‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 43 sur 122 · Œ. C, III, 581. l'-e Instruction · texte numérisé non relu

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Ces exemples, auxquels on pourrait en ajouter tant d'autres, prouvent évidemment que l'Église s'est toujours crue infaillible en prononçant sur le sens des livres. La conduite de ces Conciles eût été manifestement une tyrannie, dans le système du silence respectueux.

Fénelon établit encore sa thèse, par l'autorité du clergé de France qui a formellement reconnu, dès le commencement de cette controverse, l'infaillibilité dont il s'agit; enfin par les propres aveux des disciples de Jansénius. Fénelon montre ses adversaires en contradiction manifeste avec eux-mêmes, en leur demandant comment il se fliit qu'ils aient une si grande déférence pour l'autorité de l'Eglise, lorsqu'elle approuve le texte de saint Augustin, tandis qu'ils la rejettent lorsqu'elle condamne le texte de Jansénius.

Ou l'approbation de l'Eglise fait la principale autorité de la doctrine de saint Augustin, ou elle n'ajoute aucune autorité à ses opinions. Si elle n'ajoute aucune autorité à ses opinions, vous n'avei: pas plus le droit de vous appuyer de ses sentiments que de ceux de tout autre Père de l'Eglise. Si, au contraire, la doctrine de saint Augustin emprunte sa principale autorité de l'approbation de l'Eglise, pourquoi voulez-vous que l'Eglise n'ait pas autant d'autorité lorsqu'elle condamne Jansénius ? L'Eglise ne peut pas être moins infaillible pour condamner les textes hérétiques que pour approuver ceux qui sont purs et orthodoxes.

Fénelon terminait cette Instruction par ces paroles pleines de charité et de modération : « A Dieu ne plaise que nous nous élevions ici avec un zèle amer contre les défenseurs de Jansénius ! Dieu sait jusqu'à

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quel point nous craignons toute préoccupation et toute partialité... La charité ne pense point le mal et croit facilement le bien ; loin d'éclater contre quelque particulier qui aurait, avec de la bonne foi et de la docilité pour l'Église, quelque prévention pour la doctrine de jansénius, nous ne songerions qu'à soulager son cœur, et qu'à l'attendre pour le détromper peu à peu ; nous nous oublierions nous-mêmes, plutôt que d'oublier jamais cette aimable leçon de l'apôtre : Reccvei avec ménagement celui qui est faible dans la foi, sans entrer dans les disputes des pensées. Nous mourrions de bonheur de voir les défenseurs de Jansénius, doux et humbles de cœur, tourner leurs talents et leurs travaux en faveur de l'autorité qu'ils combattent... » Et il finissait par cette pensée d'une profonde psychologie : « On n'ose douter en général que l'Église ne soit, suivant les promesses de J.-C, toujours assistée parle Saint-Esprit; mais en détail on cherche des distinctions subtiles pour éluder cette autorité, qu'on aurait horreur de combattre directement. C'est notre propre sens qui est l'idole de notre cœur, c'est la liberté de penser dont notre cœur est le plus jaloux. Notre jugement est le fond le plus intime de nous-mêmes; c'est ce qui nous coûte le plus à nous laisser arracher '. »

Cette première Instruction Pastorale du lo février .1704 engagea Fénelon dans une longue série d'écrits. Les principaux écrivains du parti qu'il combattait ne

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