I. Villemain, Notice su/- Fénelon
même de Dieu s'évanouit au milieu du tourbillon des plaisirs et se réduit à une vaine théorie qui ne dit rien au cœur et n'a aucune influence sur la morale. Mais quelle discrétion là encore. « L'éducation religieuse est répandue sur le tout, lit-on dans le Règlement de vie des jeunes princes ' et l'on songe bien plus à les rendre chrétiens par les sentiments vertueux qu'on leur inspire. . . que par des pratiques extérieures et pénibles qui ne produisent ordinairement d'autre effet, dans tous les enfants qui en sont accablés, que de leur donner, pour tout le reste de leur vie, de l'éloignement et quelquefois même de l'horreur pour la piété. »
Le duc de Bourgogne devint en peu de temps si fidèle à la grâce qu'il fit l'admiration de cette cour de Versailles, cependant si frivole.
« Les premiers jours du printemps, a dit Vauvenargues, ont moins de grâce que la vertu naissante d'un jeune homme. «
L'idée de Dieu se grava profondément dans son cœur. Un jour, raconte Fénelon, il voulait cacher ce quil avait fait : « Je le pressai de me dire la vérité devant Dieu. « Alors il se mit en grande colère et il s'écria : « Pourquoi me le demandez-vous devant Dieu ? Hé bien ! puisque vous me le demandez ainsi, je ne puis vous désavouer que j'ai fait telle chose. » Il était comme hors de lui par l'excès de la colère et cependant la religion le dominait tellement qu'elle lui arrachait un aveu si pénible.
La cérémonie de sa première communion fut l'objet