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l'énelon un ennemi des rois, et n'en faisons pas un "^ancêtre de la Révolution ; il voulait sauver la monarchie en faisant disparaître les excès de l'absolutisme.
Fénelon ne manquait aucune occasion pour mettre en évidence les dangers inévitables de la royauté sans contrôle.
« Quand les rois, disait-il, s'accoutument à ne connaître plus d'autres lois que leurs volontés absolues et qu'ils ne mettent plus de frein à leurs passions, ils peuvent tout ; mais, à force de tout pouvoir, ils sapent *^ les fondements de leur puissance, ils n'ont plus de règles certaines, ni de maximes de, gouvernement ; chacun à l'envi les flatte... Qui leur dira la vérité? Qui donnera des bornes à ce torrent?... Il n'y a qu'une .révolution soudaine, violente, qui puisse ramener dans son cours naturel cette puissance débordée '. »
Fénelon pressentait la Révolution ; soixante ans plus tard, Tocqueville a repris et soutenu la même thèse; Renan, Littré l'ont développée ; mais ils parlaient éclairés par les événements. Fénelon a écrit avant qu'ils s'accomplissent.
Il me serait facile de mettre sous vos yeux le portrait d'un roi selon le cœur de Fénelon. C'est vraiment l'idéal du pouvoir monarchique.
« Les rois sont faits pourjes peuples et non les peuples pour les rois », c'est l'opposé de l'absolutisme. Ce faisant, l'illustre précepteur ne communiquait pas au duc de Bourgogne l'esprit de chimère. Sa direction politique est pleine de réalités.