Eloge de Fénelon, par le cardinal Maury
quête, « à moins que, dit-ii, le conquérant n'ait fait sa ' conquête par une guerre juste, et n'ait rendu heureux le peuple conquis, en- lui donnant de bonnes lois. - Quelle horrible barbarie "que de voir un peuple qui se joue de la vie d'un autre et qui compte pour rien ses mœurs et son repos*' ».
C'est pourquoi Fénelon demande à Louis XIV' de rendre les places fortes qu'il retient contre tout droit. « Il est vrai, Sire, que les traités de paix subséquents semblent couvrir et réparer cette injustice, puisqu'ils vous ont donné les places conquises ; mais une guerre injuste n'en est pas moins injuste pour être heureuse. » '
Ce que Fénelon demande ici à Louis XIV, un roi l'a fait, un seul parmi tous les rois de l'univers, taiit les puissances du monde croient que la force crée le droit ^» et que le succès justifie l'injustice ! Saint Louis rendit au roi d'Angleterre les provinces d'Aunis, Saintonge, Limousin et Périgord qu'il croyait mal acquises. Cet acte de justice était en même temps fort habile ; car l'Anglais ne réclama plus les provinces gardées par saint Louis. La Justice est souvent la véritable habileté .
Le Décalogue n'a pas été promulgué pour les seales consciences individuelles ; mais pour le genre humain 4:out entier. C'est à toutes les races et à toutes les langues qu'il intime le commandement éternel. C'est aux nations et à leurs souverains qu'il dit : Non occides. Vous ne ferez pas de la vie des hommes l'instrument v de vos colères et de vos ambitions : vous n'entreprendrez pas de guerres injustes, et, si la guerre frappe obsti-