I. Œuvres de Bossuet, VI, p. 718 et ss
CONTRE LES JANSENISTES 209
Noailles condamnait Barcos. Le préambule rappelait succinctement les bulles d'Innocent X et d'Alexandre V-II.
Cette partie de l'Instruction atteignait ainsi Saint- Cyran et Port-Royal. D'un autre côté, Bossuet paraissait, en parlant de la grâce augustinienne, se rapprocher du Jansénisme . Si Rome crut prudent de garder le silence, les réclamations ne manquèrent point en France.
Fénelon ne dissimula pas ses craintes : « Vous pourriez, Monseigneur, avoir le sort des personnes qui ne flattent aucun parti et qui les blessent tous. » Il dira plus tard à Beauvilliers que cette ordonnance « soufflait le chaud et le froid '». Les Jésuites, s'attachant à l'esprit même de l'Instruction, y découvrirent « la profession de foi du Janséniste ».
Les Jansénistes manquèrent dans cette occasion de discipline et de tactique. Les sages, Duguet % Quesnel, étaient heureux, malgré tout, de trouver dans l'Instruction pastorale « un excellent abrégé de la doctrine de l'Eglise sur la grâce et un précis des écrits de saint Augustin'. Les zélés témoignaient leur mécontentement. C'étaient des imprudents. Pour n'avoir pas toute satisfaction ils compromirent encore une fois leur cause, en se vengeant de Noailles.
L'ordonnance de l'archevêque de Paris porte en germe, peut-on dire, les querelles du xviii^ siècle sur le Quesnelh'siiie et sur la Bulle Unioenibus, mais par la faut-: des Jansénistes qui déchaînèrent l'orage.