‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 32 sur 122 · Œ.C., VIII, p · texte numérisé non relu

Œ.C., VIII, p

2. Instruction sur les Etats d'oraison, 2^ traité (Lévesque), p. 47.

amour, et une union avec Dieu sans goûter en lui le souverain bien qui l'ait le fond de son être et de sa substance '. >) Voilà la théorie de Bossuet : mais vienne une àme qui ne vive pas seulement de théorie, une âme pieuse qui aime Dieu, sans ressentir une joie, qui prie et à laquelle le ciel ne répond pas, qui souffre de cette torture que les auteurs spirituels appellent les sécheresses spirituelles, une âme qui soit dans la nuit obscure des sens que nous avons décrite avec saint Jean de la Croix. Que fera Bossuet? Eh bien ! il parlera comme Fénelon. Ceux qui sont passionnés disent qu'il ne prononcera que des mots vides et creux, je dis, moi, qu'il répondra dans le sens des mystiques.

« Ne savoir ce que c'est que de goûter Dieu, voilà ce qui m'accable, lui écrit M™' du Mans, une religieuse à l'âme exquise. Et Bossuet de répondre : « Dieu sait se faire goûter dans un intérieur où le sens ne pénètre pas ^ »

Ne serait-ce pas là « cet amour sans amour » que Bossuet condamnait chez les mystiques ? N'est-ce pas la foi nue de Fénelon ? Oh ! « les saintes délectations » elles sont les grandes joies de la vie spirituelle ; mais Dieu ne se cache-t-il pas pour nous éprouver, pour faire toucher du doigt, pour ainsi parler, l'amour pur ? « Qu'est-ce que vous voulez aimer? dit Fénelon, est-ce le plaisir de l'amour ou le bien-aimé ? »

Ces cas de détresse ne sont point rares, et si nous estimons tant Fénelon, c'est qu'il nous aide à rassurer, à pacifier les âmes qui ne savent pas ce que c'est que goû-

1. Bossuet, Œ. C, édition (iuillaunic rBar-Ie-Duc), XI, p. 487.

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