‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 15 sur 122 · Œuvres philosophique.!, p. 221, éd. Jules Simon · texte numérisé non relu

Œuvres philosophique.!, p. 221, éd. Jules Simon

QLioi qu'il en soit de ce rapprochement, il ne faut pas l'exagérer, et Fénelon ne suit pas Malebranche dans l'explication du « comment de l'action divine en nous ».

C'est Dieu, accorde Fénelon, qui foit par exemple que l'étendue est intelligible^ et c'est Dieu qui me donne une intelligence capable de la comprendre. Mais quand Malebranche ajoute que l'étendue intelligible est en Dieu, et que c'est par la vue de cette étendue intelligible en Dieu que nous voyons l'étendue iinie, ici Fénelon refuse de s'associer à ces hypothèses. Entre autres propositions périlleuses elles impliquent : qu'il y a en Dieu une certaine étendue et que Dieu produit incessamment en nous toutes nos idées comme toutes nos manières d'être, ce qui ne laisse plus de part à notre libre activité.

Fénelon pense comme Malebranche quand il dit que Dieu est l'objet immédiat de toutes nos connaissances univei selles; mais quand il écrit que l'individu créé est l'objet immédiat de nos connaissances singulières, il n'est plus d'accord avec Malebranche qui dit que c'est en Dieu que nous voyons les ouvrages de Dieu.

« C'est à la lumière de Dieu, dit Fénelon, que je vois tout ce qui peut être vu, « La théorie de Malebranche est réduite à une reconnaissance vague et générale de la nécessité de l'action divine.

Qu'on ait trouvé des tendances intuitionnistes dans les Preuves métaphysiques de l'Existence de Dieu, personne ne le nie ; mais il sera difficile de ne pas reconnaître le plus ardent rationalisme dans la preuve de

VExistcuce de Dieu p^xvVélre premier et dans la preuve téléologique, dite de finnlilé.

« Il y a quelque chose de certain, dit Fénelon, c'est l'existence de l'être qui doute et qui pense. « Me suisje fait moi-même ? Non, car pour foire il fout être : le néant ne foit rien : donc pour me foire il aurait follu que j'eusse été avant que d'être, ce qui est une manifeste contradiction. Donc l'homme existe par autrui. S'il existe par autrui, il fout que cet autre être qui l'a fait passer du néant à l'existence soit par lui-même, et par conséquent soit infiniment parfait. Cet être, c'est Dieu.»

Puisqu'il existe quelque chose, il y a un être « qui est avant tous les temps ». Il faut que la réalité trouve quelque part sa raison suffisante; et cette raison n'apparaît que s'il existe un être qui n'a pas commencé. Kant dira que nous ignorons si notre pensée s'accorde avec les choses. Mais cette hypothèse n'a pas de fondement, et les exigences de notre raison, quand elle part du donné, sont aussi celles du donné.

Affirmer d'une chose qu'elle n'a point commencé, c'est dire qu'elle ne provient pas d'une cause qui lui soit étrangère, c'est-à-dire qu'elle porte en son essence la raison de son existence, donc qu'elle ne peut jamais la perdre.

Le premier principe est éternel, et comme il possède ce privilège en vertu d'une exigence essentielle de sa nature, il ne peut en être privé. Il ne peut pas ne point exister. Il est nécessaire.

Toute cette discussion est de la haute raison.

Cette haute raison, Fénelon l'a déployée dans l'exposition de cette vieille preuve de l'Existence de Dieu

« par la tinalité », preuve qui garde sa force et que la science moderne n'a pu que magnifier.

Socrate, Platon, Aristote, Saint Thomas, Gassendi, Bossuet ont tour à tour parlé de cette preuve téléologique. Pourquoi, aussi longtemps qu'il sera question « des causes finales », relira-t-on avec plaisir la première partie du Traité de VExistence de Dieu ? C'est que Féneon a répandu sur cette banale nomenclature des merveilles du monde une clarté resplendissante, un flot éblouissant de lumière.

« Jetons les yeux sur cette terre qui nous porte . . . Rien ne l'épuisé; plus on déchire ses entrailles, plus elle est libérale. . . Mille générations ont passé dans son sein, tout vieillit, excepté elle seule; elle se rajeunit chaque année au printemps... Admirez les plantes qui naissent de la terre : elles fournissent des aliments aux sains et des remèdes aux malades. Les arbres fruitiers, en penchant leurs rameaux vers la terre semblent offrir leurs fruits à l'homme. Les arbres et les plantes, en laissant tomber leurs fruits ou leurs graines, se préparent autour d'eux une nombreuse postérité. . . »

Et les descriptions continuent avec ce même style enchanteur. « ... mais que signifie cette multitude presque innombrable d'étoiles ? La profusion avec laquelle la main de Dieu les a répandues sur son ouvrage fait voir qu'elles ne coûtent rien à sa puissance. Il en a semé les cieux, comme un prince magnifique répand l'argent à pleines mains, ou comme il met des pierreries sur un habit. . . Le mouvement des astres est réglé par des lois immuables. . . Qui est-ce qui a donné à toute la nature des lois tout ensemble si constantes et

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si salutaires, des lois si simples qu'on est tenté Je croire qu'elles s'établissent d'elles-mêmes, et si fécondes enefFets utiles qu'on ne peut s'empêcher d'y reconnaître un art merveilleux ?. . . »

Après une description du corps de l'homme, qui paraît le chef-d'œuvre de la nature, Fénelon parle de la pensée et de l'esprit. Quelles fines analyses ! Il faut lire tout cela pour savoir comment l'auteur se joue à travers les plus difficiles explications des mondes matériels et immatériels.

Arrêtons-nous, dit-il. « Les cieux, la terre, les astres, les plantes, les animaux, nos corps, nos esprits, tout marque un ordre, une mesure précise, un art, une sagesse, un esprit supérieur à nous, qui est comme l'âine du monde entier et qui mène tout à ses fins avec une force douce et insensible mais toute-puissante. »

La science moderne ne peut que fortifier cette preuve des causes finales. Partout nous trouvons l'ordre et l'harmonie, partout l'appropriation des organes aux fonctions et des fonctions aux besoins, partout l'unité dans la variété, partout la stabilité de la loi dans l'écoulement des phénomènes, partout la trace d'un plan primitif que la surface des choses révèle à l'œil du simple bon sens, mais qui se manifeste avec beaucoup plus d'éclat dans les profondeurs, à mesure que la science va plus loin, monte plus haut, et pénètre plus avant dans la connaissance de la nature ; partout, en un mot, la marque d'une cause intelligente, placée, suivant l'expression de Newton, en dehors et au-dessus de la série des causes mécaniques.

Les causes finales gênent les biologistes qui ne veulent pas de Providence ; mais « quand une hypothèse est

féconde, vaste, riche en conclusions scientifiques et morales, leur répond M. Richet ', il est bon de l'adopter, plutôt qu'une douloureuse et stérile négation ».

■ C'est surtout en étudiant les causes finales chez les êtres vivants qu'apparaît au grand jour notre infirmité à expliquer et à comprendre. « L'adaptation de l'organe à la fonction, dit encore Richet, est tellement parfaite que la conclusion s'impose d'une adaptation non fortuite, mais voulue. » Voulue par qui ? par l'effort à la vie, diront les esprits forts, c'est reculer la question. Cet efl'ort vers la vie, de quelle énergie procède-t-il ? Dites donc : de Dieu. Ce n'est pas en effaçant des livres le nom de Dieu que vous le supprimerez. Les causes finales postulent Dieu ^

Qu'on ne dise pas que le problème du mal trouble cette question de la finalité. Il y a du désordre dans la nature : mais il n'est pas si profond qu'il le paraît, puisque le monde subsiste. Ce que vous appelez désordre rentre dans une loi plus haute et, par un secret détour, dans un plus grand ordre.

La tendance de la nature est vers l'ordre, de l'ordre vers la vie; de la vie vers la meilleure vie, et dans l'ensemble, les principes de décadence et d'erreur sont en intériorité manifeste. 11 n'y a dérogation à l'ordre que là où se trouve l'ordre, et si vous relevez des contradictions c'est qu'il v a une loi.

1. SuUy-Prudhomme et Ch. Richet, Le prohUine des causes finales. Paris, Alcan, 1903.

2. Clodius Piat, La Destinée de l'homme, chapitre : La loi de finalité.

M. Cagnac. — Féneloii. 4.

L'ordre du monde est un ordre d'ensemble. Les taches minuscules des cubes de marbre sont comme les désordres de la nature. Regardez l'ensemble. L'artiste n'a pas peur du désordre. Il le plie à ses fins. Il permet la dissonance jusqu'à la résolution. Il y a un Dieu, donc les imperfections ne sont qu'apparentes ou provisoires. « Il n'y a au fond de la nature, dit Claude Bernard, rien de troublé ni d'anormal. »

Fénelon savait bien que la raison ne peut être remplacée par aucune autre faculté dans la recherche de la vérité. Ce n'est pas le moment de vous prouver que le concept, fruit de la raison, arrive à dépasser l'intuition en clarté. M. Piat l'a très clairement démontré dans son beau livre, « de VInsufisance des Pbilosopbies de l'Intuition ' -». Mais il fout savoir que Fénelon, malgré ses tendances intuitionnistes, agissait dans la pratique de la vie et dans la discussion des phénomènes religieux comme un amant de la raison.

Que disait-il à la sœur Charlotte de Saint-Cyprien dans une lettre célèbre ? « L'attrait intérieur dont les mystiques ont tant parlé n'est point, dit-il, une inspiration miraculeuse et prophétique, qui rende l'âme infaillible, ni impeccable, ni indépendante de la direction des pasteurs ; ce n'est que la grâce, qui est sans cesse prévenante dans tous les justes et qui est plus spéciale dans les âmes élevées, par l'amour désintéressé et par la contemplation habituelle, à un état plus parfait. Ces âmes peuvent se tromper, pécher, avoir besoin d'être redressées. Elles ne peuvent même marcher sûrement dans

leur voie que par l'obéissance. » « 11 faut, disait-il dans les Maximes des Saints, il faut user, dans ces cas particuliers, d'une précaution infinie pour ne pas être trompé. » Rien de plus sage que cette manière d'entendre les choses. Cela prouve que la raison avait toujours le dernier mot dans la conduite de Fénelon. L'expérience du divin, pense-t-il, ne se justifie qu'à l'aide d'une interprétation doctrinale. Pour savoir ce que vaut un phénomène mystique, il faut le comparer avec l'idée de sa cause prétendue, qui est Dieu lui-même, et cette comparaison n'aboutit qu'autant qu'elle révèle entre ses deux termes un accord exclusif \

Homme de haute raison, Fénelon aimait-il la conscience au point de lui accorder le respect qui est dû à cette seconde lumière de Dieu ?

Ceci nous ramène à la question protestante à laquelle Bossuet a consacré tout son génie, je dirais même toute sa vie. Les Variations des Eglises protestantes demeurent comme le monument le plus durable de cette belle intellis;ence française.

Ce qui complique la critique religieuse c'est que la question protestante était en outre une affaire politique.

L'acte pacificateur de Henri IV, en 1598, avait mis fin aux violences religieuses ; mais les protestants ne

I. Que disait encore Fénelon à M™e de la Maisonforl qui frémissait à la vue du demi-cloître qu'était Saint-Cyr ? Etait-elle appelée à cette vie de dame de Saint-Cyr à laquelle Mme de Maintenon la conviait ? Fénelon la prend par la main et lui dit que la raison parle par sa bouche en dépit du frémissement de l'être.

déposèrent pas les armes... politiques, et sous le règne même du bon roi Henri IV ils agirent sourdement pour entraver la bonne administration du royaume. Républicains avant le mot, ils voulaient à tout prix diminuer l'autorité du roi. Richelieu les réduisit au silence ; mais sous la minorité de Louis XIV ils n'hésitèrent pas à former de criminelles alliances avec l'Angleterre.

Pour les hommes du wW siècle les dissidents n'étaient pas seulement des hérétiques, l'opinion voyait en eux de dangereux adversaires de la société. On peut ainsi comprendre les haines qui les ont poursuivis, l'ostracisme qui les a maintenus dans leur isolement et la persécution qui les a dispersés.

L'historien doit juger les faits d'après les idées des temps qui les ont inspirés.

Louis XIII et Louis XIV, conseillés par les cardinauxministres, cherchèrent d'abord les moyens pacifiques de taire cesser cette division entre sujets. Ils sentaient d'instinct que les mesures extrêmes sont pleines de péril. Ils le virent trop quand ces mesures extrêmes furent prises.

Pendant tout le xvii'^ siècle, des essais sincères furent faits pour arriver à l'union religieuse dont profiterait l'unité nationale : parmi les catholiques par Richelieu et Bossuet, parmi les protestants par Paul Ferri et Claude. Toute une littérature théologique est sortie de cette pensée.

Le synode de Charenton en 1673 arrêta, par l'intransigeance des vieux huguenots, ces essais de rapprochement.

Le roi fit continuer par les missions l'œuvre commencée. La conversion volontaire des calvinistes serait,

pensait-il avec raison, d'une influence plus durable que les projets d'union, toujours compromis sinon caducs.

L'on connaît les efforts tentés dans ce sens sous la direction de Pélisson et des évêques. Louis XIV suivit de près celte campagne, félicitant les missionnaires de leurs succès, accordant ses faveurs aux nouveaux convertis ; mais il ne voulait pas qu'on usât de violence contre ceux qui prétendaient rester fidèles à leur religion.

« Vous savez, écrivait le roi à Charles II, avec quelle douceur et quelle modération les princes catholiques traitent dans leurs états leurs sujets qui professent une autre croyance. »

Les chefs de l'Eglise de France, Bossuet en tête, recommandaient de ne pas employer contre la conscience les armes politiques du pouvoir absolu.

Les enfants de la Révolution critiqueront ce prosélytisme du roi, parce que respectueux de l'erreur autant que de la vérité, agnostiques avant tout. Au xv!!*^ siècle, la société était redevenue profondément chrétienne et les contemporains jugèrent favorablement les tentatives officielles de conversion, qui réussirent d'ailleurs auprès des plus remarquables esprits. Quand on vit Turenne, Pélisson, Montausier se convertir à la religion du roi, les huguenots pouvaient douter de leur religion prétendue réformée. ■

Alors pourquoi avoir révoqué l'Edit de Henri IV ? — L'attitude des réformés nous fournit la raison de cet acte, en y joignant les circonstances particulières où se trouva la Monarchie à la fin du xvir' siècle. <* Je ne trouve rien de plus injuste que de persécuter un homme pour

sa croyance, disait Saint-Evrcmond ; mais je ne vois rien de plus fou que de s'attirer la persécution. » Après 50 années de paix officielle, le parti réformé avait gardé l'attitude d'un parti de fronde, maussade dans son isolement, harcelant le pouvoir de ses réclamations savamment calculées.

A l'intérieur il répondait, quand il le pouvait, par des violences aux efforts et aux succès des missionnaires. Les exemples sont nombreux de fanatisme religieux du parti réformé.

A l'extérieur le parti continua ses relations amicales avec la République des Pays-Bas pendant la longue guerre qui commença en 1672. Leyde remplaça Sedan dont l'université fut supprimée. Les ministres du roi furent autorisés à montrer plus de rigueur, puisque les Réformés avaient d'eux-mêmes fourni les griefs qui furent invoqués, pour défendre l'Institution imposante de l'unité française alors au comble de la gloire. Les intendants vinrent au secours des missionnaires par des mesures que leur inspira un zèle exagéré.

Louis XIV devint bientôt convaincu que la religion réformée ne comptait plus qu'un petit nombre d'obstinés qu'il considéra comme des révoltés, et il se décida à la révocation d'un Edit qui, dans sa pensée, ne favorisait plus que quelques ennemis de la patrie, dont la présence devenait dangereuse.

Cette fois Louis XIV se trompait.

L'ordonnance de révocation fut publiée le 22 octobre 168). Les pasteurs seuls étaient expulsés. Ils devaient choisir entre l'abjuration ou l'exil. Otiant aux fidèles, un des onze articles de l'ordonnance leur assurait la

liberté de conserver leurs croyances jusqu'au jour où, mieux éclairés, ils consentiraient à revenir à la religion du souverain.

Le Dauphin fit entrevoir au roi qu'un grand nombre df sujets étaient sollicités du dehors et que leur départ nuirait au commerce et à l'agriculture. Louis XIV jugea peu digne de considération la raison d'intérêt comparée aux avantages d'une opération qui rendait à la Religion sa grandeur, à l'État sa tranquillité, à l'autorité tous ses droits.

L'expérience se chargea de lui prouver qu'il avait eu tort de ne pas assez peser les suites économiques et politiques de la Révocation. Il avait de nombreux ennemis en Europe qui furent heureux d'exploiter la colère des Réformés en encourageant l'exil et la révolte. Les capitaux émigrèrent en même temps que les industriels. 600 officiers et 12.000 soldats passèrent en Prusse et furent le noyau de l'armée prussienne qui depuis...

Et cependant la conversion "des protestants ne faisait pas de progrès. Quoi qu'en ait cru Louis XIV, grand nombre de Français demeuraient attachés à Calvin. D'ailleurs les dragons, qui accompagnaient les missions organisées par Pélisson, ne portaient pas avec eux la conviction. Les peuples, terrifiés par les soldats du roi, surtout après quelques exécutions, disaient leur soumission, mais la conscience n'abdiquait pas. En croyant avoir diminué le nombre des protestants, on avait augmenté celui des hypocrites et des révoltés.

Les ministres d'État et d'Eglise s'en aperçurent et il fallut penser à faire de vrais chrétiens. C'est alors que commencèrent de nouvelles missions aux quatre coins

de la France. On s'adressa aux hommes les plus habiles. Bourdaloue renonça à son Avent à la cour pour se rendre à Montpellier « où tant de gens se sont convertis sans savoir pourquoi », dit M""^ de Sévigné. Fléchier partit pour la Bretagne. Fénelon, sur la demande de Bossuet, fut désigné pour aller en Saintonge.

Fénelon avait une âme de missionnaire. A peine ordonné prêtre, il rêve d'évangéliser le Levant. « Je pars, écrit-il, — on suppose que c'est à Bossuet — je pars et peu s'en faut que je ne vole ; à la vue de ce voyage, j'en médite un plus grand. La Grèce entière s'ouvre à moi, le sultan effrayé recule ; le Péloponèse respire en liberté et l'Église de Corinthe va refleurir... Je cherche cet aréopage où saint Paul annonça aux sages du monde le Dieu inconnu ; mais le profane vient après le sacré et je ne dédaigne pas de descendre au Pirée, où Socrate fait le plan de sa République. Je monte au double sommet du Parnasse; je cueille les lauriers de Delphes et je goûte les délices de Tempe... Je ne t'oublierai pas, ô île consacrée par les célestes visions du disciple bien-aimé, ô heureuse Patmos ! j'irai baiser sur la terre les pas de l'apôtre et je croirai voir les cieux ouverts '. »

C'est une lettre de jeunesse, enthousiaste, poétique.

Fénelon suspendit l'exécution de son projet. Son oncle, l'évêque de Sarlat, s'eniploya pour l'en détourner

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