’est la clef des champs.
Oyez la requête De vos chers enfants :
Je crois et j’espère En votre bonté ; Donnez, bonne Mère,
Un jour de congé !
Des vertus, ô Mère, Pour nous, la première, Oui, c’est la gaieté.
Elle aime les fêtes, Et tourne les têtes...
Mais du bon côté !
AU LAC ATHABASKA
Pour parfaire les tableaux de « promenades » qui viennent de défder, nous copions, au «Journal» des Sœurs d’Athabaska, cette bluette :
« 5 septembre 1921. — La petite vérole nous ravage. Les contaminés se trouventen quarantaine à l’Ile-aux-Outardes. Le vénéré Mgr Grouard, vicaire apostolique d’Athabaska, qui nous visite, et son coadjuteur Mgr Joussard, qui réside ici, mettent à la voile pour l’Ile-aux-Outardes. Trois sœurs les accompagnent. Le vent se lève bientôt, et le lac commence à enfler ses vagues. Nous sommes encore loin de 1 île, lorsque nous heurtons un rocher. Le bateau bondit et s’arrête. Le sifflet lance en vain le S. O. S. Nous vacillons sur l’abîme. Mais, comment trembler quand nous en-
Si nos verts rivages Sont un peu sauvages, Ça n’empêche pas
Si la gourmandise N’a de friandise Qû’un méchant poisson, Sans plier la nappe, Vite on se rattrape Dans une chanson.
Maringouin, moustique,
A qui mieux mieux pique ; C’est un vrai tournoi,
On rit, on bataille D’estoc et de taille,
On défend son droit.
Camp sous l’épinette,
Trois jours de cueillette.
Ah ! quel charmant sort !
Le palais du Doge Ne vaut pas la loge Dans laquelle on dort.
D’avoir franche allure, Comme la nature.
Et joyeux ébats.
Quand, avec sa suite L’hiver est en fuite Devant les zéphyrs,
Il faut, bonne Mère, Voir quelle carrière S’ouvre à nos plaisirs.
Et surtout l’automne, Mère, qu’on s’en donne D’air, de liberté !
Mais, c’est un mystère A qui, bonne Mère,
Ne l’a pas goûté.
Finissons l’idylle ;
C’est clair, notre asile C’est du vrai bonheur.
Si quelqu’un en doute, Qu’il se mette en route Pour le « Sacré-Cœur » !
tendons Mgr Grouard se mettre à chanter aussitôt, et tout au long :
« Oh ! c’ était un petit navire!... »
« Enfin, M. Fraser a aperçu du rivage notre détresse et vient à notre secours. Il nous prend et nous ramène, en remorquant notre épave. C’était une ruine, en effet, que notre bateau. Il le prouva en s’ouvrant tout a coup par le milieu. D’où nous avons conclu que notre échouement avait été notre salut... »
Le couvent des Saints-Anges, situé dans le vicariat apostolique d’Athabaska, est resté sous la juridiction de Mgr Grouard, bien qu’il fasse partie de la « province du Mackenzie » des Sœurs Grises.
Sans être à l’abri des épidémies et des disettes qui peuvent toujours fondre sur tous les couvents de ces régions, il a atteint un degré de prospérité qui lui permet de recevoir de nombreux élèves et de leur donner fune éducation complète, fruit et honneur de notre sainte religion.
Maintes allusions à ses épreuves et à ses succès reviendront, plus loin, dans nos considérations d’ensemble sur l’œuvre des sœurs missionnaires du Nord.
Le dernier « progrès » du couvent des Saints-Anges auquel nous ayons assisté, l’établissement de la « colonie de vacances » à l’Ile-aux-Outardes, est ainsi présenté par la supérieure :
« ... S. G. Mgr Joussard a décidé que pour la santé de nos chers enfants nous irions passer sur cette île la belle saison. Coin de terre enchanteur pour celles qui aiment la grande et belle nature sauvage. Mais la meilleure et première des choses, c’est que nous avons Jésus avec nous. Père Jaslier, notre chapelain, a construit une toute petite chapelle dans
Au couvent des Saints-Anges. Lac Athabaska (1926).
Enfants de quatre tribus : Cris, Montagnais, Mangeurs de Caribous
et Castors.
Hôpital de Fort-Smith.
(Photo de 1926.)
La débâcle des grands lacs et du Mackenzie menace chaque année