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uontite, à 1 Exposition missionnaire du Vatican en 1925.
La sève apostolique
fructueuses que celles des solitudes du Nord, où rien ne distrait, dans cette retraite que remplissent la présence et l’amour du divin Maître? Aussi quels élans à 1 louchai istio s’échappent de leur plume, lorsqu elles racontent a la maison-mère les événements de leur vie ! Une enfant de Montréal, Sœur Galipeau, venait de mourir au Mackenzie, couvent de la Providence, le 27 juin 1893. Sa supérieure rapporte ainsi ses sentiments intimes :
«Administrée le 28 mai, dernier samedi du mois de Marie, voyant pleurer les sœurs, elle pleura aussi. On lui représenta que ce n’était pas à elle de s affliger ainsi, puisqu’elle allait bientôt entrer dans la vie bienheureuse.
« — C’est bien vrai, répondit-elle ; mais pour aller au ciel il me faut vous quitter. Ah! si nous pouvions partir ensemble !...
« Son unique désir fut celui de la communion. L’état de sa gorge, gagnée par le mal qui l’emportait, menaçait de 1 en empêcher. Un docteur en route pour le Klondyke passa. Son verdict fut que la malade ne tarderait pas a partir pour le ciel. 11 le lui dit ; c’était une bonne nouvelle.
« — Mais en attendant, répliqua-t-elle, ne pourriez-vous pas soulager ma gorge que je puisse communier?
« Communier, pour apprendre à mourir, était devenu sa seule prière. Grâce aux remèdes du docteur, elle en eut jusqu’au bout le bonheur. C’est deux heures après cette divine et puissante consolation qu’elle s endormit pieusement dans le Seigneur. »
Près de Jésus-Hostie, la divine Mere, la 1 res Sainte Vierge Marie, veille aussi sur ses enfants. Elle leur envoya, des Pyrénées à la Providence, sa statue blanche et bleue de Lourdes, par une voie merveilleuse. Le précieux colis venait d’arriver au lac Vert situé au sud de l’ Ile à la Crosse,
FEMMES Il/îROlQUES.
quand éclata la guerre de 1885. Les sauvages et les métis païens se ruèrent sur le dépôt des missions et le saccagèrent sansj.merci/Un coup de hache s’abattit sur la caisse contenant la statue, et l’ouvrit, entaillant légèrement la figure de la vierge. A la vue de « cette femme couchée dans ce cercueil », les vandales épouvantés prirent la fuite. Un sauvage catholique restitua la sainte image. Cette statue de 1 Immaculée-Conception, qui sourit encore dans la chapelle de 1 hôpital du Sacré-Cœur à Notre-Dame de la Providence, et un ciboire, furent les seules épaves sauvées du pillage l.
Et saint Joseph, le grand pourvoyeur, que n’en dirionsnous pas ! Avec quelle confiance ne l’a-t-on pas invoqué, et invoqué encore, aux jours de peine ! Saint Joseph est personnage vivant et agissant dans les missions du Nord. De lui, on parle le plus naturellement, le plus familièrement, comme s’il était là, tout à côté, membre de la communauté et qu’il ne manquerait que de le voir. — « Saint Joseph a fait ceci ; saint Joseph a donné cela. — Tiens, c’est le temps de prier saint Joseph. — Allons, une neuvaine à saint Joseph ! » Les neuvaines au bon saint s’enchevêtrent parfois et se compliquent au point qu’il est bien le seul à s’y pouvoir reconnaître. Il va à la pêche, à la chasse, au jardin, au fond de l’eau. N’irait-on pas jusqu’à le mettre en pénitence, comme chez les Petites Sœurs des pauvres? Mgr Breynat l’a nommé officiellement premier procureur
1. La nouvelle de l’insurrection arriva aux sœurs l’année suivante. Elles 1 apprirent des sauvages qui, interrogés par elles au sujet de caisses ensanglantées qu ils débarquaient en les touchant avec une extrême répugnance, répondirent :
' ‘ C’est du sang qui vient de l’ Ile à la Crosse. On se bat par là-bas, et on tue des sœurs comme vous autres. »
On devine l’angoisse des religieuses, qui demeurèrent longtemps sous 1 impression de ce rapport, dont elles ne pouvaient déterminer l’exagétion.
LA SÈVE APOSTOLIQUE
vicarial, et Père Lefebvre le second. Des interventions de saint Joseph, le mot «miracle» ne se prononce pas tout haut, par respect pour l’Église qui se le réserve , mais les convictions sont faites. On le croit même capable de reproduire le prodige de la bonté compatissante, opéré un joui par Jésus pour la grande foule affamée qui le suivait, prodige renouvelé, comme nous l’avons narré, pai lintei cession de Mgr de Mazenod, au grand congé de 1864, chez les Sœurs Grises d’Ottawa h
Dans l’Extrême-Nord, cependant, ce n’est point tant au pain de froment, longtemps inexistant, que 1 on tenait qu’à la pomme de terre, « pain du pauvre ».
« Alhabaska , 8 septembre 1912. — L’an dernier, notre récolte de patates fut mince. On parla d’abord de rationner les enfants pour prolonger notre provision. Au bout de quinze jours, les patates pourrissaient tellement dans la cave qu’il fallut en faire le triage complet. Mieux vaut ne pas les ménager alors, pensa-t-on ; quand il n y en aura plus, on s’en passera. Mais non, saint Joseph n est pas dans la cave pour rien ; il s’agit non seulement de garder, mais de pourvoir au besoin. Ainsi fut fait, de part et d autre, puisque tout notre personnel a été servi de patates trois fois par jour jusqu’au commencement de septembre, et qu elles étaient meilleures que jamais à pareille époque. Merci à notre cher pourvoyeur. »
Jamais peut-être la confiance des missionnaires du Mackenzie en saint Joseph ne fut plus justement exprimée que par une petite sœur converse, née en ces pays. 11 s’agissait du fait merveilleux des cent trois caribous [ rennes) que nous avons conté ailleurs * 2. Tout 1 orphelinat, enfants, sœurs, pères et chiens, — allait périr de faim si saint Joseph n’envoyait pas « cent caribous, pas un de
Voir chap. IV.