I. Revue de Bretagne^ de Vendée et d'Anjou^ juillet
MADAME RIOM f3f
sens que vous êtes noble aussi de cœur, et j'affirme que vous êtes poète. »
Madame Rîom appartient à l'école de Lamartine et Ton pourrait porter sur elle ce jugement de Charles Nodier sur Turquety et dire : « Ce qui la distingue, c'est que sa poésie est animée par une foi pure et une conviction profonde. Ce n'est plus l'élan indéfini d'un spiritualisme admiratif qui honore Dieu dans ses œuvres, mais sans savoir à quel Dieu inconnu il doit porter ses hommages; c'est l'hymne exhalé aux autels du Christianisme et tel qu'il a été recueilli par Klopstock dans les concerts mêmes des Anges. »
Mais Madame Riom n'est pas seulement bonne chrétienne, elle est encore bonne patriote : elle joint à son amour pour le Christ et son Eglise celui de la Bretagne, dont elle a narré en prose * la lutte pour l'indépendance et qu'elle a souvent chantée en beaux vers.
Mais bien que Madame Riom réussisse à mer-
I. Michel Marion, roman, dont le héros est emprunté à une étude historique de M. Arthur de la Borderie.
l32 LES FKMMES POÈTES BRETONNES
veille dans la poésie religieuse et patriotique, ce n^est pas là, à notre avis, le côté le plus original de son talent; où elle triomphe, c^est dans la peinture des sentiments qui agitent* Pâme de la jeune fille, de Fépouse et de la mère, dans Après V amour et sunout dans Passion.
Rien n'est plus juste que l'appréciation de Jules Janin, sur ce dernier livre : « Louise d'Isolé écrit des vers brûlants, mais chastes; elle aime, elle est aimée; elle pleure, elle prie.
« Ami, vous le save^, de vous mon âme est pleine. Sous le regard de Dieu je la porte avec peine; Un seul souffle, un rayon la ferait déborder. Ah I passer sans rien dire et sans me regarder! »
La Société nationale d'encouragement au Bien et la Société Académique de Nantes ont couronné Fauteur de Michel Marion et de Routes croisées.
Madame Riom est officier d'Académie.
Dominique Caillé.
MADAME RIOM l33