I. H. BrenionJ., /ipolooie, 2^ partie, cb.. I"-', p
Mesdames et Messieurs, vous vous souvenez encore des brillantes leçons que Jules Lemaître fit en 1910 sur Fénelon à la Société des Conférences. L'auditoire féminin venait là comme à une Première de Rostand. On doubla les leçons. Jules Lemaître était favorable à Fénelon et je reconnais ique plusieurs de ces leçons, sur la politique, sur les missions en Saintonge, sur l'éducation du duc de Bourgogne, furent très étudiées et adéquates à notre grand évêque. Que n'a-t-il vanté encore, lui si fin lettré, cette belle littérature Fénelonienne! C'eût été un succès plus grand. Aucun autre n'a été plus grec que Fénelon au xvii" siècle, pas même Racine, pas même La Fontaine. Dans aucun autre esprit s'est fait à un degré aussi élevé l'alliance de l'esprit antique et de l'esprit français. Dans tous ses ouvrages s'épanouit la fleur attique, si belle que l'auteur rivalise avec ses modèles.
Mais quand le conférencier arrive aux questions religieuses, quelles ténèbres! Jules Lemaître ayant lu mes ouvrages voulut m'einretenir de Fénelon, avant de prononcer sesfiimeuses Conférences. Je le vis dans ce luxueux « Studium » qu'il s'était composé peu à peu dans un coin tranquille de Paris, en marge de l'avenue Friedland. Il parla, je l'écoutais — il parlait si bien ! et comme je lui demandais s'il dirait la querelle de Bossuet et de Fénelon. — J'y consacre trois conférences; mais vous n'ignorez pas que je parle de ces choses comme un aveugle des couleurs! » Voilà qui promet, me dis-je. Jules Lemaître a tenu promesse. Il a