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CHAPITRE IX

Au cœur du Mackenzie

1916. — Simpson. — Ancienne « Babylone du Nord ». — La fondalion. — Naufrage du dispensaire. — Mort du Père Ducot, bienfaiteur des Sœurs Grises. — Impressions d’une jeune missionnaire. — Une église. — « Il régnera ».

Fort Simpson a été dénommé, selon les points de vue, le cœur du Mackenzie, la Babylone du Nord, la citadelle du protestantisme.

Cœur du Mackenzie, Simpson l’est par sa situation centrale, de Fort-Smith à l’océan Arctique. Il l’est aussi par son grandiose emplacement, au confluent de la rivière des Liards, qui descend du sud-ouest par un cours plus impétueux que celui du grand fleuve Mackenzie même, et qui apporte à Simpson les pelleteries des Forts Liard et Nelson.

Ces raisons décidèrent, dès le commencement, la Compagnie de la Baie d’Hudson à établir, à Simpson, la tête de son « district Mackenzie ». Là, se succédèrent des bourgeois, dont beaucoup furent justes et libéraux, mais dont plusieurs n’honorèrent pas toujours la haute administration, digne, celle-ci, du titre d’Honorable, que se décerne la Compagnie. De tous les désordres que favorise l’éloigne-

ment de la civilisation, on n’en imaginerait guère qui n’aient eu Simpson pour théâtre. Le protestantisme occupa ses flèches à viser les missionnaires de la vérité et de la justice plutôt que ces déportements. De là vinrent les noms : de Babylone et de citadelle de l’erreur.

C’est en 1858 que le Père Grollier alla y porter l’Évangile. Il eut la sainte inspiration d’appeler Simpson : la mission du Sacré-Cœur de Jésus.

Voici que le divin Cœur triomphe en effet. Les tristesses, les déceptions, la persévérance si longtemps inconsolée de tant de missionnaires portent enfin leurs fruits. La religion véritable a gagné presque tous les sauvages. Il ne reste qu’à les parfaire.

Peut-être, d’autre part, Simpson deviendra-t-il centre commercial et ville considérable. Le Sacré-Cœur y trouverait alors le Montmartre arctique de son règne.

A ce règne, les Sœurs Grises travaillent depuis 1916.

En 191 1, le gouvernement canadien instituait, à Simpson, une agence indienne chargée de pourvoir aux intérêts des sauvages et de représenter devant eux l’autorité suprême du pays. M. Gérald Gard fut le premier agent de ce régime.

Avec une loyauté d’esprit et de cœur qui n’a jamais dévié, et tout à l’honneur de nos frères séparés qui sont de bonne foi, M. Card se dévoua à la cause du bien et se déclara l’ami du prêtre. En 1912, croyant le temps venu, il entra en pourparlers avec le Père Andurand, supérieur de la mission, au sujet d’un hôpital général pour les indiens Esclaves, Peaux-de-Lièvre et Loucheux du bas Mackenzie. Lors de son passage, en juillet suivant, Mgr Breynat approuva le projet et en accepta les charges. En 1914, Sa Grandeur fixa définitivement l’emplacement et, durant l’été, les Pères Andurand et Moisan, le Frère Kraut et M. Ouellet, jeune et aimable charpentier canadien, jetèrent les fondations d’un édifice à trois étages et de quarante pieds

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