‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 44 sur 122 · I. Œ. C, III · texte numérisé non relu

I. Œ. C, III

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purent voir sans inquiétude s'élever contre eux un si terrible adversaire. Ils ne tardèrent pas à publier une foule d'écrits dont les uns combattaient ouvertement son ordonnance, les autres, sans le nommer, en attaquaient les principes. L'apologiste fit front de toutes parts et publia trois nouvelles Instructions, deux Lettres à l'évéque de Meaux (Bissy) et deux autres Lettres à Févêque de Saint-Tons. Ces nouveaux écrits ne font que reprendre, en les expliquant davantage, les arguments de la l'instruction pastorale.

Fénelon est bien le premier théologien qui ait étudié avec tant de soin « les faits dogmatiques » ; il paraît même avoir été l'inventeur de la formule, et s'il y a dans hi démonstration de sa thèse une abondance parfois verbeuse, il faut rendre hommage à sa magnifique érudition et à la sûreté de sa doctrine. Saint Athanase est le docteur de Vhonioousios ; Saint Augustin, le docteur de la grâce. Le docteur des « faits dogmatiques » c'est Fénelon. C'est lui qui a muni de tout son appareil de preuves la doctrine de l'infaillibilité de l'Eglise dans la question de faits liés au domine, que l'on appelle les « faits dogmatiques », comme l'authenticité de telle Bible, comme l'affirmation que les cinq propositions extraites de VAuoustinus sont vraiment la doctrine de Jansénius.

Les idées de Fénelon n'étaient pas sans rencontrer de l'opposition, même parmi les évêques les plus connus pour la défense de l'Église. M. de Pérefixe, archevêque de Paris, n'avait exigé qu'une foi humaine, en demandant aux religieuses de Port-Royal de signer le formulaire. Bossuet lui-même, dans sa Lettre aux religieuses

de Port-Royal., en [663, s'était contenté d'exiger une soumission pieuse au jugement de l'Eglise suv les faits dogtna- //^M^j, sans examiner si elle est ou n'est pas infaillible sur des questions de cette nature. Disons tout de suite que l'évêque de Meaux réforma de lui-même ce jugement sommaire. Sur la fin de sa vie, il étudia mieux la question et il enseignait dans son dernier écrit sur r autorité des jugements ecclésiastiques, que tout fidèle doit au jugement de l'Eglise sur les faits dogmatiques, une persuasion entière et absolue dans r intérieur.

Les écrits de Fénelon paraissaient opposés à la doctrine actuelle des théologiens français. Il est vrai que Ton essaya plusieurs fois de dénaturer la thèse fénelonienne.

N'avait-on pas prétendu que Fénelon voulait faire de chaque texte nouvellement condamné un nouvel article de foi, en attribua-nt à l'Eglise une connaissance surnaturelle, inspirée et infuse, de tous les textes ? Fénelon répondait « que l'infaillibilité qu'il attribue à l'Eglise est cette infaillibilité générale qui n'exige ni connaissance surnaturelle, ni inspiration infuse ; et que, loin d'avoir fait de chaque texte un nouvel article de foi, il n'a pas même voulu, à cet égard, parler de foi divine » ' . Il distinguait « l'assistance spéciale du Samt-Esprit donnée à l'Eglise selon la promesse, d'avec la connaissance inspirée et infuse telle que les prophètes et les apôtres l'ont eue, lorsqu'ils ont écrit le livre sacré. Cette connaissance inspirée et infuse n'est point nécessaire à l'Eglise alors même qu'elle décide sur les dogmes les plus fondamentaux, il suffit qu'elle ait seulement une assistance spéciale de grâce qu\ la préserve de l'erreur ».

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