‹ Femmes Poetes BretonnesChapitre 33 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

Que votre lettre est triste!... Oh! dites-moi, quel charme Trouvez-vous à pleurer ainsi nos longs adieux ! Pas un mot d'espérance, ami, partout des larmes Sortent de votre cœur pour entrer dans mes yeux !

« Sur la terre d'exil, humide et désolée,

(( La neige, dites-vous, tombe depuis trois jours :

« Son linceul frissonnant a couvert la vallée, w

Et vous dites : o Encore !... Elle tombe toujours !!! »

Ces mots sont comme un glas répétant dans l'espace De moment en moment ses trois lugubres coups ; Je vois de loin, je sens ces frimas, cette glace : Le soleil brille ici, mais j'ai froid avec vous.

Vous avez admiré cette toile émouvante De notre Ary SchefFer, où le brouillard neigeux Enveloppe et pâlit la Francesca du Dante ?

Eh bien, votre récit la retrace à mes yeux...

MADAME RIOM l35

Oui, ce chef-d'œuvre semble animer cette page Que je relis encor. Quand vous m'avez écrit, Dites, y pensiez-vous ? Oh ! reprenez courage ; Hélas! le ciel rayonne et le printemps sourit!

u Je ne la verrai plus, mais qu'elle soit heureuse ; « Seigneur, tout ce bonheur que j'osais espérer, « Donnez-lui ! Devant nous la vie est ténébreuse ! « Tendez les bras vers elle, et laissez-moi pleurer!...»

Non, je n'accepte pas ces vœux, mais il me semble Que jamais votre amour ne s'est mieux exprimé ! M'aimiez-vousdonc autant, quand nous étions ensemble ? Méritiez-vous autant qu'aujourd'hui d'être aimé?

Quand un rameau fleuri touchera votre tête.

Quand de légers parfums, ou quelques chants bien doux, Viendront comme un oiseau dans votre cœur en fête, Fermez les yeux, c'est moi qui serai près de vous!

(Passion).

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