Œ. C, VII, p
S'il fiillait faire le portrait du dévot, d'après Fénelon, peut-être pourrait-on parier ainsi :
Le dévot ne vit pas à l'écart des autres hommes; il a ^'' sa place dans le monde par ordre de Dieu et il doit la tenir. « Il faut voir civilement tout le monde dans les lieux où tout le monde va, à la cour, chez le roi, à l'armée, chez les généraux. Il faut tâcher d'acquérir une certaine politesse qui fait qu'on défère à tout le monde avec dignité. Nul air de gloire, nulle atfection, nul empressement ; savoir traiter chacun selon son rang, sa réputation, son mérite, son crédit ; au mérite, l'estime; à la capacité accompagnée de droiture et d'amitié, la confiance et l'attachement ; aux dignités, la civilité et la cérémonie'... Je ne voudrais point que vous retranchassiez rien sur vos devoirs à l'égard du public ; il m'a paru même que vous ne donniez pas assez de temps aux visites de bienséances et aux soins de la société selon votre état-. »
Le dévot n'est pas un censeur de la vie des autres : en apparence même, sa conduite ne parait pas différer beaucoup de celle de ses compagnons. Sénèque disait : « Ayons une façon de vivre meilleure que la foule, mais qui ne la choque point. Il ne faut point effrayer ceux que nous voulons gagner '. » Fénelon dit de même :