DE LA MODERNITÉ DE FÉNELON I I
Fénelon écrit à M'"^' de M;iinienon : « Pourquoi donc vous resserrez-vous le cœur à notre égard comme si nous étions d'une autre religion que vous ? » Crouslé est sûr que Fénelon parle ici de M"'^ Guyon, tandis qu'il parle manifestement des deux ducs, Chevreuse et Beauvilliers, des deux duchesses et de tout le groupe.
Ce sont des riens, mais cette déformation du texte produit un effet débilitant sur le lecteur qui n'a pas la patience de relire.
Ajoutez que pour Crouslé Bossuet a toujours raison dans sa lutte contre Fénelon. Il a toujours une excuse pour les fausses manœuvres de l'évèque de Meaux.
Bossuet a répété à tout le monde ce que M""" Guyon lui a conhé sous le sceau du secret; excuse.
Bossuet s'est servi des lettres confidentielles pour écrire sa Relation sur le Ouiélisnie ; excuse.
Bossuet a parlé de Montan et de Priscille à propos de Fénelon ; excuse. Fénelon a tous les torts. Le procédé est simple. C'est la guillotine sèche. « Prêter gratuitement des intentions perfides aux actions indifférentes comme aux plus saintes, frapper de suspicion tous les témoignages qui nous contrarient, fermer les yeux à chaque spectacle qui nous gêne, ne voir que ce qu'on veut voir, ne croire que ce qu'on veut croire : avec cette méthode on peut avilir n'importe qui, même saint Louis et Jeanne d'Arc '. » Mais qu'est devenue la méthode objective qu'on nous recommandait tant en Sorbonne pour juger les hommes et les choses ?