‹ Femmes héroĭquesChapitre 20 sur 45 · AUX RAPIDES DE FORT-SMITH · texte numérisé non relu

AUX RAPIDES DE FORT-SMITH

quante et soixante degrés de froid qu’enregistre parfois le thermomètre de Fort-Smith 1.

Et même — va-t-on le croire? — il arriva à Sœur Gadbois, en l’honneur du premier centenaire des Oblats de Marie Immaculée, le 25 janvier 1916, de poser la question que maîtres et maîtresses de tous les temps et de tous les pays posèrent sans doute quelquefois, la veille des soient nités :

« — Que voulez-vous pour demain, mes enfants, car c’est grande, grande fête : la classe ou un congé?

— La classe, ma sœur, la classe ! ! ! »

Et le cri venait de l’âme. Depuis, l’institutrice, à qui il n’est pas défendu de tenir aux congés plus que ses élèves, se garde de parler de la sorte. Elle ordonne :

« — Demain, ce sera congé. »

Et les petites têtes brunes de s’incliner par résignation. Le temps redouté, honni à Fort-Smith, est donc celui des vacances. Oyez, petits Français.

Ajouterons-nous, pour citer une épreuve, que durant l’automne, l’hiver et le printemps 1915-1916, les religieuses et religieux de Fort-Smith furent privés de pommes de terre, ce pain du pauvre? Une gelée profonde de septe les avait atteintes dans le sein du sol. Saint-Joseph du Grand Lac des Esclaves, mission voisine, à 300 kilomètres, qui en était largement pourvue, ne put trouver qu’au bout de neuf mois et quelques jours le moyen d’en faire parvenir aux affamés, ses voisins.

1. A Fort-Smith, Résolution, Simpson et Aklavik, le gouvernement a confié aux sœurs ses postes de météorologie. Elles consignent chaque jour leurs observations et en dressent des rapports périodiques fort appréciés.

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