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CHAPITRE VIII

Aux Rapides de Fort-Smith

1914. — L'avenir de Forl-Smilh et Mgr Breynat. — Hôpital et école. — Les congés à Forl-Smilh. — Une gelée.

La mission montagnaise Saint-Isidore de Fort-Smith est le seuil du vicariat du Mackenzie. Établie par le P. Gascon, qui la visitait du Grand Lac des Esclaves, elle eut pour premier missionnaire résidant, en 1883, le Père Joussard, aujourd’hui évêque coadjuteur de Mgr Grouard.

Fort-Smith, situé au pied des derniers rapides infranchissables à la navigation vers l’océan Glacial, est l’entrepôt nécessaire des voies fluviales de l’Alberta et du Mackenzie. Les pouvoirs hydrauliques que constituent les 35 kilomètres de ses rapides feront, d’autre part, de Fort-Smith, la base des exploitations industrielles principales de l’Extrême- Nord.

Cette perspective ne pouvait échapper au regard du premier pasteur du Vicariat, et c’est pourquoi Mgr Breynat voulut doter Fort-Smith d’un hôpital et d’une école.

L’hôpital fonctionne depuis 1914, et Yécole depuis 1915 aux mains des Sœurs Grises.

Les fondatrices, Révérende Mère Léveillé, provinciale et supérieure locale, Sœurs Fortin, Gadbois'etBeaudry, celle-ci

bientôt remplacée par Sœur Jobin, arrivèrent aux premières vêpres de la Saint-Jean-Baptiste. La construction de l’hôpital était à peine commencée. Un appentis étroit fut la demeure provisoire des sœurs. Un malade venu trop tôt dut se contenter de la chambre de Monseigneur, au presbytère. Mais la scierie mécanique de Résolution avait fait bonne besogne : les planches étaient prêtes, et les travaux, sous la direction du Frère Josso, allèrent bon train.

Le 24 août, les sœurs prirent possession de l’édifice actuel, destiné lui-même à devenir l’aile droite d’une grande construction. Le Père Mansoz, supérieur de la mission, y célébra la première messe, le 8 septembre, fête de la Nativité de Marie, et, le 31 décembre, il écrivait dans son journal :

« Que Dieu soit à jamais béni de nous avoir donné de mener à bonne fin l’achèvement de l’hôpital, dont la belle œuvre est comme le point de départ d’une ère de prospérité et de bénédictions pour la mission de Fort-Smith. »

L’hôpital a continué de s’agrandir avec le nombre de ses malades et l’accroissement de ses ressources L

Auprès de l’hôpital, se dressa bientôt une jolie petite école.

Elle fut littéralement envahie, le jour de son ouverture, 6 septembre 1915, à la surprise de tous ceux qui connaissent l’apathie indienne. Protestants et catholiques y accourent au premier son de la cloche, même par les cin-

1. L’un des principaux ouvriers de l’hôpital de Fort-Smith fut Isidore Mercredi, ancien élève du couvent du lac Athabaska, et devenu menuisier accompli, à l’école du célèbre Frère Ancel, O. M. I.

L’hôpital a compté, pour sa première année : 1 582 pansements, 1 642 prescriptions du médecin ou de la Sœur infirmière, 578 visites à domicile et 6 opérations chirurgicales. Il n’y eut que 2 décès.

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