‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 67 sur 122 · Introduction à laite dévote, Prélace · texte numérisé non relu

Introduction à laite dévote, Prélace

plativc, monastique ou religieuse, ne peut subsister dans ces états ; mais il est des dévotions d'un autre caractère et très propres à perfectionner ceux qui y vivent '. » "^

A la fin du xvii^ siècle, les chrétiens semblaient relé-V guer encore la dévotion dans les cloîtres. L'influence de Port-Royal fut déplorable. Fénelon reprit la tradition évangélique ; héritier de l'esprit et des charmes de l'évêque de Genève, il rendit la dévotion praticable dans le monde. « Le royaume de Dieu ne consiste point dans v une scrupuleuse obsej'vation de petites formalités ; il consiste pour chacun dans les vertus propres à son état . . . Un grand prince ne doit point servir Dieu de la mêmefaçonqulun solitaire ou qu'un simple particulier ^ »

Il connaît la faiblesse humaine. Il sait que le salut est "^ une œuvre de patience et de persévérance. La perfection immédiate, les douceurs de l'amour divin, les pratiqués extraordinaires, voilà le désir impatient des consciences délicates. Elles ne se contentent pas des prières communes, il leur fliut des livres élevés, une religion sublime : on en arrive ci dédaigner la vie quotidienne et ses devoirs d'état. La paix s'en va ; les tristesses se multiplient. L'esprit se trouble et ne se supporte pas luimême ; s'il ressent des répugnances au bien, tout est perdu. ^

Fénelon connaît les excès des néophytes, leur enthou-** siasme trop éclatant, il les arrête d'une main sûre : « Ne comptez pour rien aussi vos goûts pour une , retraite belle en idée '. » ^

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