‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 119 sur 122 · Platon. Gorgias · texte numérisé non relu

Platon. Gorgias

action est contrainte, ses yeux, trop arrêtés, marquent que sa mémoire travaille et il ne peut s'abandonner à un mouvement extraordinaire sans se mettre en danger de perdre le fil de son discours. L'auditeur voyant l'art si à découvert, bien loin d'être saisi et transporté, hors de lui-même, observe froidement tout l'artifice du discours '. »

Tout cela est très juste. Mais comment arriver à ce degré de naturel où l'éloquence n'apparaît que comme une improvisation ou une conversation animée? C'est un idéal ; c'est le grand art et il est rare d'y atteindre ; car la plus forte objection qu'on puisse faire à la méthode fénelonienne sera la réunion si difficile de talent, de facilité, de connaissances et même de vertus qu'exigerait cette disposition habituelle à manier la parole sur toutes sortes de sujets, avec asse;^ de force, d'attraits et d'onction pour prouver, peindre ci toucher .

A bien examiner les choses de près, il semble que Fénelon en parlant ainsi, n'a pas eu en vue cette Eloquence de la chaire, dont il est permis de faire usage pour donner aux vérités de la religion une force entraînante et irrésistible ou pour exciter dans l'âme de profondes émotions. Il a sans doute voulu parler de ces instructions que les évêques et les pasteurs sont obligés de faire aux fidèles confiés à leurs soins.

En réduisant la question à ce seul objet, les maximes de Fénelon sont moins contestables. Tout ce qu'il dit du peu de fruit que le peuple recueille des sermons préparés avec trop d'art et d'étude; ses plaintes et ses

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