‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 31 sur 122 · Ibid., id., p · texte numérisé non relu

Ibid., id., p

que vous cherchez, c'est votre propre plaisir et non celui de Dieu qui est l'objet de vos prétentions '. »

Ces textes rendent un son dur ! mais qu'y faire ? « Si quelqu'un veut venir à moi, dit Jésus, qu'il se renonce, qu'il porte sa croix et qu'il me suive » ; est-ce dur cela ?

Bossuet n'aimait pas cette foi nue. Que s'il se résigne aux sécheresses de la vie intérieure, il le fait par raison, avec peine pour ainsi dire. La foi et la bonne volonté du chrétien sont, d'après lui, accompagnées « naturellement de goût, de délectation, d'agrément, de chastes^ délices - ». « Tenez pour certain, écrit-il, quoi qu'on vous dise et qui que ce soit qui vous le dise, que les mystiques se trompent ou ne s'entendent pas eux-mêmes, quand ils disent que les saintes délectations que Dieu répand dans les âmes soient un état de faiblesse, ou qu'il leur faille préférer les privations, ou que ces délectations empêchent ou diminuent le mérite. » Et sans doute c'est toujours l'équivoque, la confusion que l'on fait des faux et vrais mystiques. Non, les mystiques canonisés par l'Eglise, non,Fénelon ne méprise pas les « saintes délectations », il ne dit pas qu'elles sont imparfaites, puisqu'elles viennent souvent de Dieu, mais il prétend qu'elles ne sont ni nécessaires, ni toujours sûres ; il habitue les âmes à ne pas compter sur ce don éphémère et à pouvoir s'en passer quand Dieu le retirera.

«. La source du mérite, c'est la charité, c'est l'amour, et d'imaginer un amour sans amour qui ne porte pas de délectation, c'est imaginer un amour qui ne porte

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