‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 42 sur 122 · I. Œ. C. III, p · texte numérisé non relu

I. Œ. C. III, p

Ainsi, supposé que l'Eglise prenne dans les textes la parole de vie pour celle de mort, et la parole de mort pour celle de vie, le corps des fidèles, qui interprétera, sur l'autorité de l'Eglise, ces deux paroles dans leur sens naturel, prendra le poison mortel de l'une et rejettera la nourriture salutaire de l'autre. Ainsi ce sera l'Eglise qui arrachera le pain sacé à ses enfants, et qui leur présentera la coupe empoisonnée. Ainsi, loin d'être cette Jérusalem d'en haut, qui enfante ici-bas les élus et qui enseigne toutes les nations, elle les séduirait toutes. En se trompant sur les règles de la grammaire, elle tromperait toutes les nations sur les règles de la foi ' . » La pratique constante de tous les siècles vient manifestement à l'appui de ce raisonnement. L'Eglise a de tout temps exercé le droit de prononcer sur les textes dogmatiques et rejeté de son sein tous ceux qui ont refusé d'adhérer intérieurement à ses décisions. Le Concile de Nicée, dès le iv^ siècle, anathématise Arius avec ses écrits, c'est-à-dire pour emprunter les paroles du Concile « avec les paroles et les expressions exécrables dont il s'est servi pour blasphémer contre le Fils de Dieu. » Le Concile d'Ephèse au v^ siècle « anathématise la lettre et les dogmes de Nestorius et tous ceux qui ne prononceraient pas avec lui le même anathème ». Le cinquième Concile général, tenu à Constantinople au vi^ siècle, >i anathématise les écrits impies de Théodoret et la lettre impie d'Ibas » comme infectés de Nestorianisme. Le Concile de Constance, au xV siècle, veut qu'on regarde comme hérétiques tous ceux qui refuseront de condamner les livres et les enseignements de Wiclef, de Jean Huss et de Jérôme de Prague.

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