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CHAPITRE IV

Dans FExtrême-Nord

1867. — Athabaska-Mackenzie. — Mgr Faraud et les Sœurs Grises. — Prodige d’une multiplication des pains par Mgr de Mazenod. — L’étonnement de Mgr Grouard. — - Immensité. — Sauvages Dénés et Cris. — Dénuement. — • — Les secours du dehors. — Les ouvriers et les ouvrières du dedans. — Les canards de Sœur Gabrielle. — La fin d’une pêche.

Il y avait vingt-trois ans que les Sœurs Grises se dépensaient à la Rivière-Rouge, et six ans qu’elles avaient occupé par le lac Sainte-Anne, l’ Ile à la Crosse et le lac la Biche, les régions qui forment aujourd’hui l’Alberta et la Saskatchewan, lorsque s’ouvrit à leur dévouement le territoire compris entre le cinquante-cinquième degré de latitude et l’océan Glacial arctique, immensité connue sous le nom d’ Athabaska-Mackenzie.

Détaché, en 1862, de la juridiction de Mgr Taché, archevêque de Saint-Boniface, le vicariat d’Athabaska-Macken zie fut confié à Mgr Faraud. Administrateur admirablement doué, Mgr Faraud établit son vicariat sur des bases qui le soutiennent encore.

En 1891, Mgr Grouard succéda à Mgr Faraud.

En 1901, la division du vicariat fut décidée. Mgr Grouard gardait l’Athabaska et Mgr Breynat recevait le Mackenzie.

L’Extrême-Nord possède aujourd’hui six couvents de Sœurs Grises, cinq dans le Mackenzie et l’autre dans l’Athabaska. Ces couvents forment, depuis 1915, la province réguière du Mackenzie.

Or, ce fut dès les commencements du vicariat d’Athabaska-Mackenzie qu’apparurent dans ces glaces les sœurs missionnaires.

Le premier acte de Mgr Faraud avait été de solliciter leur dévouement. Il l’avait obtenu aux conditions passées autrefois entre Mgr Taché et la Supérieure générale : « Ensemble nous prierons, nous travaillerons et nous jeûnerons. »

Il est juste de dire qu’à cette date les Sœurs Grises venaient de recevoir directement du ciel comme une preuve qu’elles étaient sous bonne garde chez les fds de Mgr de Mazenod et qu’elles y seraient préservées de mourir de faim.

Mgr de Mazenod, fondateur des Oblats de Marie Immaculée, mort en odeur de sainteté le 31 mai 1861, avait, en effet, le 12 septembre 1864, opéré le prodige d’une multiplication des pains, en faveur des Sœurs Grises d’Ottawa, à l’occasion d’une promenade.

Les Sœurs Grises de la Croix d’Ottawa, fdles de la Mère d’Youville comme celles de Montréal, régies par les mêmes constitutions essentielles, cultivent pareillement l’esprit missionnaire L Plusieurs d’entre les premières étaient venues à la Rivière-Rouge avec leurs compagnes de Montréal. La branche d’Ottawa devait, en 1886, entreprendre une mission d’Abénakis ; mais son grand effort missionnaire chez les sauvages était destiné à se déployer, en 1902, à Albany, sur la côte de la Baie James, éternellement battue par les vents glacials du Nord.

On trouvera, à l’annexe A-II, un tableau de leurs œuvres.

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Les Sœurs Grises d’Ottawa, relevant directement de Mgr Guignes O. M. I., premier évêque de la future capitale, ont été constamment dirigées par des Oblats. A l’école de ces missionnaires, elles ont pratiqué affectueusement le culte du vénéré Fondateur. Elles le priaient, dès les débuts, dans le secret de leur cœur, comme on prie les saints. L’une des formes de cette dévotion privée des Sœurs Grises de la Croix à Mgr Charles-Joseph-Eugène de Mazenod fut bientôt d’échanger leur nom contre l’un des siens. Il y avait, à l’époque de la multiplication des pains, une sœur Saint-Charles, une sœur Saint-Joseph, une sœur Saint-Eugène. Le nom « de Mazenod » même restait à prendre. Beaucoup le revendiquaient. Une jeune postulante, Sœur Major, se montrait la plus obstinée à vouloir qu’on le lui impose, le jour de sa vêture.

Le 12 septembre 1864, en la fête du Saint Nom de Marie, la Révérende Mère Bruyère 1, supérieure générale, donna grand congé à toutes les religieuses habitant la maisonmère. Professes, novices, postulantes, toutes gagnèrent à pied la campagne lointaine, pendant qu’une voiture emportait les provisions de la journée. Il y avait un peu de viande, quelques biscuits, des radis, du beurre et de l’eau claire. Le plat de résistance devait être le pain. Mais de ce pain on n’avait mis que quatorze miches d’environ quatre livres chacune et coupées en morceaux selon l’usage. Le pain, ainsi préparé et jeté sans ordre dans le panier, montait à « environ quatre doigts en deçà du bord ». La Sœur Aurélie, réfectorière, déclara :

« — Certainement, il n’y aura pas assez de pain pour le dîner à midi ; mais nous pourrons en envoyer chercher par un second voyage. »

La gaieté, la marche, l’air vif de l’automne canadien avaient attisé les appétits, et, à peine arrivées au bois

1. C’est la Mère Bruyère qui, en 1845, avait conduit la première caravane des Sœurs Grises de Montréal à Ottawa ( Bylown . alors).

Mac Kay, des sœurs se jetèrent sur les vivres pour y prélever un acompte. Sœur Aurélie s’alarma :

« — Mes sœurs, soyons plus raisonnables, il n’y aura pas assez de pain pour le dîner, et le charretier ne fera pas un second voyage ! »

Mais la Mère générale, prévenue, permit quand même de « croquer le pain » à discrétion. Cependant, devant la détresse de la pauvre réfectorière, la Révérende Mère fit remarquer que la méditation du matin portait sur la multiplication des pains par Notre-Seigneur et elle ajouta, en riant :

« — Qui sait? Si vous avez bien de la foi, il y aura peutêtre multiplication du pain. Laquelle d’entre vous se charge de le faire multiplier ?

— Cela vous revient, ma Mère, répondit la maîtresse des novices. »

A ce moment, Sœur Thibodeau, une ancienne, s’avance et fait part des inquiétudes de Sœur Major à la Mère générale :

« — Eh bien ! ma petite sœur, dit celle-ci à la postulante, si Mgr de Mazenod fait un miracle aujourd’hui vous aurez son nom... Vous entendez toutes : Sœur Major aura le nom de Mgr de Mazenod s’il y a autant de pain après le dîner qu’il y en a maintenant... Mangez tant que vous pourrez, ne vous gênez pas, mais priez et ayez de la foi. »

Quarante-sept religieuses affamées se mirent à table. Les petites portions de viande disparurent bien avant la fin du repas, et le pain, le bon pain frais du Canada, reçut à satiété les coups de dents.

Après les grâces, trois sœurs découvrirent le panier. On les vit pâlir ensemble : le panier leur apparaissait plus rempli qu’au départ d’Ottawa. La joie de toutes pouvait à peine se contenir. Mais la Mère Bruyère prononça :

« — Comme le panier a été bouleversé, c’est peut-être cela qui fait paraître la quantité aussi grande qu’aupara-

DANS L’EXTRÊME-NORD

vant ; continuez donc à en manger tant que vous voudrez ; s’il en reste ce soir, il y aura miracle.

Mais voilà Sœur Major en désespoir :

« — Mgr de Mazenod, s’écrie-t-elle, n’est pas obligé de faire un second miracle. La multiplication du pain avait été demandée pour le dîner et non pour toute la journée ! »

Et elle suppliait tout le monde de ne plus manger. Mais la Mère générale insista :

« — Si Mgr de Mazenod tient à faire un miracle, il le fera en entier ; priez et ayez de la foi. »

Tandis que Sœur Major priait avec les novices et des professes, un repas supplémentaire de pain, le goûter, fut servi. Chacune se régala encore.

Au souper, les quarante-sept sœurs des premiers repas et six nouvelles arrivées s’en reprirent au cher pain.

Toutes, ensuite, se rendirent au panier. Celui-ci parut à la plupart « n’avoir pas encore diminué ». La Révérende Mère dit alors :

(i — J’ai le coup d’œil assez juste, il me semble qu’il a baissé un peu, pas beaucoup. »

Sœur Major avait gagné son nom chéri. Il lui fut promis. Le Laudate et le Magnificat éclatèrent autour du panier merveilleux.

A la maison-mère, le soir, l’on remplit seize corbeilles de treize morceaux chacune avec le pain rapporté. A la demande des religieuses, il fut donné aux pauvres. Plus tard, la Supérieure générale, voulant avoir l’idée de ce qui avait été mangé aux trois repas de la campagne, fit couper quatorze autres miches de la même manière que celles du 12 septembre. Lorsque les seize corbeilles en furent garnies, on ne compta plus au fond du même panier que quaranteneuf morceaux, « quantité bien insuffisante, même en temps ordinaire, pour un seul repas ».

L’enquête de Mgr Guigues démontra que deux cent

quatre-vingt-six morceaux, à tout le moins, avaient été miraculeusement produits L

Le 24 octobre 1865, plus d’une année après ce « fait merveilleux », la Rév. Mère Bruyère écrivit au T. R. Père Fabre, successeur de Mgr de Mazenod, au poste de supérieur général :

« Quel bonheur pour nous d’avoir Mgr de Mazenod pour notre Père et notre Protecteur ! Quel grand bonheur encore pour le Canada où il est déjà connu ! C’est étonnant que malgré nos épreuves, malgré que nous ayons tenu cachés la multiplication des pains et les autres grâces obtenues, la dévotion à Mgr de Mazenod s’est répandue à Québec, à Montréal, Trois-Rivières, Plattsburg, Ogdensburg, etc... »

Ce n’était point, nous le comprenons, aux Sœurs Grises de Montréal que le « prodige » du pain multiplié devait être caché. Elles en bénirent Dieu et livrèrent leur confiance au Père nouveau du Ciel, décidé à veiller sur elles en même temps que sur ses Oblats, les seuls prêtres qui, à l’heure de nos lignes, aient encore paru dans les solitudes de cet Extrême-Nord, où les Sœurs Grises, leurs uniques collaboratrices, se rendaient il y a soixante ans.

Les fondatrices du Mackenzie partirent de Montréal le 17 septembre 1866. Elles ne devaient arriver au Fort Providence que le 28 août 1867.

1. Les sœurs, en effet, avaient emporté, au plus, 257 morceaux ; elles n’avaient pu en consommer moins de 335, affirment les serments les plus scrupuleux ; elles en avaient rapporté 208. Nous prononçons le mot «miraculeusement » avec toute l’humble soumission de notre esprit au jugement de l’Église, approuvant ce qu’Elle approuve, réprouvant ce qu’Elle réprouve. De même, usons-nous des appellations de « sainteté », au sujet de Mgr de Mazenod et d’autres personnages de ce livre, sous toutes les réserves que prescrivent les saints Canons.

La cause de Mgr de Mazenod fut commencée en 1926, centenaire de l’approbation de sa Congrégation par Léon XII. Elle marchera de pair avec celle, commencée aussi, de Mgr Grandin et celle, introduite, du Père Albini,

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Nous entendions dernièrement, au cours d’une conversation familière, Mgr Grouard s’écrier :

« — Quand j’ai appris, là-bas, à La Providence où j’étais, on peut bien dire au fond du Mackenzie, au bout du monde, que les Sœurs Grises allaient venir, je me suis dit : Quelle audace ! Mais n’est-ce pas comme tenter Dieu ! Comment ! De pauvres femmes quitter tout d’un coup leur couvent de Montréal, pour s’en venir dans ces pays perdus, chez des sauvages dont la conversion est à peine entamée ! Mais arriveront-elles jamais? Supporteront-elles ces hivers épouvantables, sans pain, sans rien? Nous autres, les hommes, on se réchappe encore, en tuant un lièvre, un rat musqué... Mais des sœurs ! Alors qu’on a vu des explorateurs, si bien approvisionnés pourtant par leurs gouvernements, réduits à manger leurs « engagés »... Eh bien, elles sont venues, et elles ont vécu, et voilà qu’on a fait, il y a dix ans déjà, leur jubilé, à La Providence. Vraiment le bon Dieu a été avec elles ! »

Cette réflexion du vénérable évêque exprime sans doute les questions que se pose le lecteur : Dans quel pays se sont-elles exilées? — Quels sauvages y ont-elles évangélisés? — Quels moyens de subsistance y ont-elles trouvés?

A ces questions ce chapitre va répondre. La lumière en éclairera ce que nous exposerons ensuite des fondations successives dans l’Extrême-Nord.

Le pays où sont allées les sœurs missionnaires de l’Extrême-Nord contiendrait cinq fois la France. Le seul fleuve Mackenzie, dont le débit moyen s’évalue à cinq cent mille pieds cubes par seconde, arrose un bassin de 677 400 milles carrés. Ce pays est fermé, durant ses huit mois de glaces, à tout commerce avec le monde civilisé. D’octobre à juin, les rivières et les lacs, uniques voies praticables, sont immobilisés. De rares traîneaux à chiens,

qu’il faut charger le moins possible, relient alors les quelques habitations groupées en localités appelées Forts, par distances de cinquante à deux cents lieues 1.

Jadis, un objet, fût-il de première nécessité, ne mettait pas moins d’une année à atteindre sa destination de l’Athabaska-Mackenzie. Deux ans s’écoulaient ordinairement, pour les missions les plus éloignées, entre le départ de la lettre de demande et l’arrivée de l’article désiré. Les achats se faisaient alors en Europe. Un retard du courrier, ou une négligence de la « Compagnie de la Baie d’Hudson », laquelle, à grands frais, se chargeait des transports, portaient facilement à trois ans ce délai. Et combien péniblement se doublait l’attente, lorsque les lettres étaient perdues ou qu’un naufrage survenait !

Les sauvages disséminés dans les bois du Mackenzie, et dont les Sœurs Grises de Montréal sont devenues les mères, appartiennent à la grande famille des Dénés. Quelques Cris des bois fréquentent aussi le couvent du lac Athabaska.

La grande famille des Dénés ( Hommes , ainsi se nommentils eux-mêmes) s’est partagée, de temps immémorial, entre le nord et le sud de l’Amérique septentrionale, enclavant de la sorte, sans se mêler à elles, les autres familles indiennes. Les divisions « les plus populeuses des Dénés se trouvent dans le sud des États-Unis, où elles sont connues sous le nom de Navajos et d’Apaches ». Ce que nous disons ici

1. Le tort, qui n’eut jamais de guerrier que le nom, en nos régions arctiques, comprend les résidences des commis représentant les diverses compagnies pour l’achat des fourrures, la mission, et plusieurs maisonnettes où oges d indiens et métis. Ce mot, officiellement aboli depuis quelques années, reste attaché au langage de ceux qui ont vécu la grande vie du Nord A ce titre, conservons-le.

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des Dénés du Nord montre de combien ils l’emportent sur leurs frères du Sud.

Les Dénés du Nord comprennent les Monlagnais, depuis le lac Athabaska jusqu’au Grand Lac des Esclaves ; les Esclaves , tributaires du Grand Lac des Esclaves (ouest) et du fleuve Mackenzie jusqu’à Simpson ; les Peaux-de-Lièvre , échelonnés sur le cours inférieur du Mackenzie, et formant Norman et Good-Hope ; les Loucheux, vers le delta du fleuve ; les Plats-Côlés-de-Chien (ou Flancs-de-Chien), voyageant du Grand Lac des Esclaves (nord-est) au Grand Lac de l’Ours, avec le Fort-Rae pour base ; les Castors, tribu à peu près éteinte aujourd’hui, sur la rivière La Paix. Quant aux Mangeurs de Caribous du Fond-du-Lac (Athabaska) et aux Couteaux- J aunes du Grand Lac des Esclaves (est), ils sont de souche montagnaise.

Chacune de ces tribus est représentée par quelques enfants, dans les institutions des Sœurs Grises. Avec un peu d’attention, on ne tarde pas à en distinguer les traits caractéristiques, dans les groupes qu’ils y forment. La note frappante serait que plus les sauvages descendent vers le nord, plus ils paraissent vifs, rieurs, ouverts, affectueux.

De toutes les races indiennes d’Amérique abordées par les missionnaires, la plus sympathique semble être celle des Dénés nordiques. Le paganisme leur imposa assurément des pratiques inhumaines que la religion dut combattre ; et, même après quatre-vingts ans d’évangélisation, les traces du règne de Satan n’ont-elles pas été entièrement effacées ; mais les Dénés furent trouvés de tout temps plus droits, plus pacifiques et plus religieux que les Cris, leurs voisins. Les missionnaires attribuent cette supériorité morale des Dénés à leur vie nomade, presque exclusivement familiale, isolée par conséquent des occasions du mal, et aux privations continuelles qu’ils ont à endurer et qui sont un frein toujours efficace aux appétits pervers, même si elles ne sont ni recherchées ni aimées. Les Dénés reçurent avec joie le

prêtre, messager d’un Dieu, pauvre comme eux, souffrant et mourant pour eux.

Leurs défauts dominants, à l’arrivée des missionnaires, étaient la polygamie et la cruauté envers les femmes et les enfants. Ils n’étaient fiers que de leurs garçons. « Ma fille » et « mon chien » se rendaient par la même expression en montagnais. Frapper journellement les épouses, les faire jeûner, les accabler de fardeaux, même tuer les petites filles, ne passaient pas pour de mauvaises actions. Le christianisme eut assez tôt raison de cette barbarie. Les vices les plus réfractaires seraient la susceptibilité, la poltronnerie, un bavardage impitoyable, la mendicité importune et l’imprévoyance dépensière.

La difficulté du combat fut de disputer ces Indiens au protestantisme. Tâche redoutable pour des apôtres, si peu nombreux et si pauvres, placés en concurrence avec des prédicants grassement sustentés par leurs sociétés bibliques, et jouissant des faveurs de maints officiers subalternes de la Compagnie de la Baie d’Hudson, reine de ces contrées.

Les sauvages du Mackenzie, à l’exception de fragments de tribus, trop rejetés dans la profondeur des forêts, ont entendu et suivi l’appel de l’Évangile.

C’est à leurs enfants et à leurs malades que les Sœurs de Charité sont venues ouvrir leurs couvents.

Mais ces couvents, il faut les bâtir ; ces enfants, ces infirmes, il faut les nourrir, les vêtir, les réchauffer, les guérir ; les Religieuses elles-mêmes doivent trouver la subsistance, si maigre soit-elle, de leur vie sacrifiée, et cela dans le plus dénué des pays du monde.

Là est le problème, le seul. Comment le résoudre ?

Avant tout, qu’il soit bien compris que le secours ne doit pas être attendu du côté des populations auxquelles se

La résidence de l’ Indien très pauvre. (Tribu des Esclaves.)

Tribu des Plats-Côtés-de-Chiens en voyage, campée au bord du Grand Lac des Esclaves. (Fort Raë.)

Habillée en peau de lïèvrf,

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