I. Examen de conscience, Œ. C, VII, p
276 rÉNELON APOLOGISTE DE LA FOI
Le vrai sens, c'est l'idée chrétienne et évangélique de la fraternité universelle des peuples. « Désormais, dit Mentor aux Manduriens, sous divers noms et sous divers chefs, vous ne ferez plus qu'un seul pei^ple. C'est ainsi que les justes dieux, amateurs des hommes qu'ils ^' ont (ormes, veulent être le lien éternel de leur parfaite concorde.
Et voilà la fraternité du genre humain. La charité évangélique a proclamé ce principe inconnu aux anciens, qui n'ont jamais pu supposer que tous les hommes forment une famille « dispersée » sur la face de la terre.
Le vrai sens, c'est que la Religion est le principe de la justice sociale et que la justice est le salut des nations.
Dans la société politique deux grandes forces sont en présence : le pouvoir et le peuple, et parce que ces deux forces qui sont deux droits sont portées par des mains humaines et passionnées elles peuvent se livrer des combats redoutables. Quelle puissance morale préviendra et apaisera ces combats ?
La religion seule peut mettre au cœur du pouvoir le dévouement; au cœur du peuple, le respect. Il est difficile au pouvoir de se dévouer longtemps, il est -difficile au peuple de respecter toujours. Mais Jésus a dit au pouvoir : v Avant moi les rois des nations s'appelaient des puissants : ils exerçaient la domination sur elles. Il n'en sera plus de rt|ênjie après moi : mais les rois seront , des ministres, e't celui" qui voudra être le plus grand se fera le serviteur de tous '. »