‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 52 sur 122 · I. Œ. C, IV, p · texte numérisé non relu

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CONTRE LES JANSENISTES 2O7

aux deux lettres de M. l'Archevêque de Cambrai. Cet écrit, plein d'aigreur et d'amertume, contraste avec la modération de son illustre adversaire.

Une partie considérable de cette Réponse est employée à noircir la conduite de Fénelon dans TafFaire des Maximes ; à invectiver contre les Jésuites, comme fauteurs de l'idolâtrie, corrupteurs de la morale et ennemis déclarés de la grâce de Jésus-Christ.

Après ce début... modeste et impartial! Quesnel se défend en soutenant que le système des deux délectations si fortement reproché à Jansénius n'est au fond que le système des thomistes.

Quant à la Relation du cardinal Rospigliosi, le Père Quesnel convaincu que les partisans du silence respectueux n'en peuvent tirer aucun avantage soutient que c'est une pièce supposée, « une rapsodie mal cousue, un discours en l'air, dont la source est inconnue et rempli de raisonnements pitoyables, de conséquences arbitraires, de distinctions forcées, d'explications incompréhensibles, de longues et ennuyeuses digressions, et de tout ce qui peut rendre méprisable un écrit de ce genre ».

Fénelon se proposait de réfuter dans les années 1 7 1 1 et 171 2 la Réponse de Quesnel, mais de fortes considérations l'empêchèrent d'exécuter ce projet. Il craignait de piquer le cardinal de Noailles avec qui le Père Quesnel le mettait malignement aux prises.

D'ailleurs à cette époque Quesnel était poursuivi par le pouvoir civil et par le pouvoir religieux. Le roi avait aboli le II novembre 171 1 le privilège du fameux livre Les réflexions morales et avait demandé au Pape un jugement solennel sur les questions agitées dans l'ouvrage

de Quesnel. Fénelon n'avait qu'à attendre le jugement du Pape.

Qu'est-ce que le Qiiesnellisme ? — Une application de l'hérésie janséniste.

Le neveu de Jean du Vergier de Hauranne et son successeur à l'abbaye de Saint-Cyran, Martin de Barcos, avait composé une Exposition de la Foi calholique louchant la grâce et la prédestination. C'était l'œuvre d'un homme laborieux, mais sec et opiniâtre. Le livre était aussi janséniste que possible, et il donnait la partie belle aux Jésuites.

L'auteur était mort en 1678. Pendant vingt ans des copies manuscrites de l'Exposition circulèrent sous le manteau. Pavillon, évêque d'Aleth, peut-être le promoteur de l'ouvrage, l'avait introduit dans son séminaire. Une malencontreuse impression le répandit en 1696 dans le public.

Ce livre fut dénoncé à Rome. Il ne pouvait pas ne pas être condamné.

Noailles venait de remplacer sur le siège de Paris Harlayde Champvallon. Ses sympathies pour les ennemis des Jésuites étaient connues : il fut bien embarrassé quand il apprit que le livre de Barcos était porté à Rome et que la doctrine était suspecte. Il se tourna vers Bossuet.

L'évêque de Meaux rédigea la partie dogmatique d'une ordonnance que l'archevêque de Paris ne pouvait éluder ^ Le 20 août 1696, l'Instruction pastorale de

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