Ibid., VIII, p
soit SI condition, q^ec un sourire bienveillant, ne s'irrite jamais, quand on l'interrompt dans ses exercices de piété ou que l'on met obstacle à ses projets de dévotion. « Sous la figure de l'importun, il faut regarder Dieu qui fait tout et qui n'est pas moins attentif à nous mortifier par l'importunité qu'à nous instruire et à nous toucher par les bons exemples. L'importun que Dieu nous envoie sert à rompre notre volonté, à renverser nos projets, à nous faire désirer avec plus d'ardeur le silence et le recueillement, à nous détacher de nos arrangements, de notre repos, de nos commodités et de notre goût, à humilier notre esprit pour l'accommoder à celui d'autrui ' . »
V Enfin le dévot sait causer, jouer et même danser ; il s'accommode à toutes les situations et reste calme devant les imperfections d'autrui. En un mot, le dévot a toutes les qualités extérieures des hommes du monde sans avoir
-rieurs défauts et leurs vices.
Un Etat dont tous les membres s'appliqueraient à la vertu serait le vestibule du ciel. Plus de médisances, plus d'égoïsme, une paix profonde, une vraie politesse dont le monde ne donne que les apparences.
Malgré tout, la souffrance nous étreint, qu'elle s'appelle la tentation, les croix ou la mort. A voir le méchant a qui tout réussit et l'ami de Dieu accablé sous le poids du malheur, les timides se troublent, ils seraient tentés de perdre confiance. Qui résoudra l'énigme ? Fénelon,