‹ Fénelon, apologiste de la foi. Leçons données à l'Université catholique de Paris. Second centenaire de Fénelon, 1715-1915Chapitre 68 sur 122 · Ihhl., VIII. p · texte numérisé non relu

Ihhl., VIII. p

La dévotion ne consiste pas dans l'accomplissement de grandes actions, sinon « il y aurait peu de personnes qui pussent espérer de se sauver. Le salut est attaché à

Nia volonté de Dieu que nous accomplissons. Les plus

J petites choses deviennent grandes, quand Dieu les

>»demande de nous ' ».

•4 Montrer un visage égal et un cœur gracieux à tous les devoirs et à toutes les croix ; faire naître, grandir et soutenir l'amour de Dieu, c'est toute la sainteté. Que de fatigues, que de froissements de volonté pour y arriver ! L'âme s'étonne de ne pas toujours trouver les douceurs dans l'oraison; il faut lui apprendre que la perfection de l'amour est d'aimer sans espérer de consolations. L'âme s'attriste de ses longues distractions dans les prières, mais le temps n'est pas perdu si elle devient plus humble. Les chutes et les rechutes font toucher au doigt notre faiblesse et nous rendent plus appliqués à Vrecourir à Dieu.

Beaucoup de chrétiens s'imaginent que le dévot doit être parfait. Désespérant d'arriver à cet état, car ils se sentent faibles et languissants, ils ajournent leur réforme morale ou s'abandonnent à leur nature. « C'est par

imperfection qu'on reprend les imparfaits*. » Le dévot tend à la perfection, mais il vit avec sa nature faible et corrompue. La perfection n'est point le privilège de l'humanité. La vie du chrétien est un combat perpétuel. « Rien que deux mots, Monsieur, pour vous conjurer de ne vous étonner point de vos faiblesses, ni même de

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