‹ Femmes Poetes BretonnesChapitre 21 sur 46 · LA CLOCHETTE DES ROGATIONS · texte numérisé non relu

LA CLOCHETTE DES ROGATIONS

Au bruit de la clochette Tintant près du buisson, Gazouillent la fauvette Et le joyeux pinson.

Mille plantes vermeilles, Blanches, jaunes, carmin.

Etalent leurs corbeilles Sur le bord du chemin.

La goutte d'eau qui brille ^ D'éclat toujours changeant, D'un pur reflet scintille Devant la croix d'argent.

L'insecte ému bourdonne Son hymne matinal, Et le ruisseau résonne^ En roulant son cristal.

MADAME HARELLE ou HAREL

MADAME HARELLE ou HAREL

MADAME Harelle OU Harel, née à Nantes en 1780, est morte à Paris, le 28 juillet

Un an après sa mort, on a publié d'elle quatre volumes, intitulés Branches de bruyères bretonnes. Paris, i835, Charles Lachapelle, éditeur.

Ces volumes sont ornés de lithographies :

la première représente le portrait de M°»« Harel sur la fin de sa vie ; sa physionomie est fine et mélancolique ; elle est coiffée d'une fanchon de dentelle sous un chapeau ; elle porte une robe plissée avec collerette et ceinture à large boucle.

N'ayant pas à nous occuper de prose, nous passons sous silence ses nouvelles, mais la dernière, intitulée Gilles de Laval ^ est suivie d'un petit poème, d'une centaine de vers, qui relate un voyage poétique à ce site sauvage des bords de TErdre désigné sous le nom de Bois de Barbe-Bleue. Nous n'avons pu nous procurer que ce fragment :

Au mât suspendue^ La voile est tendue, L'esquif est paré, La rame s*élance Et frappe en cadence, D'un coup mesuré ;

L'onde qui tournoie, Scintille et flamboie Aux feux du soleil, Et la digitale Sur la rive étale, Son bouquet vermeil ;

Sur le sol champêtre.

Du chêne et du hêtre,

MADAME HARELLE 85

Du saule argenté Se projette l'ombre Et leur abri sombre Tempère l'été.

Page 1