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de rédification de tous ceux qui le virent en ce jour. Et dès lors toute sa vie fut marquée par une piété sincère et profonde. Les mémoires'du temps rapportent « qu'il communiait au moins tous les quinze jours, avec un recueillement et un abaissement qui frappaient tous ceux qui en étaient témoins, et toujours en collier et en habit de l'ordre du Saint-Esprit «, comme pour rendre un hommage plus solennel à la grandeur du Dieu qu'il venait adorer.
M"'* de Maintenon pouvait écrire, traduisant les sentiments unanimes de la cour : « Depuis la première communion de M. le duc de Bourgogne, nous avons vu disparaître peu à peu tous les défauts qui, dans son enfance, nous donnaient de grandes inquiétudes pour l'avenir. Ses progrès dans la vertu étaient sensibles d'une année à l'autre : d'abord raillé de toute la cour, il était devenu l'admiration des plus libertins : il continue à se faire violence pour détruire entièrement ses défauts. Sa piété l'a tellement métamorphosé, que d'emporté qu'il était, il est devenu modéré, doux, complaisant : on dirait que c'est là son caractère et que la vertu lui est naturelle. »
La religion avait tellement brisé ce caractère dur, hautain, plein de lui-même « qu'on ne lui disait rien de ses défauts qu'il ne sentît et qu'il n'écoutât avec reconnaissance >). « Je n'ai jamais vu personne, ajoute Fénelon, à qui j'eusse moins craint de déplaire, en lui disant contre lui-môme les plus dures vérités : j'en ai fait des expériences étonnantes. »
Saint-Simon qui nous a si bien renseigné sur les défauts du jeune prince, fui si frappé du changement,
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qu'il en vit la cause dans la seule religion : « En très peu de temps, dit-il, la dévotion et la grâce en firent un autre homme et changèrent tant et de si redoutables défauts en vertus parfaitement contraires. »
Le duc de Bourgogne avait treize ans. Fénelon fut nommé à l'archevêché de Cambrai. Les Canons, alors comme aujourd'hui, permettaient auxévèques de quitter leurs diocèses trois mois par an. Fénelon pouvait ainsi surveiller l'éducation de son cher élève.
Un jour vint (1697) où Fénelon ne reparut plus à la cour, lors des affaires du Quiétisme. Le duc de Bourgogne, pour sauver son maître, se jeta aux genoux de Louis XIV. Dans la tendre émotion d'un cœur jeune, sensible et vertueux, il offrit, pour garSht des théories de son pieux professeur, la pureté des maximes que lui, son disciple, avait apprises à son école. Le roi fut touché de ce dévouement naïf et généreux, mais il fut inflexible. Quand on apprit au jeune prince que la doctrine de Fénelon était condamnée : « Celle qu'il m'a enseignée, s'écria-t il, ne le sera jamais '. »
Après la divulgation du Télémaqnc, Louis XIV irrité, raya lui-même Fénelon de la liste des officiers de sa maison. Ses lettres furent interceptées, la correspondance entre le duc de Bourgogne et son maître interrompue. Fénelon n'assista pas même au mariage de son élève avec la jeune Adélaïde de Savoie (1698).