‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 54 sur 122 · Œ. C, VII, 220. Lettre du 30 nov · texte numérisé non relu

Œ. C, VII, 220. Lettre du 30 nov

2. Lettre de Duguet au Dr J.-J. Boileau, 3 déc. 1696. • 3. Quesnel, Entretien sur le décret de Rome, p. 16.

M. Cagnac. — Fénelon. 14

A la fin de 1698, parut une brochure de vingt-quatre pages: c'était la réponse à l'Ordonnance portant la condamnation de Barcos. Le titre en est interminable : Problème ecclésiastique à M. l'abbé BoUeau de F archevêché, à qui l'on doit croire de Messire Louis- A)itoine de Noailles, évêque de Châlons en 16^5 ou de Messire Louis-Antoine de Noailles, arcloevcque de Paris en j6^6.

Jamais plus petit livre fit plus grand tapage 1 Par des rapprochements adroitement concertés, l'auteur s'appliquait à mettre le prélat en contradiction avec luimême. N'avait-il pas à un an d'intervalle approuvé les Réflexions morales sur le Nouveau Testament de Quesnel et censuré l'Exposition de la Foi de Martin de Barcos, ouvrages renfermant la même doctrine ?

Évêque de Châlons, Noailles avait en effet approuvé en 1695 le célèbre ouvrage de Quesnel : Réflexions morales sur le Nouveau Testament. Ce petit volume avait déjà 24 ans d'existence. Depuis 1671 il s'était accru, et ; il faut avouer que personne n'avait élevé la voix contre la doctrine. La réputation de l'auteur était universelle et Noailles traduisait le sentiment commun lorsqu'il recommandait cette lecture de piété.

Mais aussi, dans les éditions successives et progressivement augmentées, Quesnel avait bien pu, de bonne foi sans doute, faire des développements reprochables sur les théories de la grâce. Noailles n'était pas responsable de ces infiltrations. D'ailleurs la question de la grâce est délicate, et les écoles sont toujours prêtes às'anathématiser, même dans les thèses libres.

Le Problème était anonyme. L'auteur s'est si bien dissimulé qu'aujourd'hui encore les critiques sont muets

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sur son nom '. Sainte-Beuve ne dit rien de l'incident du ProbUinc. Quoi qu'il en soit, le 20 janvier 1694, 1^ -P^'^'" blême fut brûlé par le Parlement de Paris après avoir été condamné le 15 janvier.

Entre temps, on demanda des corrections à Quesnel. Lafitau, évêque de Sisteron, raconte que Bossuet voulait mettre six-vingts cartons pour rendre tout à fait orthodoxes les Réflexions morales. Cela n'est pas exact. Nous connaissons maintenant l'histoire du Problème par les œuvres de Quesnel^ et les Mémoires de Le DieuK II appert que le nombre exact des corrections suggérées par Bossuet atteignait le chiffre de 24. Noailles se tirait ainsi d'embarras et Bossuet composait son Avertissement sur le livre des Réflexions morales. Quesnel, intransigeant, ne se prêta pas à ce compromis et Bossuet garda son écrit dans son portefeuille.

Le 21 juin 1700, Noailles recevait le chapeau de Cardinal.

Cette année même, l'assemblée du clergé se tint à Saint-Germain. Bossuet en fut l'âme et l'oracle. Il obtint la condamnation des Casuistes. La morale prétendue relâchée se trouvait en opposition avec la morale prétendue sévère de l'évêque de Meaux !

Noailles était à l'apogée. Tout l'intérêt du pubhc se concentra sur le Cas de Conscience.

1. Est-ce le Janséniste Gerberon ? Peut-être. Est-ce un Jésuite ? M . A. le Roy est bien près de nous convaincre (La France et Rome, p. 50). M. Urbain croit que c'est le bénédictin D. Thierry de Viaixmes.

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