‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 17 sur 122 · I. Paris, Fischbacher · texte numérisé non relu

I. Paris, Fischbacher

étaient enlevés à leurs parents, des femmes mariées à leurs époux jusqu'à leur retour à la foi.

M. Douen dramatise les faits — c'est un protestant — mais des pièces rapportées il appert cependant que le roi ou les ministres du roi exigeaient des conversions précipitées, que la Mère Garnier, supérieure des Nouvelles Catholiques, perdait aussi patience et qu'elle exécutait fidèlement les ordres royaux.

Que pouvait faire Fénelon dans cette situation délicate ? Ne pas accepter cette charge, dira-t-on, mais <( autant vaudrait dire qu'il n'aurait pas dû être un homme de son siècle et de sa profession, — c'est Crouslé qui parle — qu'il aurait dû naitre au xviii^ siècle et pratiquer la tolérance philosophique dont les exemples d'ailleurs ne sont pas communs ' ».

Fénelon dut souffrir des excès de ce zèle intempestif : aussi le voyons-nous doter la maison d'un nouveau règlement. C'est peut-être lui qui changea la maison de Paris de telle façon que d'après Michelet elle « était relativement un paradis ». En province les procédés étaient très éloignés d'une u charité modeste et compatissante ».

Fénelon employa les procédés les plus louables pour la conversion des personnes confiées à ses soins. Il voulait les vaincre par la persuasion et les sauver des rigueurs royales. Il échoua souvent. Hélas ! il savait mieux que les policiers du roi, mieux que la Mère Garnier, que la conversion du cœur est une œuvre de patience et le fruit de la grâce divine, toujours suffisante, mais rendue efficace par la volonté et le désir de l'homme. Ces

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