‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 51 sur 122 · I. Œ. C.,VII, p · texte numérisé non relu

I. Œ. C.,VII, p

CONTRE LKS JANSENISTES 205

des écrits parus après la Bulle Viiieaiii pour déconsidérer la parole du pape. Il lui adressa deux lettres (1710) à l'occasion de deux libelles dont la témérité révoltait tous les esprits.

« C'est h vous seul que je m'adresse, lui dit-il au ^ commencement de la deuxième lettre, pour répondre aux écrivains sans nom de votre école. Comme ils sont tous soumis à leur chef, c'est lui qui doit répondre de leurs écrits et les redresser quand ils en ont besoin. »

Le premier libelle auquel Fénelon essaie de répondre a pour titre : « Denuntiatio solemnis BuUae Clcmentinaequae incipit : Vineam Domini Sabaoth... tacta uni- versaeEcclesiae Catholicae... » Cet ouvrage, dont le titre seul est un blasphème contre l'autorité de TEglise et du Saint Siège, avait pour auteur un ancien doyen de l'Eglise collégiale de Malines, de Witte. L'auteur dénonce en effet à toute l'Eglise le pape Clément XI, comme coupable d'avoir ressuscité l'hérésie pélagienne, et renversé la grâce de Jésus-Christ, par la constitution du 15 juillet 1705.

Fénelon dans sa première lettre ne se borne pas à relever l'indécence et le scandale de la Dénonciation ; mais il montre au Père Quesnel que cet excès révoltant est la conséquence naturelle de ses principes ; que ses -. partisans, pour peu qu'ils aient de sincérité, ne peuvent s'empêcher d'admettre la conséquence; enfin qu'il n')a plus de milieu pour lui, entre abjurer ses erreurs ou souscrire aux scandaleuses déclamations du dénonciateur.

« Cet ouvrage, mon Révérend Père, porte le blasphème écrit sur son front...

« Si on croit le dénonciateur, c'est du centre de l'unité qu'est sorti un jugement pélagien, qui renverse la

i^rdce par laquelle nous sommes cbréliens. Que direz-vous de cette qualification ? non seulement vous ne pouvez pas, selon vos principes, la condamner, mais encore il est plus clair que le jour que si vous raisonnez de bonne foi, vous ne pouvez pas, sans trahir votre conscience, vous dispenser de la soutenir. Selon vous, le système du livre dejansénius se réduit à la grâce efficace par ellemême, et selon vous la grâce efficace par elle-même est la grâce par laquelle nous sommes chrétiens. Or est-il que la nouvelle constitution du siège apostolique condamne comme hérétique la grâce qui est enseignée dans le livre dejansénius. Donc, selon vous, la nouvelle constitution condamne comme hérétique la' grâce efficace par ellemême qui est la grâce par laquelle nous sommes chrétiens. Voilà une constitution qui est selon vous pélagienne '. »

Le second ouvrage que Fénelon avait à réfuter était une lettre à M. l'Archevêque de Cambrai au sujet de la Réponse à la seconde lettre de M. de Saint-Pons. L'auteur de cette lettre invoquait principalement en faveur du silence respectueux, la Relation du cardinal Rospighosi sur la paix de Clément IX.

Fénelon dans sa seconde lettre au Père Qaesnel montre que cette Relation loin de iavoriser le système du silence respectueux, le condamne ouvertement ; et que le nouvel écrivain n'a tiré de cet ouvrage une objection apparente qu'en tronquant le texte du cardinal.

Le Père Quesnel interpellé comme chef de parti ne pouvait pas garder le silence. Il publia en 17 r i sa Réponse

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