‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 115 sur 122 · I. Œ. C, VIII · texte numérisé non relu

I. Œ. C, VIII

Il n'est point rare d'entendre critiquer les idées politiques et mystiques de Fénelon : mais l'archevêque de Cambrai n'a point de détracteurs, il a forcé l'admiration du monde.

iMoins de deux mois après sa condamnation, il était en tournée épiscopale, prêchant, confessant, confirmant : « Divers besoins pressants de ce diocèse m'engageant à partir au plus tôt pour aller faire quelques visites, écrit-il le 28 avril 1699 '^ l'évèque d'Arras, cette occupation convenable au profond silence où je veux vivre, sera aussi consolante pour moi que j'ai eu de répugnance à écrire po-ur me défendre. »

L'archevêque de Cambrai était un grand seigneur. Les revenus de la mense s'élevaient à 200.000 livres, revenus aléatoires, il est vrai, qui rentraient difficilement. Le palais était magnifique. Le Dieu nous le décrit avec complaisance dans son Journal' . Mais tout cela si beau que ce fût, c'était une solitude. Sitôt qu'il y demeura les vietix murs tressaillirent. Une âme vibrante et vaillante remplissait le palais de son activité dévorante.

Dès le premier jour Fénelon ordonna sa vie comme s'il ne devait jamais quitter sa demeure. Il recevait tout le monde avec grâce et aménité. Il tenait sa maison simplement, mais savait user de magnificence dans les circonstances qui l'exigeaient. Econome, il faisait lui-même ses comptes avec une exactitude scrupuleuse, — ce n'était pas la coutume à une époque où il était de bon ton de

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