‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 11 sur 122 · DE LA MODERNITÉ DH 1 ÉNELOX · texte numérisé non relu

DE LA MODERNITÉ DH 1 ÉNELOX

Plus hi religion vient de l'âme," plus elle gagne en spiritualité, plus .elle est elle-même et plus elle a de puissance d'irradiation.

« Dieu est espiit, il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité » (Ev. S. J., IV, 24).

Ce rôle donné au sentiment, cette sensibilité, pour tout dire, porte ombrage. Et l'on redouterait pour le tempérament français que l'on cultivât trop l'âme fénelonienne. " Une société, dit-on, gagnerait-elle à s'enthousiasmertrop exclusivement pouruneâme decette trempe ? Nous ne le pensons pas. . . Le jour où l'esprit français deviendrait trop fénelonien, l'âme de la nation aurait perdu de sa force. Elle gagnera plus au robuste bon sens et à la forte sagesse de Bossuet qu'aux sinueux caprices du génie de Fénelon '. »

Ce sont des phrases toutes faites et c'est la même erreur qui se- répète. Ces craintes existeraient si Fénelon n'était que sentiment ; mais quelle injure gratuite envers « cette haute raison », comme l'appelle Faguet. Quand le sentiment apparaît quelque part, je consens qu'il faille le surveiller, en religion comme en littérature, puisqu'il est plus exposé à errer que la raison. Mais pourquoi le redouter s'il ajoute une beauté et une grâce qui manquent à l'austère raison, et s'il augmente sa force ?

Je concède que l'intellectualisme est la forme véritable de la religion ; mais pourquoi la raison maîtresse incontestée négligerait-elle le secours que pourraient lui porter la sensibilité et l'amour ? « Il faut aller au vrai avec toute son âme. »

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