I. Œ. C, VII, p
dément chrétien, ils étaient nombreux, ceux qui s'acquittaient des devoirs religieux comme on s'acquitte d'une tonction de l'État. C'est à eux que s'adressaient les Bourdaloue et les Bossuet quand ils tonnaient contre ces chrétiens qui se contentent de « l'écorce et des grimaces ». La crainte n'est-elle pas le seul sentiment que les jansénistes aient connu ? ^'"Uvv vY }v.O\ .
Cette religion d'écorce et de crainte, Fénelon ne pou- V^^it s'en contenter. Pour lui, le fondement de la vie chrétienne, ce ne sont pas seulement les sacrements et les pratiques extérieures, ce sont les affections et les préparations intérieures ; la nouvelle loi est toute de charité, toute d'amour et d'amour surnaturel. Etre chrétien, c'est travailler à transformer son âme et à la transformer par l'amour. La vraie religion pour le savant directeur, c'est l'amour divin renouvelant l'homme, c'est la cha- "^rité devenue l'âme de l'âme. C'était comprendre l'Évangile dont tous les préceptes se résument en un mot : aimer Dieu.
L'amour est bien supérieur à la crainte ; la crainte paralyse l'élan de la volonté, l'amour aide à l'action. « On n'est point gêné en ne faisant que des choses qu'on aime à faire. Quand on fait une chose pénible avec un grand amour, ce grand amour adoucit la peine et fait qu'on est content de la souffrir. On ne voudrait pas être soulagé en manquant à l'amour dont on est rempli : on se fait même un plaisir de se sacrifier au bienaimé '. »
L'amour qui opère ces grandes révolutions n'est pas