‹ Fénelon à Cambrai d'après sa correspondance, 1699-1715Chapitre 4 sur 25 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

["'éiielon à Caml)rni après la condamnation du livre des Maximes des Saints. — Sa vie. — Sa maison. — Ses amis. — Los trois abbéa. — Los jeunes neveux. — Madame de Montheron. — Visite de l'abbé Le Dieu.

« J'ai passé une jeunesse douce, libre, pleine d'études « agréables et de commerce avec des amis délicieux. J'entre « dans un état de servitude perpétuelle en terre étrangère. « Mais je serais bien fâché de tenir ni à ma santé, ni à ma « liberté, ni à mes amis, ni à aucune consolation. » Ces saroles mélancoliques, qu'une sorte de pressentiment arrachait à Fénelon en 1695, alors que rien ne pouvait faire prévoir sa disgrâce, sont comme un adieu adressé à la meileure portion de sa vie. Du jour, en effet, où le modeste abbé le Fénelon, qui jusqu'alors n'avait brillé à la Cour que par ses i^ertus et ses talents, fut devenu l'archevêque de Cambrai, lia tète d'un des plus grands évéchés du royaume, la destinée sembla se plaire à lui arracher une à une toutes les joies de sa i^ie.

Bien que, comme nous l'avons dit, nous ne nous occupions jue de la vie de Fénelon à Cambrai, il nous faut cependant 'ésumer en quelques mots son existence précédente et 'émettre ainsi dans la mémoire de nos lecteurs des faits qui eur sont connus, mais qu'il est nécessaire de rappeler briève-

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