Ihid., VIII, p
V Cette méthode, appliquée au sentiment religieux, fécondée par la croyance que la grâce en mûrit les fruits, cette méthode donne à la foi toute la force de l'amour, toute la force de la nature. Ceux qui seront élevés à cetti^- école seront naturellement chrétiens et religieux ; tout ce qui viendra d'eux gardera la marque de leur cœur converti. Qu'ils le veuillent ou non, dans leurs pensées s'ils pensent, dans leurs écrits s'ils écrivent, dans leur conduite en tout cas, on retrouvera toujours que l'âme est misérable, que le péché la poursuit, que la passion la gouverne, qu'un changement
Vadical peut seul la sauver. « Lorsque les croyants prétendent secouer le joug de leurs croyances, ils sentent qu'ils contredisent le besoin le plus impérieux de leur
vàme. Reviennent-ils à la piété, l'heure de la conversion est pour eux l'heure où ils retrouvent leur voie, où ils rentrent dans leur nature. Et c'est le nouvel et grand argument des apologistes de la foi que ce trouble de l'âme égarée hors de la foi, que cette paix de l'âme
V revenue dans la foi '. »
Fénelon a présenté cet argument dans une belle lettre au duc de Chaulnes : « Que je serai content, si je vous trouve décidé, et entièrement d'accord avec vous-même ! On ne contente ni soi ni autrui quand on porte audedans de soi un fond qu'on ne peut ni suivre ni étouffer. On se tourmente, on se craint soi-même ; on n'ose être seul avec soi, ni rentrer dans son propre cœur ; on est comme un homme chassé de chez soi, qui est réduit Nil errer tout autour comme un vagabond^ . »