‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 50 sur 122 · I. Œ. C, IV, p · texte numérisé non relu

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CONTRE LES JANSENISTES 205

folliculaires qui l'avaient attaqué : les quatre lettres ^^ l'occasion d'un nouveau système inventé par un abbé Denys, théologal de Liège, sur le silence respectueux \ V Instruction contre un certain Jacques Fouilloux, auteur de Xdi Justification du silence respectueux en trois volumes. Ces écrits ne nous apprennent pas plus de choses que les écrits que nous avons examinés, je les nomme pour vous montrer avec quel zèle Fénelon défendait la cause de l'Eglise. Il ne laissait aucun ouvrage un peu sérieux sans réponse.

Fénelon continuait donc de défendre l'infaillibilité de l'Eglise touchant les textes dogmatiques contre le silence respectueux ; mais déjà s'imposait une autre question brûlante et troublante : le Ouesnellisnie.

Quesnel était un homme redoutable. Savant, pieux, il aurait sauvé la cause janséniste, si le Jansénisme avait pu être sauvé. Depuis la mort d'Arnaud en 1694, ^^ fameux oratorien était devenu le chef du parti. N'ayant pas voulu souscrire au formulaire de doctrine prescrit par sa congrégation, il avait quitté l'Oratoire. Il était devenu un des plus ardents et des plus puissants défenseurs de Jansénius.

Les écrits polémiques de Q uesnel portent l'empreinte d'un style amer, reflet d'un caractère âpre et presque sauvage, âpreté qu'augmenta la vie errante et cachée à laquelle il se condamna.

Sa correspondance avec Fénelon avait d'abord commencé dans le calme. La politesse, la charité de l'arche-

vêque de Cambrai avaient-elles attendri Quesnel ? Quoi qu'il en soit, Fénelon remarqua dans un écrit que lui adressa l'ardent janséniste, des ménagements inaccou- .tumés. L'archevêque accueillit avec bonté ces démonstrations qui semblaient annoncer le désir de s'éclairer mutuellement.

« Je commence ma réponse, lui écrit Fénelon, en vous remerciant de tout mon cœur de vos honnêtetés. Quoique je n'aie jamais eu aucune occasion de vous voir ni d'entrer en aucun commerce de lettres avec vous, je ne puis oublier le désir que vous eûtes, il y a quelques années, de me venir voir à Cambrai. Plût à Dieu que vous fussiez encore prêt à y venir ; je recevrais cette marque de confiance avec la plus religieuse fidélité et avec les plus sincères ménagements. Je ne vous parlerais même des questions sur lesquelles nos sentiments sont si opposés que quand vous le voudriez, et j'espérerais de vous démontrer par les textes évidents de saint Augustin combien ceux qui croient être ses disciples sont opposés à sa véritable doctrine.

Si nous ne pouvions pas nous accorder sur les points contestés, au moins tâcherions-nous de donner l'exemple d'une douce et paisible dispute qui n'altérerait en rien la charité. Vous voulez me montrer que je me trompe. Que vous répondrai-je, sinon ce que saint Augustin m'apprend à vous répondre : « A Dieu ne plaise que je rougisse d'être instruit par un prêtre \ »

Ces relations cordiales ne pouvaient durer. Fénelon, connaissant l'influence de Quesnel, le rendit responsable

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